Baldur's Gate et Dragon Age | La Couronne de Cuivre
 

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Vers Féérûne Description Au-delà des mers, et des continents de nos cités se profilent les Royaumes Oubliés, regroupant l'ensemble des régions les plus marquantes de Toril, source de légendes et d'aventures dignes des plus beaux récits de Volo. De Padhiver à Athkatla, en passant par les Vaux et Éternelle-Rencontre, sans oublier les plus célèbres héros que Féerune ait connus, pénétrez, ô aventurier assoiffé de découvertes, dans ces terres mythiques.

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Vieux 23/07/2004, 12h02   #1
sahmaz, Aventurier
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[Côte des Epées] Prélude pour Masha'a : Artemis

Première partie ici

Les cordes s’enfonçaient profondément dans la chair, arrachant de temps en temps à la jeune femme une grimace de douleur. Elle ferma les yeux, avant de les rouvrir et les tourner vers l’ouverture gardée par deux elfes farouches qui la fixaient avec un regard empli de mépris. Masha’a répondit à leur regard sans ciller. Au bout d’une demi-minute de ce face à face, l’un des gardes détourna les yeux, mais l’autre entra, un rictus de rage déformant son visage :
« - Comment oses-tu, chienne ?
- Laisse-la, Vendelli. Laisse-la. Par pitié, il y a…
- Laissez-la, Vendelli. Je m’en occupe. » Vendelli se retourna, ébahi et gêné. Il se plia littéralement en deux :
« - Bien, ma Reine. » Les deux gardes reculèrent mais restèrent suffisamment proches pour intervenir au besoin. Devant Masha’a apparut une femme sans âge dont le visage avait dû être l’un des plus beaux de Faerune. Mais la magie avait fait son œuvres et Elayysir, reine des Elmanesses, accusait le coup. La jeune ensorceleuse sentait l’émanation magique de la reine et elle frissonna d’horreur devant la puissance que celle-ci semblait concentrer entre ses mains. D’un seul geste, elle pourrait être anéantie.
« - Oui, tu sens, n’est-ce pas ? Tu sens la magie qui pulse en moi et autour de nous. Tu es douée pour une ensorceleuse. Si tes connaissances sont encore faibles, tu as cependant appris à rapidement cerner les forces et les faiblesses de ton adversaire, n’est-ce pas, Masha’a ?
- Il est des situations qui font qu’on n’a pas le choix. » La prisonnière avait répondu d’une voix hésitant entre le défi, la soumission et l’admiration. Elayysir sourit. Elle tendit l’index droit et Masha’a sentit ses mains soudain libérées. Elle les ramena devant elle, surprise et heureuse. Les gardes s’étaient précipités vers l’entrée. Elayysir leva la main :
« - Ne vous occupez pas de ça. La situation ne comporte aucun danger. Reprenez votre poste. » Les gardes s’exécutèrent, penauds.
« - Vous me libérez ?
- Oui. » Elayysir sourit. « Je sais que tu n’as rien à voir avec Artemis.
- Artemis… Artemis Entréri. Je… » Masha’a sentait à nouveau la tête tourner comme une toupie.
« - Tu as eu de la chance, Masha’a, d’être tombée sur la patrouille de Kemenlil. Les autres n’auraient pas eu leur sang-froid et tu serais laissée pour morte, tandis qu’Artemis serait ramené dans un piteux état. Kemenlil est plutôt du genre soldat de l’honneur. Ils se font rares.
- Kemenlil, le chef de patrouille ? Il a dit qu’Artemis voulait tuer… vous ?
- Oui, Masha’a. Moi.
- Pourquoi ? » Elayysir sourit.
« - Il est des choses qu’il vaut mieux laisser dans l’ombre. Tu as eu beaucoup de chances de t’en sortir aussi facilement. Tu aurais pu être condamnée à partager le sort d’Artemis.
- Le sort d’Artemis ? Vous… vous l’avez exécuté ?
- Pas encore. Mais c’est pour ce soir. Nous ne pouvons garder trop longtemps un prisonnier aussi dangereux que lui. » Masha’a baissa la tête. Elayysir lui prit le menton d’une main et la força à la regarder dans les yeux. « Jeune fille, ne te trompe pas de cible. Artemis est très désirable, dans tous les sens du terme. Mais ce n’est pas un homme pour toi. Tu vas d’ailleurs être reconduite à l’extérieur et poursuivre ton destin.
- Ma Reine, je ne vous demanderai qu’une chose, une faveur. Je veux… je veux lui parler une dernière fois…
- Non. Hors de question. » Le ton était sans appel. Elayysir se tourna vers les gardes : « Vendelli, Kayga, emmenez-la chez Jimé. Qu’elle soigne cette humaine et la prépare à partir dès ce soir. Masha’a, une fois prête, tu seras amenée hors de cette forêt particulièrement dangereuse, les gardes veilleront sur toi pendant la nuit et à l’aube, tu pourras te tourner dans la direction que tu veux. Puisse Labelas Enoreth, déesse du temps, des choix et de l’histoire, veiller sur toi. » Et la reine se retira. Les deux archers elfes vinrent saisir Masha’a sans ménagement, surtout Vendelli, ivre de revanche. Ils l’emmenèrent à travers la cité elfique qui était composée de huttes perchées dans les arbres et reliées par des passerelles. Les arbres étaient larges et leur feuillage fourni. Les habitations s’y glissaient avec une harmonie incroyable pour la jeune humaine. Les étais, les portes et fenêtres, les bords des toitures, tout respectait les lignes doucement tortueuses des branches les accueillant. Partout, des elfes vaquaient à leurs tâches quotidiennes : des femmes et des hommes portaient des bassines de linges ou procédaient à des réparations de menuiserie, d’autres s’entraînaient au maniement des armes, d’autres encore parcouraient les passerelles, aux aguets ; des enfants jouaient. Masha’a remarqua qu’ils étaient peu nombreux : sans doute la longévité des elfes réclamait-elle une natalité faible pour éviter la surpopulation. Elle admira leurs habits très sobres mais doués d’une harmonie de couleurs rarement observées chez les humains. Etourdie par tant de grâce, elle ne vit pas qu’elle venait d’aboutir enfin dans une cabane plus solide que les autres, d’où émanait une odeur de savon et de crème de lait.
Masha’a entra, poussée dans le dos par Vendelli qui ferma la porte derrière elle. Elle se retrouva devant une elfe à l’âge aussi indéfinissable que la reine Elayysir, qui tenait une cruche d’eau chaude prête à être déversée dans la bassine derrière elle.
« - Bonjour Masha’a. Mon nom est Jimé. Tu as été conduite ici afin de bénéficier de mes soins. C’est le minimum que nous puissions t’offrir pour respecter nos devoirs d’hospitalité. Si tu veux bien, donne tes vêtements. Je les nettoierai pendant que tu prendras un bon bain. » Masha’a regarda la bassine, surprise. Elle se tourna vers Jimé qui la fixait toujours en souriant. L’ensorceleuse était désarçonnée par la rapidité des changements survenus en très peu de temps : d’abord voyageuse, fugitive puis chasseresse, puis prisonnière et enfin invitée choyée. Elle afficha un sourire forcé et commença à se dévêtir.
C’est en faisant ses poches qu’elle trouva un bout de parchemin dans la poche cousue sous le tissu drapant sa taille et ses cuisses. Masha’a ne le reconnaissait pas. Elle déplia le document et reconnut un sort de haut niveau. Comment était-il arrivé là ? Il ne fallait pas être grand devin pour comprendre qui se trouvait derrière cela. Masha’a replia le document et le remit distraitement au milieu de ses affaires. Jimé semblait n’avoir rien remarqué d’anormal. L’esprit occupé par cette découverte, elle se plongea délicatement dans la bassine.

Du bruit interrompit sa réflexion. Jimé alla voir à la fenêtre et revint vers Masha’a, visiblement contrariée : « Il te faut terminer ton bain, Masha’a. Je crois que les ennuis commencent. » Elle aida la jeune femme à finir son bain, se sécher et se rhabiller. Elles avaient fini depuis quelques minutes quand la porte s’ouvrit avec fracas. Vendelli arborait une mine féroce : « Humaine ! La reine vous mande ! Sur-le-champ ! Suivez-moi ! » La jeune ensorceleuse ironisa intérieurement : « Ben voyons, le roquet de service est là ! » Elle le suivit, Jimé la saluant une dernière fois avec sollicitude. Masha’a la quitta à regret, entourée de plusieurs gardes, Vendelli en tête. La cité semblait en ébullition : des civils s’éloignaient en courant vers le sud, tandis que des gardes armés convergeaient vers le nord. Elle regarda dans cette direction et put constater la présence d’un groupe toujours plus important agglutiné autour d’un arbre. « La prison d’Artemis ? Qu’a-t-il fait ? » Elle n’eut pas le temps de s’interroger davantage, sentant juste une angoisse monter en elle sur ce qu’elle devrait faire. Elle ne savait ni quand ni comment utiliser le parchemin découvert dans sa poche. Les gardes arrivèrent devant une clairière située à l’ouest de la cité. Il s’agissait d’une sorte de cuvette aux abords entourés de végétation touffue. Au centre se dressait un arbre énorme, au tronc gros comme dix. Il accueillait une bâtisse aux formes incroyablement légères. Masha’a comprit immédiatement qu’elle arrivait au pied du palais, si tant est qu’il était possible de parler de palais pour une tribu aussi petite que celle des Elmanesse. La bâtisse avait les proportions d’un grand temple mais Masha’a avait déjà vu des constructions plus imposantes, le palais ducal de Baldur notamment. Elle admira néanmoins l’architecture complexe d’entrelacs, d’ouverture et d’arabesques qui ornaient et soutenaient la structure. Le groupe entra sans ralentir le pas. Ils étaient attendus.
Masha’a arriva au dernier étage (le 6 ou 7ème avait-elle estimé) devant une porte modeste par rapport à celles qui avaient jalonné son parcours. Elle se demanda s’il ne s’agissait pas des appartements privés de la reine. Elle entra derrière Vendelli et confirma son intuition. Elle venait de pénétrer dans une pièce assez grande, couverte de tapis, aux boiseries fines et délicates, éclairées par des boules lumineuses disposées avec beaucoup d’inventivité pour fournir un éclairage diffus et réglable à l’envi. La luminosité choisie alors était assez douce. La reine Elayysir se tenait près de la fenêtre, contemplant sa cité. Masha’a constata que le soleil commençait à glisser vers la ligne d’horizon.
« - Laissez-nous, fit Elayysir sur un ton las.
- Mais, ma Reine…
- Laissez-nous. Il n’y a aucun risque. Et qu’on ne nous dérange sous aucun prétexte ! » Vendelli se retira avec réticence, mais il ne contesta pas les ordres. Lorsque la porte se referma, Elayysir regarda Masha’a. Elle semblait beaucoup moins douce et sereine que quelques heures auparavant.
« - Je crois qu’il est temps que nous ayions quelques explications, ne croyez-vous pas ? »
« Elle me vouvoie maintenant. » songea Masha’a. Elle se tint coi, attendant d’en savoir plus. Le terrain semblait piégé.
« - Quels sont vos liens exacts avec Artemis Entréri ? Et ne me mentez PAS ! Car je le saurai immédiatement ! » Masha’a baissa la tête.
« - Je l’ai déjà dit, je l’ai rencontré sur la route et il s’est fait passer pour un mage en mission. » Elle releva la tête. « Je ne savais rien de son identité réelle ni de son véritable objectif. Je vous le jure. » Elayysir hocha la tête et la regarda avec intensité. Masha’a se sentit troublée. Pis ! Un malaise mêlé d’angoisse l’envahissait. L’ensorceleuse comprit immédiatement que la reine sondait son esprit. Elle tenta d’y résister mais elle n’avait rien à disposition pour mener la contre-attaque sur le terrain magique choisi par Elayysir. Elle voulut réaffirmer sa volonté mais déjà l’intrusion mentale cessait. Elayysir regarda Masha’a droit dans les yeux : « Qu’importe pourquoi vous êtes prête à agir pour lui. Donnez-moi le parchemin. Maintenant. » Masha’a hésitait. Mais la main de la reine se fit pressante et l’humaine sortit le document de sa poche. Elayysir tenta de le saisir, Masha’a recula. L’elfe tremblait maintenant de colère :
« - Ne fais pas l’enfant. Donne.
- Hmm. A ta place, Masha’a, je me méfierais. » Les deux femmes firent un même bond. Devant elles, Artemis était nonchalamment assis sur le rebord de la fenêtre. Il arborait un sourire narquois et froid en même temps. Masha’a sentit son cœur bondir. Artemis descendit de son perchoir et salua Elayysir avec élégance. « Ma Reine, je suis venu réclamer mon dû. » Il se releva : « J’ai rempli ma part de marché : votre conseiller Argonn est mort et…
- Taisez-vous ! Pas dev…
- ET votre frère, trop impétueux et jaloux de vous voir à sa place sur le trône, est mis à mal. Mais je suis très déçu : j’ai l’intime conviction que si j’ai rempli, moi, ma part, il n’en va pas de même de l’autre côté… » Artemis s’était approché et, avec la vivacité d’un serpent, arracha le parchemin des mains de Masha’a. Elayysir ne réagit pas. « Tiens tiens. Le parchemin de fuite que vous m’aviez donné. Oh ! Mais où donc ce parchemin de téléportation était-il censé me conduire ? Pourquoi pas… mmmh, laissez-moi réfléchir… Dans l’antre d’un dragon vert, celui-là même que vous avez vaincu récemment et forcé à rejoindre sa tanière à quelques lieues d’ici ? » Masha’a était absourdie : cette belle et noble femme avait engagé Artemis pour des tâches abjectes et avait prévu de s’en débarrasser par la dernière des traîtrises. La reine avait d’ailleurs perdu de sa superbe. Elle fulminait. Masha’a eut soudain une autre prise de conscience. Au même instant, Artemis continuait : « J’ai pris la précaution de m’en séparer car, sait-on jamais qu’il tombe entre de mauvaises mains décidées à m’éliminer. » Masha’a suffoqua :
« - Si je… si je l’avais utilisé, c’est moi qui serais… ? » Artemis lui jeta un regard froid. L’ensorceleuse tenta désespérement d’y surprendre une quelconque lueur d’humanité. Elle crut en voir une lorsqu’elle poussa un cri : une douleur fulgurant avait traversé son esprit. La voix d’Elayysir résonna à l’intérieur de son crâne, comme une lame tranchant son esprit : « Tue-le ! » Masha’a acquiesca et sortit son cimeterre qu’elle brandit contre Artemis. L’assassin recula et fit un bond de côté. Il sortit vivement de sa poche un tube de métal composé de deux parties pivotantes. Il tourna l’une des deux et Masha’a fut stoppée par une explosion lumineuse. Elle recula, apeurée. « Tue-le ! » répéta la voix d’Elayysir. Entre Masha’a et Artemis se tenait maintenant un homme à la barbe grisonnante. Artemis lui cria : « Frappe, Kaelon, frappe-la ! » Kaelon vit l’elfe et l’humaine. Elayysir était déjà en train d’incanter. Le mage envoya une salve de projectiles rosés qui sifflèrent et frappèrent la reine elfe avec un bruit de petite détonation. Elayysir chancela. Masha’a avait assisté à la scène, comme pétrifiée. Soudain, voyant sa maîtresse touchée de plein fouet, elle se tourna vers Kaelon. Le mage tenta de résister. Artemis fondait déjà sur l’humaine, dague en avant. Au dernier moment, Masha’a tourna son regard vers lui. Le bandit stoppa net son mouvement, comme figé par le regard de la jeune femme. Il hésitait. Masha’a sentit soudain une série de projectiles venir éclater contre sa peau, la brûlant. Kaelon avait profité du détournement de son attention pour la frapper. La jeune femme ne tergiversa plus et son cimeterre fendit l’air. L’instant d’après, Kaelon, les yeux exorbités, bavait du sang qui gouttait sur la lame enfoncée dans sa hanche jusqu’au nombril. Il s’écroula et la lame sortit d’elle-même du corps, ruisselante. A ce moment-là, Masha’a reprit conscience d’elle-même.
Artemis et Elayysir se faisaient face, l’humaine entre les deux. Masha’a contemplait sa lame et le corps de Kaelon d’un air hébété : « C’est moi qui ai fait cela ? » Elle se tourna vers les deux protagonistes, muette d’horreur. Elle désigna la reine :
« - Vous m’avez forcée à… à tuer cet homme…Je ne le connaissais pas pourtant…
- Cet homme avait réalisé l’arme destinée à me tuer…
- Ma Reine, intervint Artemis, cet homme a réalisé l’arme destinée par votre frère pour tuer Argonn et que vous avez détournée à votre propre compte pour éliminer le même Argonn. Je me permets de vous le rappeler.
- C’est horrible… » Masha’a sentit une nausée d’indignation l’envahir : « Comment avez-vous pu ? Comment avez-vous pu, vous, Reine des elfes, m’utiliser pour commettre cet acte horrible ? Comment pouvez-vous avoir l’âme aussi noire, vous, une elfe ? Et toi, Artemis, tu étais prêt à me faire tuer, non pas une, mais deux fois, alors que nous… Tu as l’âme aussi froide que celle d’un serpent. Vous êtes aussi odieux l’un que l’autre. Et vous n’avez pas hésité à m’utiliser comme une vulgaire marionnette. » Les larmes ruisselaient sur ses joues. Elayysir et Artemis se regardèrent.
« - Elle a raison, ma Reine. Cessons cette funeste mascarade. » Masha’a les regardait, consternée. Elayysir s’approcha d’un secrétaire en bois fin. Elle sortit d’un tiroir une bourse imposante et la tendit à Artemis :
« - Voici votre dû. Je veux que vous disparaissiez et que jamais, vous entendez, jamais je ne vous revoie.
- Il en sera fait selon votre désir, ma Reine. Et pour elle ? » fit l’assassin en désignant Masha’a.
« - Elle en sait trop. Mais je ne la tuerai point. Il y a assez de cadavres ainsi. » Elayysir entama alors une longue litanie et peu à peu, sous la mélopée rauque qui sortait de sa bouche, un vortex blanchâtre apparut. Il virevoltait sur le sol avec des arcs luminescents de plus en plus dorés. Quand la Reine se tut, un portail pulsait au sol, son centre irradiant comme un tourbillon de lumière, attirant les corps et les âmes vers d’autres cieux. « Ce portail te conduira loin d’ici, Masha’a. Très loin. Je sais que tu ne l’as pas choisi. Mais je n’ai pas d’autres choix. Je… je suis désolée. Tu pourras continuer ta vie là-bas. Car je sais que rien ne te retient ici. Va, et tu as ma parole que ta vie ne sera pas mise en danger.
- Que vaut votre parole ? » Elayysir se raidit à cette insulte. Mais elle ne dit rien, se contentant de fixer Masha’a d’un regard froid.
- Je te garantis qu’elle dit la vérité, Masha’a. Va, c’est mieux ainsi.
- Pour qui ? Pour elle ? Et pour toi, Artemis ?
- Ne fais pas l’enfant. Ainsi vont les choses en ce monde. Va et crée ta destinée.
- Ma destinée… Je souhaite ne jamais devenir comme toi, Artemis. Car aussi doué sois-tu, tu n’as pas d’âme.
- Ne dis pas ça… Va maintenant. Et… tiens. » Il vida la moitié de la bourse et la tendit à Masha’a. Il lui donna également un collier de plumes qu’il avait sorti d’une de ses poches. « Ceci te protègera. C’est peu de choses, mais si cela peut me faire pardonner. » Masha’a regarda les mains chargées d’Artemis. Elle saisit le collier et délaissa le reste.
« - Garde ton or. Qu’il te rappelle à quel prix tu l’as gagné. » Et sans plus un mot, Masha’a s’avança jusqu’au bord du vortex. Elle regarda un instant le tourbillon qui brillait comme un soleil. Elle ferma les yeux. Plus rien ne la retenait ici. Au moment où elle posa le pied au centre du vortex, un visage s’imposa à sa mémoire : « Fédor. » Déjà, son corps était emporté dans les profondeurs de l’espace.

Vers un nouveau monde
__________________
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Pour faire parler Masha'a, l'orange suffit ! Pour Grka, le vert et pour le shamane : lightblue. Quant au chat, il ne parle pas mais miaule en violet...
Et si vous voulez en savoir plus sur moi, venez !
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