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| Les neiges des Darkanisses Mordria, un plan au climat particulièrement froid, parsemé de grandes chaînes de montagnes. Le système politique est féodal à souhait, et les territoires sont découpés en des centaines de minuscules royaumes. |
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| | #126 |
| Gelée de Moutarde ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() |
Ca j'avais compris que tu avais compris. Ce qui explique que j'avais compris que... Enfin bref, quoi. :rigoler: On s'est compris. :notme2: Encore que, c'est moins simple que cela. Réponse demain ou après demain... Mais tu n'as pas compris ce que je voulais que tu comprennes dans ce magnifique post: à savoir: est ce que le texte n'est pas trop mal écrit? Au passage, quelques modifs ont été postées sur la version définitive (j'ai un peu allégé pas mal de trucs.) Et en prime, voici la suite. Bon, c'est comme d'habitude, je suis sûr que c'est nul, mais bon, j'attends vos commentaires. C'est du pas relu, du brut, quoi. La nuit tombait lorsque le cortège revint du cimetière. Nous étions tous fourbus par de longues heures de chevauchée. Nous nous arrêtâmes dans la cour de Cremala. Je démontai vivement et aidai ma mère à faire de même. Nous rejoignîmes le pas de la porte et nous plaçâmes dans la lueur de la lanterne qui se balançait en grinçant dans le vent. Les rares invités qui dormiraient dans notre propriété cette nuit là se tinrent un instant à l’écart, échangeant quelques mots entre eux. Le seigneur Krimin ne pouvait pas rejoindre sa propriété avant que la nuit glaciale ne devint mortelle pour le voyageur. Kaldryssa et Edrask Falmaran devaient se rendre dans leur famille et le trajet pour rejoindre leur domaine serait beaucoup plus court depuis Cremala que depuis Ezderon où ils résidaient habituellement. Alors qu’ils bavardaient discrètement, les invités qui repartaient vers Ezderon vinrent chacun leur tour nous présenter leurs vœux de futur, comme il était de tradition. On promettait aux personnes en deuil un avenir sans rides pour apaiser leur peine. Ces souhaits, ironiques pour certains, sincères pour les autres, avaient malheureusement l’effet inverse sur moi, car je connaissais mon futur aussi bien que chacun d’eux. Etrangement, ce fut le plus offensant qui me toucha le plus. Sangan en s’inclinant devant ma mère et moi, prononça quelques vagues souhaits de bonheur pour son prochain mariage à Dame Félicia. Sans même lui jeter un regard, il tourna ses yeux de braise vers moi et les plongea dans les miens comme s’il avait voulu m’incinérer, voir la terre s’ouvrir sous moi pour m’engloutir. Et, assez bas pour que seule moi et ma mère l’entendions, il proféra ces quelques mots qui me firent étrangement chaud au cœur : « Et vous, jeune Fianna, je souhaite que vous puissiez vivre heureuse à Cremala, loin de ce trône qui n’a rien à faire entre vos mains. Je souhaite qu’on vous le retire, pour votre bien comme pour celui des Darkanisses toutes entières. » Le ton qu’employait le grand prêtre chargeait ces paroles d’une dureté et d’une hostilité qui ne trompait pas quand à la nature véritable de ces vœux agressifs. Néanmoins, ce qu’il me souhaitait était ce que j’espérais le plus en ce moment. Qu’on me retire cette charge et qu’on me délivre du poids d’un choix que je ne me sentais pas capable d’assumer pleinement. Le teint de ma mère vira au rouge sang sous l’insulte à peine voilée qui m’était adressée et je la sentis prête à faire scandale. Je posai vivement une main sur son bras pour l’apaiser, tout en lui jetant un regard que je voulus impérieux. Elle saisit le sens de mon geste et se contint. Je reportai vivement mon attention sur Sangan et lui dis précipitamment : « Je vous remercie de votre sollicitude. Vos vœux me vont droit au cœur. Que votre retour ne croise la route d’aucun danger. » Au fond de moi-même, je sus que pour la première fois de ma vie, j’avais parlé sincèrement à cet homme que j’avais toujours détesté. Alors même qu’il me montrait clairement la réciprocité de ce sentiment, malgré la haine qu’exprimaient clairement ces voeux, j’étais heureuse qu’il me les ait adressés. Le ton de ma voix dut laisser transparaître cet étrange état d’esprit car c’est avec un ton toujours dur mais sans plus aucune trace d’animosité qu’il répondit à mes civilités. « Bien. Je vois que s’il y a une qualité qui ne vous fait pas défaut, c’est la sagesse, jeune Elstran. Votre sœur devrait prendre exemple sur vous. En espérant ne jamais vous voir à la cour… » Et sur cette dernière phrase chargée d’une ironie non dissimulée, le vieil officiant s’inclina imperceptiblement dans une parodie de révérence. Puis il se retourna et, sans un regard pour nous, rejoignit sa monture. C’était donc la première des interminables brimades que j’allais devoir subir. Les derniers invités vinrent nous faire leurs civilités obséquieuses puis rejoignirent les leurs, prêts à reprendre la route vers Ezderon. Nous les regardâmes sortir de la cour et s’engager sur le sentier qui cheminait jusqu’au fief de Kassac. Je sentais que dame Félicia subissait encore l’affront qui m’avait été fait. Lorsqu’ils eurent disparu derrière le premier coude du chemin, elle se tourna vers moi et me demanda, la voix tremblante d’une colère mal contenue : « Pourquoi m’as-tu empêchée de le remettre à sa place ? Il n’avait pas le droit de t’insulter de la sorte au sortir de l’enterrement de Cordrech ! J’aurais pu faire scandale pour insulte à la famille… -Tu sais bien pourquoi, répondis-je, légèrement agacée par ce comportement puéril venant d’une personne adulte. Sangan est assez influent pour pouvoir tout se permettre. Ca n’aurait servi qu’à attirer ses foudres sur toi. Eva se l’est déjà mis à dos, et il ne me porte pas dans son estime. Si toi aussi tu te l’aliènes, nous risquons d’avoir quelques ennuis avec le clergé. De plus, dois-je te rappeler qu’il n’a fait qu’exprimer ce que beaucoup de nos invités pensaient tout bas ? Un scandale n’aurait servi à absolument rien puisque la majorité soutient son point de vue. » Cela m’étonnait de devoir faire des cours de politique à Dame Félicia, même si je la savais plus apte à la broderie qu’à la réflexion. Bon nombre d’intrigues s’étaient déroulées dans notre salle commune, à portée de ses oreilles. Elle aurait dû pouvoir se contenir sans mon intervention, mais elle semblait encore plus candide que moi. Mes opinions étant par trop souvent opposées à celles de la majorité dirigeante, j’avais appris, certes bien contre mon gré, à devenir une parfaite hypocrite en présence de tous ceux qui ne partageaient pas mes opinions. Je ne trompais personne, mais savait garder une façade irréprochable. Dame Félicia n’avait pas été confrontée à cette situation. Son avis en politique était simple : il se rangeait à inconditionnellement celui de Cordrech. Elle n’avait jamais écouté les conversations que d’une oreille, plus préoccupée par ses ouvrages et fourneaux que par d’incompréhensibles manigances politiques que Cordrech pouvait régler seul. Elle réfléchit un instant à mon explication, puis abandonna la partie en maugréant. Elle savait au fond d’elle-même que j’avais raison mais refusait de se l’avouer. Je haussais les épaules, trop fatiguée pour vouloir tenter de lui faire comprendre. Je fis signe à nos trois invités qu’il était grand temps de rentrer. La température chutait rapidement et je frissonnais déjà. La rude nuit d’hiver qui s’annonçait n’aurait rien d’agréable pour les voyageurs. Je m’effaçai en bonne hôtesse pour laisser passer les trois nobles que nous abritions cette nuit. Edrask s’engouffra dans le hall sans me jeter un seul regard, comme si je n’existais pas et j’en fus soulagée. Je n’avais aucune envie ce soir là d’affronter sa méchanceté et sa stupidité. Garl Krimin me jeta un regard en coin toujours aussi impénétrable mais détourna vivement la tête lorsqu’il vit que je l’avais surpris. Je n’avais pas la moindre idée de ce qu’il pensait de moi et de ma situation, et je supposai que je ne le saurais jamais. Kaldryssa suivit le vieux seigneur Krimin. En passant devant moi, elle ne se tourna pas vers moi, mais je sentis le contact fugitif de sa douce main sur la mienne. Je levai les yeux sur elle, étonnée par ce frôlement si léger. Elle ne me regardait toujours pas, mais le petit sourire triste qui s’affichait sur son beau visage ne pouvait que m’être adressé. Je ne pus l’observer qu’une courte paire de secondes, puis son visage redevint inexpressif et elle pénétra dans le hall. Mais ce court instant de complicité m’avait quelque peu réconfortée. Je savais maintenant que j’avais au moins une alliée à la cour. Comme toujours depuis que je la connaissais, Kaldryssa se révélait bien mystérieuse. Je n’aurais jamais pu dire avant cet instant quelles étaient réellement ses opinions politiques. Et même maintenant, je ne savais pas réellement ce qui la poussait à me donner son soutien. A mon tour, je passai l’embrasure de la porte. Nos invités se dirigèrent vers notre salle commune. J’attendis que dame Félicia m’ait rejoint. Elle ferma la porte derrière elle, et donna son manteau de fourrure à Carlotta qui arrivait en boitillant. Elle voulut suivre les Falmaran et le seigneur Krimin dans la salle commune, mais je posai main sur son épaule et la forçai à se retourner. Elle tenta de fuir mon regard inquisiteur, mais je la forçai à me faire face. Il me répugnait de brusquer cette créature si fragile, mais elle n’avait pas été sincère avec moi. Elle me cachait quelque chose, et je voulais savoir quoi. « Je crois que tu me dois quelques explications, maintenant… »
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| | #127 |
| Goule ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() |
pour du brut, c'est du bon (comme le champagne :happy: ) j'aime beaucoup ce passage, sobre et riche en même temps. Fianna vient de prendre un sacré coup de vieux. Elle semble même plus mûre que sa mère. Au fait, cette absence totale de rappel que Dame Félicia est la mère de Fianna est-il voulu ? Je veux dire : Fianna semble ne plus considérer sa mère en tant que telle mais presque comme une petite soeur qu'il faut éduquer et surveiller. C'est un changement très fort et en même temps très curieux. As-tu prévu par la suite une prise de conscience de Fianna sur cet état relationnel ?
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| | #128 | |
| Gelée de Moutarde ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() |
Pour éviter cet impression de "dématernisation" (euuuh, qui a un dico? ), je peux remplacer un des deux Dame Félicia par ma mère. Il n'y a pas réellement de déconsidération de la mère, mais: (SPOILER, pas très grave, mais cela révèle un peu Fianna)Citation:
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| | #129 | |
| Chancelier de Melandis Date d'inscription: octobre 2003 Localisation: Juste derrière vous, prêt à hurler BOUH !
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![]() C'est la seule faute que j'ai détecté, mais mon radar n'est pas infaillible :rigoler: C'est sympa, l'ambiance de faux-jetons d'une cour politique régionale... où vas-tu chercher ton inspiration ? :notme2: dans les exemples de la vie quotidienne ? :rigoler: Sinon, j'aime beaucoup Fianna a pas mal de jugeotte, elle le prouve à chaque instant, pratiquement...Peut-être est-elle même trop "réfléchie", non ? Serait-elle infaillible, elle ? ![]() Au fait, tu comptes la laisser célibataire ?
__________________ Pensez à la fonction recherche avant de poster un nouveau sujet. Consultez aussi le règlement des sections BG1, BG2 et du Bazar de l'Aventurier Melandis, Cité du Chaos, ma biographie ainsi que mes quêtes et ma couleur RP #6C84FF Statut : souvent là, mouhahaha ! | |
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| | #130 | |||
| Gelée de Moutarde ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() | Citation:
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| | #131 | |
| Gelée de Moutarde ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() |
Allez, je suis repati au rythme d'un passage par jour, semble-t-il. Je viens de finir celui là il y a exactement 3 secondes. Tant mieux, parce qu'après je n'aurais plus beaucoup le temps d'écrire. Allez, je m'auto-cite ( :vive_moi: :notme2: ) pour décrire ce que je pense de ce passage, comme pour tous les autres. Citation:
En tout cas, les Neiges des Darkanisses fêtent un grand événement: et oui! Le cent-millième carctère à été tapé ce matin même. :hips: Une gueuze pour tout le monde! Et, pour finir, après ce sublime post qui parle beaucoup pour ne pas dire grand chose, voici enfin ce que j'ai produit: Dame Félicia me regarda d’un air honteux. Elle tenta de se dégager et de fuir pour rejoindre les invités, mais je la maintins fermement et l’empêchait de se détourner. Elle me regarda piteusement, avant de me dire : « Tu as raison. Je suis lâche, mais tu dois savoir… Carlotta, occupe-toi de nos invités quelques instants. » Notre vieille servante acquiesça, puis passa la porte menant à la salle commune sans poser de questions. Ma mère la regarda partir avec envie. Elle semblait redouter de se trouver seule avec moi. Lorsque la silhouette de Carlotta eut disparu derrière l’embrasure de la porte, elle reprit la parole, dans un pitoyable essai pour m’émouvoir : « Vois-tu ce que tu me forces à faire ? Je néglige mes devoirs d’hôtesse… » Je restai sombre et silencieuse, et ne me laissai pas toucher par cet argument ridiculement faible. Je voulais des réponses et décidai de ne plus prononcer un mot tant que ma mère ne se serait pas confiée à moi. Je la considérais comme fautive, et ne voulais en aucun cas lui faciliter la tâche. C’était à elle, et à elle seule de trouver le courage de me révéler ce qui semblait si dur à avouer. Elle garda les yeux levés sur moi quelques secondes, espérant sans doute que je la laisse repartir sans explication. Puis, une fois convaincue que je ne lui donnerai pas cette chance, elle détourna le regard et me dit en soupirant : « Bon. Viens, nous ne pouvons pas parler ici. Nous sommes trop près de nos invités pour nous disputer, comme je pense que nous allons le faire. » Elle prit donc la direction de l’escalier qui descendait à la chapelle. Je suivis sans un mot sa silhouette légèrement engoncée dans sa robe de cérémonie. J’étais impatiente de connaître ce qui pouvait bien influer sur la décision de Kassac, et cependant je redoutais quelque peu cette information. Aux dires de ma mère, je n’allais pas l’apprécier. J’en avais déjà assez vu aujourd’hui et souhaitai intensément que la nouvelle simplifie mon choix sans que j’aie à me quereller avec dame Félicia. Nous descendîmes les quelques marches qui rejoignaient notre lieu de culte. Etrangement, il était éclairé, alors que tous les cierges auraient dû être éteints. Nous sûmes rapidement pourquoi. Eva dormait sur une chaise de prière. J’en fus étonnée. Je n’avais moi-même jamais réussi à trouver le sommeil sur un de ces instruments de torture, conçus justement pour que personne ne pût s’y endormir. Le portrait qu’offrait ma sœur, le visage détendu et enfoncé dans ses bras, dormant comme une bienheureuse, contrastait avec la jeune fille révoltée et affligée ayant troublé la cérémonie. Je ne parvenais pas à m’expliquer sa présence dans ce lieu qu’elle semblait tant exécrer quelques heures plus tôt. Le bruits de nos pas sur le sol dallé dut déranger son sommeil et c’est un visage ensommeillé, les cheveux défaits par la posture inconfortable dans laquelle elle avait trouvé le sommeil qui se tourna vers nous. Elle sembla ne pas nous reconnaître immédiatement, émergeant lentement des limbes. Nous nous arrêtâmes un instant, étonnées par le spectacle qu’elle offrait. Un sourire radieux se peignit sur sa figure. Elle semblait étrangement heureuse. Elle prit la parole la première, devançant dame Félicia qui, la bouche entrouverte, s’apprêtait à la questionner. « Eh bien ! Vous en tirez des têtes ! Fit-elle joyeusement. » Ma mère et moi échangeâmes un regard perplexe. Eva commença une nouvelle phrase, certainement une boutade, puis se retint en pouffant. Je la soupçonnais d’avoir voulu nous parler de nos faces d’enterrement, et d’avoir deviné juste à temps combien l’expression était déplacée. Son comportement fantasque nous étonnait au plus haut point. Comment pouvait-elle être aussi joyeuse quelques heures après sa crise de désespoir, elle qui nous accusait de trop nous activer si tôt après la mort de Cordrech ? Eva se leva et s’étira, pleine d’une énergie surprenante. Nous restions muettes d’étonnement devant cet incompréhensible changement de comportement. Elle se retourna vers nous, un sourire radieux aux lèvres. « Alors ! Ne restez pas plantées là ! Qu’est ce que vous venez faire ici ? -On pourrait te retourner la question, répondit ma mère, un accent de surprise dans la voix. Mais là n’est pas le propos. J’ai besoin de la chapelle. Ta sœur et moi devons parler. Seules à seules. » Ma sœur ne se départit pas de son sourire ravi, mais une lueur intriguée naquit dans son regard. Le fait que ma mère la jette hors de la conversation avait éveillé son intérêt. Ses yeux allèrent de dame Félicia à moi, puis firent le trajet inverse. Elle nous scruta ainsi quelques instants, avant d’arrêter son regard amusé sur moi. « Succession du domaine, n’est ce pas ? Fit-elle en m’observant d’un air entendu. Bien. Je vous laisse. Tu me raconteras, Fianna ? » Elle était excitée comme une petite fille à qui on donnerait une friandise promise depuis des mois. Elle ne comprenait pas ce qui se passait réellement, mais comment aurait-elle pu ? Je n’avais moi-même pas su imaginer le commencement d’une telle catastrophe. Elle ne réalisait pas les réelles implications de la situation. Pour elle, hériter de la succession d’un domaine lorsqu’on était une fille était non pas une tragédie, comme je le ressentais moi-même, mais une véritable bénédiction. Cordrech ne l’avait pas amenée aux Discussions, ainsi n’avait-elle pas pu réellement pu juger du bourbier dans lequel j’étais plongée. Lorsqu’elle saurait ce qui m’arrivait réellement, elle ne comprendrait sûrement pas pourquoi j’étais atterrée. J’inclinai vaguement la tête pour répondre à sa question. J’allais évidement tout lui révéler. Comment cacher à sa propre sœur que l’on était en passe de devenir la personne la plus influente des Darkanisses ? Eva m’adressa un petit sourire entendu, avant d’emprunter l’escalier qui rejoignait le rez-de-chaussée de Cremala. Dame Félicia et moi écoutâmes le bruit de ses pas décroître rapidement. L’étrange euphorie dont ma sœur se parait nous étonnait au plus haut point. Quel évènement avait bien pu changer aussi radicalement son comportement en quelques heures ? Laissant un instant de côté cette question qui me tourmentait, je me retournai vers ma mère. Nous étions seules maintenant, et j’attendais ses aveux avec une impatience non dissimulée. Dame Félicia, cherchant de nouveau à fuir mon regard pressant, détourna la tête. Sans accepter de me regarder en face, elle ouvrit la bouche et commença ses révélations
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| | #132 | |
| Araignée Géante ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() Date d'inscription: mars 2004
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Non, si je ne disais rien de plus c'est que je trouvais ca bien comme j'ai eu plusieurs fois l'occasion de le dire. J'oubliais le doute de l'écrivain. En y étant je profite pour dire que ce que tu nous fais sur le dernier post est particulièrement dégueulasse: Tu précises bien que c'est le dernier avant longtemps, tu nous annonce les révélations de dame Félicia et NADA cette gourde d'Eva occupe toute la place. Du coup je ne te dis pas si je trouve ca bien, je te laisse avec tes angoisses. | |
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| | #133 | |||
| Gelée de Moutarde ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() | Citation:
Par contre, c'est ici un exemple flagrant de ce que je disais: Citation:
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| | #134 | |||
| Araignée Géante ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() Date d'inscription: mars 2004
Messages: 530
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Tant mieux si on a la suite c'est le Citation:
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| | #135 |
| Goule ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() |
Rien à dire. On attend la suite avec impatience. En fait, il est difficile de se prononcer sur des passages relativement courts. Il faut laisser au lecteur le temps de s'imprégner de l'ambiance, du rythme des phrases et des mots pour qu'il puisse ensuite se prononcer avec un peu de justesse. Mais dans l'ensemble, ça coule bien, c'est un style pas du tout lourd, les idées sont cohérentes et les états d'âmes bien décrits. Bref, que du bon.
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| | #136 |
| Gelée de Moutarde ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() |
chouette alors! :happy: Tiens, à propos de suite, la voilà! Et cette fois, Gogorafido va être content, il y a toutes les révélations. Bon, comme d'habitude, je viens juste de le finir et je ne uis pas très sûr de moi. « Je sais que tu es au courant pour la proposition de Kassac. Je t’ai vu parler avec Ronix, il était là pour cela. Je suppose donc que tu me demandes des comptes car Kassac t’a dit que je connaissais la raison de son choix. C’est vrai, et, dans un sens, je suis responsable de ce qui t’arrive. Contrairement à ce que tu dois penser, le choix d’Edrich est tout à fait logique… » Je la vis hésiter un instant. Elle avait le visage détourné, mais je pouvais sentir sa gêne et sa honte comme si elle était mienne. Je commençais à apercevoir une partie de la réponse à toutes mes questions. Ma mère préparait le terrain, périphrasait pour essayer de retarder le moment de l’aveu. Elle commença plusieurs phrases qu’elle ne prit même pas la peine de finir, avant de jeter précipitamment, comme si les mots lui brûlaient les lèvres : « Enfin voilà, tu n’es pas la fille de Cordrech mais ton véritable père est le seigneur d’Ezderon. » La sourde impression qui couvait en moi depuis quelques instants s’était finalement révélée juste. Je n’avais pas voulu écouter ma raison qui me hurlait que c’était la solution la plus logique à ce qui m’arrivait, mais maintenant la vérité que je n’avais pas voulu écouter remontait à la surface. Mon esprit avait atteint la limite de sa résistance. Je sentis le monde chavirer autour de moi. Ma tête se fit brusquement pesante, se vidant de toute pensée cohérente. Le sol oscillait dangereusement autour de moi, et semblait se soulever en vagues menaçant de me jeter à terre. J’avais l’impression d’être ivre, et je l’étais. Ivre de malheur, ivre de colère, débordée par une surcharge de chocs émotionnels. La mer de dalles d’où émergeait la falaise Félicia se couvrit d’un voile noir. Mon crâne allait exploser, battu par les éclairs que ce ciel si noir faisait battre devant mes yeux. Je sentis que le pavage agressif se dérobait vicieusement sous mes pieds et me mis à chuter vers ce gouffre noir qui s’était ouvert sous moi. Une petite voix, celle de la jeune fille capable et expérimentée, me hurla à travers mon délire de m’accrocher à quelque chose, de ne pas sombrer dans le néant qui me tendait es bras. Je réagis immédiatement à l’injonction de la partie consciente de mon être, et jetai mes bras en direction du récif le plus proche. L’eau était si froide… Je ne voulais pas couler dans les profondeurs insondables de cet abîme où démons et sirènes ricanaient en m’attendant, claquant des dents et des nageoires. J’avais si froid… Etait ce le cri de la Banshee que j’entendais au loin ? Le contact rugueux du bois sur la peau de mes mains… La voix de la Banshee et les hurlements des sirènes s’estompa, laissant place aux murmures apeurés de ma mère. Je revins un peu à peu à la réalité, sortant du malaise hallucinatoire qui m’avait pris un instant. J’étais appuyée sur une chaise de prière et non pas à un récif. Les dalles du sol étaient inoffensives et dépourvues de la vie que je leur avais prêtée. J’avais retrouvé ma conscience, mais un étau de douleur barrait mon front, empêchant la moindre pensée de se former correctement. Tous mes muscles étaient tendus à se rompre et se crispaient par grands à-coups incontrôlables qui m’arrachaient des petits gémissements de douleur. J’avais l’étrange impression d’être étrangère à mon propre corps, que je ne maîtrisais plus. « Fianna ? Est ce que ça va ? Questionna la voix inquiète de dame Félicia. » Je ne pris pas la peine de lui répondre. Je l’entendais comme si ma tête avait été entourée d’une épaisse couche de ouate, et ne compris même pas ce qu’elle venait de me dire. Et pour être précise, je m’en souciais comme d’une guigne. J’étais perdue dans la contemplation de mes mains, secouées de tremblements convulsifs, que je tentais d’apaiser. J’y parvins peu à peu. Ma mère me répétait son interrogation d’un air effrayé. Je lui avais fait peur, et c’était tant mieux. C’était la plus minime des punitions qu’elle méritait. Je repris la parole d’une voix chevrotante que je reconnus à peine, ignorant purement et simplement sa question initiale. « Je croyais que tu l’aimais… » Je vis une expression atterrée se peindre sur son visage. Elle me répondit précipitamment, comme si elle était outrée par mes paroles : « Fianna ! Comment peux-tu seulement en douter ? J’ai toujours aimé Cordrech comme la chair de ma chair. Il était toute ma vie, tu le sais bien… » Elle était sincère, je pouvais l’entendre dans le ton vibrant de sa voix. Elle était emportée par la passion, et défendait son amour pour Cordrech avec toute la ferveur d’une jeune fille qui tente d’imposer son fiancé à sa famille récalcitrante. Je ne comprenais pas, et mon cerveau refusait de se mettre en marche, paralysé par cet étau de douleur qui me barrait le front. L’incohérence apparente de ma mère me troublait énormément. Je lui répondis par les premiers mots qui montèrent à mon esprit pour exprimer cette incompréhension : « Et quelle belle preuve d’amour tu lui as donné ! » Mes paroles étaient amères et dures, mon ton cassant et empli de violence. Je vis sur le visage de ma mère que je l’avais blessée. J’éprouvai un contentement malsain à la violenter. J’ignorais encore les tenants et les aboutissants de son aveu mais je n’en avais rien à faire. J’étais emplie d’un sentiment peu avouable : cela me soulageait de la voir souffrir. Je lisais avec délice sa peine sur son visage, heureuse de voir que je n’étais pas la seule à devoir subir les affres de la douleur psychologique. Elle tenta de parler mais je la devançai, répugnant perdre mon influence sur elle. Je pouvais encore me défouler sur elle, tant qu’elle ne m’avait rien expliqué de plus. Et je ne voulais pas lui en laisser l’occasion. « Et avec Kassac, en plus. Je croyais qu’ils étaient amis. C’est toi qui a provoqué Kassac et l’a attiré dans ton lit, il n’aurait pas trahi la confiance de Cordrech de son plein gré. C’est de ta faute ! Entièrement de ta faute ! » Je pus lire une lueur de désespoir dans les yeux de Dame Félicia. Elle escomptait m’expliquer les véritables raisons de sa trahison envers mon père, mais je ne lui laissais pas placer un mot. Alors que je la fustigeais, elle se mordait les lèvres jusqu’au sang. La vue des petites gouttelettes écarlates coulant sur son menton m’emplit de cette euphorie malsaine qui prenait peu à peu possession de moi. Je savais au fond de moi-même que j’aurais plus tard honte de mon comportement, mais je ne pouvais me départir du pouvoir que j’exerçais sur ma mère. Sa souffrance apaisait la mienne comme un baume sur une plaie profonde. Je ne pus résister à l’envie de lui cracher une dernière pique au visage, et je continuai sur le même ton violent et pervers : « Je ne t’avais jamais imaginé comme une catin ! C’est donc cela que tu cachais derrière ton visage angélique. Tu es la pire garce que je connaisse. Une actrice comme toi, je n’en ai jamais connu ! Tu n’es qu’une sale putain… » Chaque insulte portait comme un coup de fouet et le visage de ma mère se crispait d’accablement. Des larmes de rage coulaient en cascade sur son visage décomposé. Elle ressemblait à un animal pris au piège, qui subit en gémissant la morsure du piège dans lequel il a fait l’erreur de tomber. Et moi j’étais le prédateur tournant autour de la proie facile et abandonnée. Je prenais un plaisir intense à la violenter, à arracher de ses yeux les larmes qui maculaient ses joues de traînées brillantes. Elle trouva enfin le courage de m’interrompre. « Arrête Fianna ! Arrête, je t’en prie… » Son ton était si pitoyable que mon cœur se serra. Je me rendis tout à coup compte de ma conduite, et j’eus des doutes sur son bien-fondé. Je me tus un instant, freinant le flot d’insultes qui me mo |