Baldur's Gate et Dragon Age | La Couronne de Cuivre
 

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Les neiges des Darkanisses Mordria, un plan au climat particulièrement froid, parsemé de grandes chaînes de montagnes. Le système politique est féodal à souhait, et les territoires sont découpés en des centaines de minuscules royaumes.

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Vieux 17/10/2006, 13h22   #251
gogorafido
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Originally posted by Mekren le maudit+samedi 14 octobre 2006 à 15:39--><div class='quotetop'>QUOTE(Mekren le maudit @ samedi 14 octobre 2006 à 15:39)</div>
Citation:
Je n’avais pas compris grand-chose à leur échange
[/b]
ca me rassure :notme2:

Mekren le maudit
@samedi 14 octobre 2006 à 15:39

le quatrième salon était le siège d’occupations peu avouables
la je m'attends au pire.

C'est une vrai torture de n'avoir ton oeuvre que par petits bouts... :lunette:
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Vieux 17/10/2006, 18h36   #252
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Au pire, au pire, c'est pas très méchant, juste pas très avouable dans ce genre de société :eye:



Je poussai le battant et marchai droit sur la première porte qui s’ouvrait à moi. Ronix entra à ma suite, et je pris soin de refermer la porte. Le quatrième salon de discussion était une petite pièce tendue de tentures rouges d’un épais molleton velouté, censé aider à conserver la chaleur du feu de bois. Aucune bûche ne flambait dans la cheminée, le temps des bavardages n’ayant théoriquement pas commencé. Quatre fauteuils entouraient un canapé faisant face à une bergère; les tissus recouvrant leurs coussins rembourrés étaient assortis aux tentures des murs. La faible lueur que jetaient quelques bougies mourantes sur le vermillon des sièges avait quelque chose d’étrange, à mi-chemin entre le convivialité chaleureuse d’un dîner au chandelles et l’aspect sombre du sang fraîchement versé. Je ne savais as qui avait fait décorer cette pièce ainsi, mais il n’avait pas bon goût.
Je fis quelques pas en direction de la bergère avant de faire signe à Ronix de me suivre. Il jeta un œil résigné vers la porte fermée, résolut d’ignorer l’échappatoire, et marcha dans mon sillage. Je m’installai dans la bergère, me demandant ce que valait mon profil à la lueur d’une bougie. D’après Eva, le clair obscur allait bien à mon tain pâle.
Comme je m’y attendais, Ronix ne prit pas place à mes côtés, et resta planté près d’un fauteuil, attendant de voir ce que je lui voulais. Je croisai les jambes, laissant la fente basse de ma robe révéler mes mollets à la vue du porte-parole, avant de parler à nouveau :
«*J’ai une première chose à vous dire. Je veux que vous alliez parler à Edrich Kassac. Dites-lui que comme il s’y attendait, les courtisans n’ont pas apprécié son idée. Eldan Krimin les représentera ce soir, une fois le repas terminé.*»
Il hocha la tête en signe d’acceptation, puis se passa les mains dans son dos, attendant que je veuille bien le libérer. Ce que je ne fis évidemment pas.
«*Deuxième chose. Je voulais m’excuser pour la conduite que j’ai pu avoir envers vous au cours du bal. J’ai été méchante avec vous, et vous ne le méritiez aucunement; je vous demanderais d’accepter mes excuses sincères.
-Vous n’avez pas à vous justifier ni à vous excuser auprès d’un serviteur, Ma Damoiselle, répliqua-t-il froidement.
-Je prends le loisir de le faire. Je ne veux pas que vous me traitiez en maître.
-Permettez moi de vous rappeler vos mots, Ma damoiselle. Si j’ai bonne mémoire, vous en appeliez à votre rang d’héritière pour me forcer à danser avec vous…
-Oubliez cela, je disais n’importe quoi. Mais rappelez vous que le fond de ma pensée n’a pas changé.
-C’est-à-dire?
-Que je m’intéresse à vous. Vous me plaisez, c’est un fait…
-Il n’est pas dans mes attributions de plaire à l’héritière de Kassac, ni de l’amuser, me coupa-t-il sèchement.
-C’est pour cela que je ne veux pas que vous me considériez comme votre supérieure. Vous n’êtes pas mon obligé. Après tout, vous êtes bien plus qu’un serviteur. N’êtes vous pas un héros de guerre, un homme valeureux qui a perdu beaucoup pour défendre Kassac? En cela, vous méritez ma reconnaissance, comme mon intérêt.*»
Ronix se voûta légèrement, changea l‘appui de ses jambes et ne répondit pas immédiatement, gêné d’être complimenté. Comme à chaque fois que j’avais réussi à le troubler, il reprit rapidement contenance, et m’opposa un nouvel argument.
«*Supposons que j’accepte d’être autre chose qu’un serviteur pour vous. Vous n’êtes pas sans savoir que je sers Kassac avant tout, en plus de vous et de Dame Alcerta. Batifoler avec vous, ce serait aller contre toutes les convenances, ce serait passer outre la volonté de votre père, m’attirer sa colère et perdre mon poste. Or, je n’ai pas la moindre envie de devenir la risée des Darkanisses et de me faire démettre de mes fonctions pour les caprices d’une femme, fusse-t-elle héritière de mon seigneur. Surtout si elle est héritière de mon seigneur.
-Si vous vouliez bien me passer le mot, j’ai la nette impression que Kassac se fout royalement de mes choix en matière d’hommes, sans doute autant qu’il peut se foutre des convenances.*»
Le porte parole tiqua, et se raidit. Il répliqua d’une voix froide, légèrement teintée de colère.
«*Vous pourriez vous montrer plus respectueuse envers votre père.
-Allons, vous le connaissez mieux que moi, vous devriez connaître par cœur ses manières d‘agir et de penser. Vous êtes à son service depuis… quinze, seize ans? Pour ma part, je le soupçonne même d’être capable de vous ordonner de m’amuser, si l’un de nous lui rapportai mes intentions.*Je suis bien placée pour savoir que lui-même n‘était pas le dernier à butiner du côté du petit personnel ou des femmes des autres. Est-ce que j’ai tort?
-Ce n’est pas une raison, grommela-t-il, déstabilisé, avec un semblant de mauvaise foi dans la voix. Vous évoquez les erreurs de Kassac dans l’idée de justifier la vôtre. Vous devriez plutôt en tirer une leçon, et ne pas les reproduire.
-Laissons de côté la morale et toute idée de servitude, voulez vous…
-D’accord., répliqua-t-il après avoir pris une grande inspiration Je n’ai strictement aucune envie d’avoir une aventure avec vous. C’est plus compréhensible, de cette manière?
-Bien. Vous me brusquez, je préfère cela. D’homme à femme, dites-moi franchement… Est-ce que vous me trouvez belle?
-Ça n’a pas de rapport avec…
-Bien sûr que si, le coupai-je brutalement. Je vous ai demandé d’oublier les questions de devoir et de morale. Ce que je veux savoir de vous, c’est si je suis capable de vous plaire. De femelle à mâle, dirons-nous trivialement, pas d’héritière à serviteur.*»
Ronix commençait à osciller doucement d’un pied sur l’autre. Il jeta un rapide coup d’œil vers la porte, un regard d’animal piégé. Il finit par répondre, en évitant soigneusement de me regarder en face:
«*Je crois que je vais aller prévenir le seigneur Kassac à propos de la visite d’Eldan Krimin, si vous voulez bien m’excuser.*»
Il s’inclina sèchement et bondit vers la sortie du salon si vivement qu’il était presque dehors lorsque je compris qu’il m’échappait. Sans m’en rendre compte j’étais en train d’entrer dans la même fureur méchante que lorsqu’il m’avait résisté au cours du bal. État que je m’étais pourtant promise d’éviter à l’avenir. J’interrompis son mouvement en l’interpellant de nouveau.
«*Ronix!*»
Il s’immobilisa, la main sur la poignée, et se retourna de mauvaise grâce.*
«*Depuis combien de temps n’avez-vous pas connu de femme? Fis-je d’un ton sifflant que je ne contrôlai plus. Y en a-t-il beaucoup qui ont su enlever votre masque, qui ont pu vous regarder en face, qui ont accepté de tenir une main carbonisée? Si seulement vous avez été assez courageux pour surmonter vos blessures et en approcher une?*»
Le porte-parole s’était statufié, et me contemplait d’un air médusé. Une partie raisonnable de moi me souffla d’arrêter, de laisser ma proie en paix, mais le tumulte intérieur qui m’agitai ne souffrait pas d’interruption. Il balaya la raison comme le vent entassant la neige en congères pour se frayer un passage au cœur des pires mois d’hiver, avec une violente brusquerie, laissant les bonnes pensées fourrées pêle-mêle dans un recoin reculé de mon esprit agité.
«*Allons, Ronix, vous avez presque quarante ans. Vous croyez que vous aurez encore beaucoup d’occasions? Je suis sans doute la dernière femme qui s’intéressera jamais à vous. Est-ce si compliqué que de saisir une occasion lorsqu’elle se présente?*»
La main gantée de velours noir s’appuya lourdement sur la poignée de la porte, et le battant s’ouvrit. Avant de disparaître de ma vue, Ronix m’adressa quelques mots d’un ton de surprise indignée:*
«*Vous êtes bien une courtisane.*»


*****

Je quittai le salon quelques instants à sa suite, ressassant avec dépit toutes les erreurs que j’avais commises. Encore une fois, je n’avais su m’en tenir à la ligne de conduite que je m’étais fixée. Au lieu d’en rester aux flatteries et aux propositions aimables, je m’étais encore laissée emporter dans ma petite spirale de folie personnelle. Me sentant impuissante, je l’avais agressé, visé sa fierté avec bassesse, comme si un tel comportement avait la moindre chance de le faire tomber amoureux de moi. J’étais persuadée qu’il me trouvait physiquement à son goût, car je le savais plus apte à se troubler en ma présence qu’en celle d’autres courtisanes, mais cet avantage, aussi réel soit-il, j’étais en train de le gaspiller stupidement.
Je me fustigeai mentalement pour ma conduite alors que je suivais le couloir pour retourner à la salle du festin. Une fois n’était pas coutume, Elanda ne se trouvait nulle part sur mon chemin. Je pénétrai à nouveau dans la grand-salle, et marchai vivement vers ma place, avec suffisamment de promptitude pour que tous n’aient pas le temps de me dévisager. Je pris de nouveau place aux côtés d’Alcerta. Ma mère adoptive se pencha vers moi, un léger reproche dans la voix.
«*Tu as été bien longue. Le second plat est reparti et nous attendons les desserts.
-Une affaire urgente à régler. Tu connais ton mari mieux que moi, mentis-je de mon plus beau ton d’innocence.*»
Alcerta haussa les épaules, et comme je l’espérai n’investigua pas plus avant, acceptant le fait que mon escapade soit le résultat de l’une des frasques d’Edrich Kassac. Fort heureusement, aucun autre convive n’eut la bonne idée de revenir sur le sujet. Le seigneur Selmène, les seigneur et héritier Krimin, les Elstran, ainsi que le seigneur Falmaran étaient trop occupés à organiser les arguments qu’Eldan porterait au devant du seigneur Kassac pour s’occuper d’autre chose. La suzeraine d’Ezderon les regardait d’un œil torve et ennuyé, chagrinée de voir que la politique collait à leur peau comme aucun vêtement ne saurait jamais le faire. Je jetai un œil vers Karth Selmène, et le vit se désintéresser totalement de la conversation, le nez en l’air et le regard au plafond. Étrange comportement pour un héritier, pensai-je un instant, avant de me rappeler qu’au lieu d’écouter ce qui se disait, j’étais en train d’observer les trognes qui s’alignaient autour de la table. J’absous Karth et repris mon petit tour de table. Kandress Selmène s’agitait, s’emportait violemment contre la décision de son suzerain, tout rouge d’une rage particulièrement mal contenue et sans aucun doute de quelque verre de vin en trop. Il me rappelait l’un de ces personnages de farce, que les acteurs font vivre par de grossières mimiques et un ton coléreux étourdissant d’enrobages inutiles. C’était pourtant un homme généralement affable et posé, plein de sa petite suffisance d’homme d’élite, toujours prêt à trouver une finesse diplomatique pour ennuyer les courtisans. Mais ce soir, il se conduisait comme une brute, parlant à tord et à travers, sans arguments valables, se contentant de pérorer contre l’incompétence de celui qu’il n‘avait jamais contesté avant la guerre du Kamarin. Il fallait dire à sa décharge que la soirée avait été éprouvante pour lui; je ne savais pas exactement comment s’était déroulée l’entrevue avec les Mentar, mais les petits complots d’Elanda n’avaient pas dû les mettre de très bonne humeur. Il était même probable qu’ils aient mis fin au contrat de mariage. Aveuglé de frustration, le vin aidant, notre cher premier vassal d’Ezderon se donnait en spectacle.
Face à lui, Eldan, d’apparence parfaitement serein, semblait prendre un malin plaisir à mettre son aîné dans tous ses états. Il répliquait d’un ton net et vif, écartant tous les arguments ineptes de Kandress sans lui montrer le moindre respect, sans aucune délicatesse. Le seigneur Selmène s’indignait plus encore, et s’enfonçait dans son ridicule. Je scrutai l’héritier Krimin pour tenter d’y lire quelque sentiment de haine, de triomphe ou autres, mais comme à chaque fois, ce fut seulement le masque impénétrable et inexpressif qu’il me fut permis de découvrir. Je trouvai étonnant qu’il montre aussi peu de diplomatie envers le seigneur, alors qu’ils étaient potentiellement alliés dans la petite bataille politique qui se profilait.
En bout de table, ma mère véritable ne parlait pas. Son coup de sang à l’entente de la nouvelle l’avait apparemment vidée de ses forces, et elle restait là, le teint pâle, laissant son regard aller des uns aux autres, au fur et à mesure que la parole changeait de bouche. Legenis s’impliquait pour sa part, raisonnant plus sainement que son homologue Selmène; il n’avait pas l’air particulièrement détendu, mais se maîtrisait plutôt bien. Le seigneur Falmaran restait relativement discret, l’air un peu renfrogné, mais parlait de temps à autres, pour souligner tel argument, ou dénigrer tel autre. Eldan semblait le chef d’orchestre de ce petit comité de discussion, accompagnant ses paroles de mouvements de mains renforçant leur impact, donnant la parole et la reprenant par de petits gestes impératifs. Il émanait de lui une sorte d’aura de commandement et personne, pas même le houleux seigneur Selmène, ne contestait son autorité.
A son côté, son vieux père semblait se ranger systématiquement à son avis sans même discuter une seule fois, comme si le pouvoir du domaine Krimin n’était déjà plus entre ses mains. Sa seule participation au débat consistait en de petits mots d’approbation discrète lorsqu’Eldan se penchait vers lui pour s’assurer de son avis sur un point particulier. Il avait l’air proprement épuisé par ces quelques heures de mondanités, et son visage, marqué de fatigue et de maladie, semblait cadavérique. A vrai dire, il n’était sans doute plus capable d’assumer pleinement sa charge, et devait se reposer largement sur son héritier pour diriger en ce jour. De fait, Eldan se comportait comme tel, sans prétention aucune, mais avec une présence incontestable.
Tous tombèrent d’accord peu avant l’arrivée du dessert, et à nouveau le calme régna autour de la table. Les conversations reprirent doucement, sur des sujets beaucoup moins explosifs. Karth et Eldan commencèrent à discuter de l’état des écuries des Selmène. La dame de Selmène se tourna vers le seigneur Stallar et l’assomma d’un babillage terrifiant sur la pluie et le beau temps et il n’y a plus de saisons voyez vous, les dames Falmaran et Elstran dérivèrent vers le macramé, tandis que Legenis s’enquérait de la santé de Garl Krimin. Je me retrouvai pour ma part à bavarder du personnel d’Ezderon avec Dame Alcerta. Ces échanges distraits se prolongèrent jusqu’à ce que la pièce montée fut réduite à rien par les plus gourmands d’entre nous, Karth Selmène et ma mère adoptive en tête.
Puis, toute la salle s’anima au fur et à mesure, comme un animal sortant doucement de l’hibernation, et étirant chacun de ses membres un à un. Il y eut quelques instant de confusion, alors que les groupes de tablée se mélangeaient peu à peu, chacun cherchant l’autre dont il avait été séparé pendant le repas. Je cherchai Eva du regard, me déplaçant difficilement entre les convives. Lorsque je la repérai enfin, quelque un d’autre l’avait déjà trouvé: la silhouette adorable de Fersen Mentar l’accompagnait dans une déambulation complice que je n’osai pas déranger; je savais trop bien qu’elle était capable de l’aimer encore, et je ne voulais pas la déranger en cet instant là. Je me retrouvai coincée entre trois jeunes cousines des Falmaran piaillant comme des gosses en jetant des regards énamourés vers un jeune homme que je ne connaissais pas et que je trouvai singulièrement peu plaisant. Je fouillai la salle du regard, cherchant Karth ou Asté, les deux personnes avec qui j’avais à ce moment envie de faire plus ample connaissance. Bien évidemment, Asté était invisible, de même que Ferlyz, ce qui en soi n’avait rien de surprenant. Je ne découvris pas Karth immédiatement. Je venais juste de le repérer lorsqu’Elanda me tomba dessus
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Les Neiges des Darkanisses. Onze chapitres postés. Arrêt de diffusion sur le net, pour suite et texte réorganisé, MPéez moi
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Vieux 24/10/2006, 13h11   #253
gogorafido
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Très surpris par le comportement de l'héroine.

Attention, je ne dis pas que ce n'est pas cohérent ou que je n'adhère pas.

Mais vraiment très surpris, compte tenu notamment de la situation (c'est sa grande présentation), de son age, de son inexpérience (nous cacherait elle quelque chose?) en la matière...

Je la voyais plus comme une oie blanche qu'une nana aussi directe, aussi sure d'elle.

Peut être les moeurs darkanites (?) sont elles différentes des notres... mais tu ne serais pas en train de nous faire un trip perso sur ton héroine des fois?

sinon comme d'hab, j'attends la suite. :fleur:
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Vieux 03/11/2006, 19h41   #254
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Citation:
Peut être les moeurs darkanites (?) sont elles différentes des notres... mais tu ne serais pas en train de nous faire un trip perso sur ton héroine des fois?
Non. C'est un "point" qui fait partie de mon intrigue d'un bout à l'autre, qui a sa raison d'être et sa propre cohérence avec le personnage, mais je garde mes petits secrets pour le moment. En tout cas, c'est sensé surprendre, donc de ce point de vue là, ça marche :notme: . Et je réadapterai peut-être par la suite, un peu à la baisse, ce genre de passages (une fois que tout sera bouclé) pour améliorer le tout, mais pour l'instant, comme je suis encore en train de structurer, je garde les passages comme ils sont, en gardant le trait fort, quitte à ce que ce soit trop. Donc, pour l'instant, ne pas trop se pencher là desus, en fait :notme2: . Ca viendra après coup, explications comme retravail.

The sioute (je vais ralentir ma cadence de posts, je suis à la fin de mon avance, donc maintenant, c'est au fur et à mesure que je trouve le temps d'écrire :timide:


Je ne découvris pas Karth immédiatement. Je venais juste de le repérer lorsque Elanda me tomba dessus. Elle commença à me parler, en me traînant presque de force vers la porte, laissant les courtisans se trouver les uns les autres dans la salle.
« Ah! Fianna, je ne te remercierai jamais assez de ce que tu viens de faire pour moi. Papa s’est fait jeter comme un malpropre, c’était phénoménal!
-Tu veux dire que les Mentar ont rompu le contrat de mariage? Répliquai-je alors que nous pénétrions dans le hall.
-Tout juste, ma grande, éclata-t-elle d‘une joie enfantine. En fait, j’ai réussi à mouiller mon crétin de père jusqu’au cou sans risques d’être inquiétée. J’en ai parlé à Kerdilla, tu sais, la fille qu’il a eu la géniale idée de marier à Ferlyz. Il se trouve qu’elle déteste papa presque plus que mon frère, parce qu’il partage la responsabilité de son mariage malheureux. Ça n’a pas raté, elle a été raconter ta petite histoire partout, en disant la tenir de son beau-père. Les Mentar sont furieux contre elle et surtout contre lui, et ils ne l’ont pas cru lorsqu’il a voulu se défendre devant eux des accusations de Kerdilla. Résultat, brouille entre les familles et mariage avorté. »
Sur ses mots, et sans aucun préambule, elle jeta ses bras autour de moi et m’attira à elle avec une tendre brusquerie, et enfouit sa tête dans mon épaule. Ce genre d’étreinte intime, je ne l’avais jamais connue qu’avec ma sœur, et je fus grandement gênée par cet élan d’affection bien trop direct pour moi.
« Oh, merci, merci! Reprit-elle, avec un ton d’indicible soulagement dans la voix.
-Oui, oui, c’est ça, fis-je tout en tentant de me dégager de son étreinte. »
Elle me laissa m’enfuir à regret, puis me fit un beau sourire angélique avant de s’excuser:
« Ne m’en veux pas, je suis si contente. Je n’ai pas l’habitude de faire ça, mais ce soir… enfin, bref, merci encore.
-Mais… Est-ce que les Mentar se doutent que je suis responsable de la fuite? Parce qu’à supposer que ton père ait effectivement possédé l’information, il devait bien la tenir de quelque un qui était dans le secret, non?
-Ne t’en fais pas. Je me suis arrangée pour rester informée de cela. Mes anciens futurs beaux-parents se sont d’abord persuadés qu’Eva était la commère qui avait informé papa, parce qu’elle voulait empêcher Fersen de se marier, ou quelque chose comme ça. Ils étaient prêts à se brouiller avec elle aussi, lorsque tu as fait ta petite annonce. Apparemment, le fait que le mariage d’Eva soit invalidé par Kassac les a désorientés. Maintenant, je crois qu’ils doivent soupçonner une machination de notre suzerain pour marier quand même Fersen et Eva… acheva-t-elle sur un ton de dérision, accompagnant ses mots d’un petit rire cristallin.
-Pourquoi? Kassac savait pour ce mariage avorté?
-Apparemment, oui. En tout cas, ils sont complètement perdus, et ne savent plus qui accuser. Résultat, ils se sont décidés à tenir papa pour seul responsable. Tu peux dormir tranquille. »
Je ne fus qu’à moitié rassurée par ses mots, encore persuadée que ma culpabilité me rattraperait d’ici peu. J’eus un beau coup au cœur lorsque j’entendis derrière moi une voix s’élever, m’assurant que j‘étais découverte:
« Voilà la sauveuse d’Elanda, si j’ai bien tout suivi… »
Je me retournai brusquement et tombai nez à nez avec Karth, venant de passer la porte du hall seul. Nous ne l’avions pas entendu approcher, car la masse des courtisans papotant dans la salle emplissait nos oreilles d’un bourdonnement continu cachant le bruit de ses pas. Sur son visage se peignait une expression que dans mon affolement, je pris pour une attitude triomphante. Je me penchai vers Elanda et lui dit:
« Tu vois! Je te l’avais dit, cela allait se savoir… »
La Selmène éclata de nouveau de son petit rire cristallin, ce qui eut cette fois pour effet de me porter encore un peu plus sur les nerfs.
« Mais non, grande bête. Karth est mon frère adoré, je lui en raconte plus qu’à n’importe qui dans ce fatras de nobliaux…
-Et pour ma part, continua l’héritier, je ne ressemble pas à ma sœur: je ne suis pas un affreux bavard. Il y a peu de risques que cette information sorte de ma bouche. Et vu la qualité du service rendu, je ne crois pas qu‘Elanda va aller le crier sur tous les toits, n‘est-ce pas? »
L’intéressée acquiesça joyeusement.
« Je ne comprends toujours pas pourquoi tu n’as pas accepté de te marier avec Fersen, repris-je à son intention. C’est sans aucun doute l’un des hommes les plus agréables à vivre que je connaisse, et ton père ne peut trouver que pire la prochaine fois, si tu veux mon avis…
-Alors dites-vous que vous l’avez sauvé d’une horrible peste, répliqua Karth d‘un ton badin. Pour ma part, je plains déjà celui qu’elle acceptera d’épouser. »
Elanda ne prit pas la peine de répondre à la pique, et ils s’échangèrent un sourire complice. Je me rendis compte que l’héritier Selmène n’avait fait qu’éluder ma question, et qu’elle n’avait pas répondu.
« Je propose que nous envahissions un des salons privés, dit la Selmène, avant que la horde ne vienne les occuper. Nous aurons un peu de temps pour bavarder. »
Nous prîmes donc le chemin du couloir que j’avais déjà visité un peu plus tôt dans la soirée. En chemin, Karth vint se ranger à ma hauteur, laissant sa sœur seule en tête. Il hésita un petit instant, puis m’adressa la parole:
« Je ne vous ai pas encore remerciée d’avoir montré autant de tact envers moi lorsque nous avons dansé. J’ai ce défaut d’être affreusement timide, et danser avec une parfaite étrangère m’effrayait singulièrement…
-Ne vous y trompez pas, j’étais presque aussi perdue que vous, répondis-je avec un petit sourire. A Vrai dire, c’est parce que je vous ai senti mal à l’aise que j’ai repris un peu d’assurance. Je pensais être la seule héritière de la soirée à ne pas me sentir à l’aise… »
Karth eut un petit sourire discret.
« Eh bien… Je n’ai jamais été un grand adepte des rendez-vous mondains, je dois l’avouer.
-Pourtant, fis-je en passant à la suite d’Elanda dans le premier salon, vous devez être confronté à ce genre de situation depuis que vous êtes enfant, non? Et vous avez… Vingt-sept ans si je ne me trompe…
-C’est bien cela.
-Vous ne vous êtes jamais habitué?
-Karth est un grand associal devant l’éternel, piailla Elanda en se jetant dans une bergère. Il déteste notre belle race, les courtisans…
-Erreur, très chère. Un courtisan seul ne me gêne absolument pas, mais deux ou plus ensemble, oui. Je te supporte bien du moment que tu ne te flanques pas d’une ou deux amies dans ton genre pour pérorer sur tout ce qui passe à ta portée. »
Je pris place sur le divan faisant face au large fauteuil d’Elanda aux côtés de Karth. Celle-ci eut l’air un instant déçue, sans que je parvinsse à déterminer quelle était la cause de cette brusque saute d’humeur. Je repris la parole, m’adressant de nouveau à l’héritier Selmène.
« je suis un peu dans le même cas. La cour n’est pas l’endroit ou je souhaiterais passer ma vie, mais je n’ai pas vraiment le choix.
-Oh! Quel dommage, intervint Elanda. Pour rien au monde je ne partirais d’ici, moi. C’est le paradis.
-Pour toi, sans aucun doute, répliqua Karth en levant les yeux au ciel. Excusez moi de m’étonner, Fianna, mais je vous ai vue, enfin… Entendue parler ce soir, au dîner. Vous m’avez semblée douée pour les discussions mondaines. Vu que cela n’est pas mon cas… Je pensais que le désintérêt que… Que vous dites porter à la cour était, heu, incompatible dirons nous, avec cette aisance au… pardonnez moi le terme… Baratin de courtisans? »
Sa peau de roux se teinta légèrement de rose, comme s’il venait de poser une question gênante. Je grimaçai en répliquant:
« On peut être douée pour quelque chose que l’on apprécie pas. Et vu la place que j’occuper à partir de ce soir, j’ai intérêt à me montrer diplomate et protocolaire, même si j’ai une nette préférence pour le franc parler. N’est-il pas trop gênant pour l’héritier Selmène de ne pas être à l’aise dans l’art de converser avec ses semblables? »
Karth se renfrogna légèrement à l’entente de ma question, et y répondit précipitamment:
« Non! Enfin, si, mais… Heu… je veux dire qu’un domaine, ça n’est pas seulement quelque chose de diplomatique. C’est aussi, et je dirais avant tout, un travail d’entretien des terres, d’organisation, heu… De maître d’œuvre en quelque sorte. On orchestre tout lorsqu’on est seigneur, et l’héritier participe activement. On s’implique dans la vie de nos gens, on prévoit les champs à cultiver avec eux, les dates des récoltes, on règle les litiges… Enfin, bref, on fait beaucoup de concret, et cela me plait énormément. Pour rien au monde, je ne laisserai ma place, même si… même si cela signifie devoir subir les échanges diplomatiques avec les autres domaines. Et encore, dans beaucoup de cas, je peux m’en décharger sur Ferlyz, il est bien plus doué pour moi pour les simagrées.
-Tiens, m’étonnais-je, il me semblait que vous ne vous entendiez guère, mais mes sources datent un peu, il est vrai…
-Nous avons été en conflit pendant quelque temps…
-Pffft! Interrompit Elanda. Dis-le correctement, veux-tu: ç’à été la guerre totale entre vous deux pendant plus de cinq ans, lorsque Ferlyz à commencé à goûter au pouvoir et à regretter d’être né cadet. Et moi, j’étais coincée entre les deux, continua-t-elle en se tournant vers moi, ils ont failli me rendre folle, je ne te raconte pas. Heureusement, je vivais déjà à moitié à Ezderon, je n’ai pas dû les supporter constamment.
-Heu… Je disais donc que nous nous sommes à peu près réconciliés depuis. En fait, depuis que Ferlyz a… Heu… c’est-à-dire que… Elanda?
-Réfléchis quelques instants, mon grand. Fianna et moi avons longuement conversé aujourd’hui. Tu peux donc en déduire, vu que je tiens parfaitement ma réputation de pipelette de la cour, qu’elle sait depuis longtemps.
-Eh bien, repris l’héritier Selmène, la situation a commencé à s’améliorer un peu lorsqu’il a rencontré Asté Krimin. Enfin, il la connaissait déjà, mais sans la connaître… heu… je disais donc qu’ils sont tombés amoureux l’un de l’autre, et que Ferlyz s’est fortement impliqué dans cette relation. Je crois qu’elle a réussi à lui faire comprendre qu’il n’y avait pas que le pouvoir dans la vie. Il avait même projeté de se marier avec elle. Mais alors, je crois qu’il espérait encore que je lui cède ma place ou que je me tue stupidement pour pouvoir gérer le domaine à ma place, ce qui de toutes façons ne devait pas l’empêcher de réussir sa vie conjugale. Et puis… Le Kamarin a fait sa guerre, avec les conséquences que vous connaissez. Notre père et Kassac se sont entendus pour enchaîner le Kamarin en mariant sa fille favorite dans notre lignée, à un petit cadet sans importance. C’est là que Ferlyz a définitivement changé. Son mariage catastrophique lui a révélé qu’il souffrait bien plus d’être séparé de celle qu’il aimait que de ne pas avoir de pouvoir. De fait, il a cessé de m’en vouloir parce que j’étais né le premier Et puis maintenant, je peux même lui donner une partie de ma tâche diplomatique, il fait cela bien, et sans plus de volonté de pouvoir.
-Tout ce qu’il veut aujourd’hui, intervint Elanda, c’est que Kerdilla se tue stupidement en chutant malencontreusement dans un escalier préalablement recouvert de clous rouillés. Une vie conjugale des plus saines, puisqu’elle, pour sa part, rêve de le découper en petits morceaux et de les donner à bouffer aux chiens. On appelle ça l’entente cordiale, je crois, acheva-t-elle en gloussant.
-Elanda, je t’en prie… Tu sais que je n’aime pas que tu plaisantes à ce sujet.
-Oh, arrête un peu. Si on vous écoutait, toi et Ferlyz, la vie serait d’un dramatique… »
Je pris mentalement note des informations que venaient de me donner les deux Selmène. Cette fois, c’était certain, j’allais devoir revoir mon jugement sur leur cadet. Il semblait que mes dégoûts d’hier n’aient plus lieu d’être s’il avait tant changé, comme Karth semblait le dire. Et puis, le Ferlyz nouveau trempait dans une histoire romantique d’amants contrariés, chose devant laquelle mon esprit de jeune fille encore innocente ne pouvait que fantasmer. Je remarquai que je prenais beaucoup de plaisir à parler et entendre parler des histoires de cœur des autres, tout particulièrement si elles étaient romanesques comme les déboires d’Eva avec Fersen, ou comme le triangle d’amour haineux que formaient Kerdilla Kamarin, Asté Krimin et Ferlyz Selmène. Je me sentais devenir commère dès que les conversations dérivaient sur ce type de sujets. Et de fait, je ne résistai pas à l’envie de questionner plus avant, sur un passage de la soirée concernant les amants, et dont je n’avais pas pleinement saisi le sens.
« Dites moi, Karth… Ce soir, je vous ai vus, vous et Eldan, vous prêter à un manège un peu particulier. Ne me répondez pas si je suis indiscrète, mais lorsque vous êtes entrés dans la galerie à la suite de Ferlyz et d’Asté, et que vous êtes ressortis chacun avec l’un des deux… Je n’ai pas bien compris ce qui c’était passé.
-…Vous avez vu cela… Bon. Eldan m’avait bien dit que vous nous aviez vu, mais je n’en étais pas convaincu. Je ne sais pas si…
-Tu peux raconter, coupa Elanda. De toutes façons, l’orage est passé, l’histoire ne peut plus faire de mal à personne, à part peut-être à Kerdilla. Et encore. De toutes façons, ce n’est pas le genre de Fianna de crier ce genre de choses sur tous les toits, à ce que j’ai cru comprendre. »
J’acquiesçai, et fit un petit sourire timide à l’héritier Selmène, pour l’engager à continuer. Celui-ci hésita encore un temps, puis haussa les épaules, et parla:
« Il se trouve que nos amants avaient décidé de se retrouver ce soir dans la galerie… mais cela vous l’avez sans doute deviné. Et heu… En fait, personne ne le savait, à part Elanda. Et moi. Et Eldan aussi, en fait… Mais ça n’a pas d’importance. Au cours de la soirée, Elanda s’est rendue compte que Kerdilla le savait aussi, on n’a toujours pas compris comment elle avait fait. Elle en a trop dit à Kaldryssa, en croyant sans doute que la chose allait l’amuser, mais ça n’a pas été le cas, et notre bonne amie est venue tout de suite trouver Elanda pour le lui raconter. Et… Ha oui, j’oubliai le plus important, c’est que Kerdilla avait en fait l’intention de mettre Kermal Sangan dans le secret, pour qu’il les découvre et fasse un scandale public. Parce qu’ils n’ont bien sûr légitimement pas le droit de se fréquenter… Et donc, Elanda est venue nous prévenir, Eldan et moi, que nos frères et sœurs étaient en danger. On les a donc surveillé ce soir, et dès qu’ils ont fait mine de s’isoler, on les a suivi, on les a prévenus et on s’est arrangé pour qu’ils ne sortent pas ensemble de la galerie.
-Je comprends mieux, répliquais-je. Mais pourquoi Kerdilla voulait-elle faire cela? Je veux dire, je comprends que si elle déteste Ferlyz, elle veuille lui faire risquer une sanction cléricale sévère, mais Asté…?
-Oh, répondit la Selmène, elle déteste aussi bien l’un que l’autre. Lui, parce qu’on le lui a marié pour marquer l’asservissement de son père. Parce qu’il la déteste. Et parce qu’il la cocufie. Elle, parce qu’elle est la raison pour laquelle Ferlyz lui est infidèle. Et puisqu’elle déteste Asté, Asté la déteste, logiquement.
-Tu parles de fidélité. Parce qu’initialement, Kerdilla aurait pu avoir de l’intérêt pour ton frère, et que la situation l’aurait amené à le haïr, parce qu’il la trompait?
-Non, c’est plus tordu que cela. Ils n’ont jamais défait le lit nuptial, et elle n’a jamais eu la moindre envie de le faire. En fait, elle est parfaitement malheureuse, mais dans un sens, elle aime cela. Quelque chose dans le genre: je suis une pauvre fille et pourtant je subis ma condition la tête haute, avec honneur. Et elle considère que Ferlyz devrait faire la même chose, c’est-à-dire se morfondre chastement dans son malheur, au lieu de chercher un semblant de consolation dans les bras d’Asté. Au fond, ces deux là se ressemblent beaucoup, avec leur sale habitude de trouver le malheur partout et de se rouler dedans. Sans Asté, ils auraient pu faire une bien belle paire d’oiseaux de mauvaise augure… »
Alors qu’Elanda se taisait, et que je méditais sur l’histoire m’apparaissant de plus en plus sordide, un bruit de pas volontaire claqua dans le couloir, piquant droit vers notre salon. Je tournai la tête ainsi que Karth pour apercevoir le nouvel arrivant.

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Les Neiges des Darkanisses. Onze chapitres postés. Arrêt de diffusion sur le net, pour suite et texte réorganisé, MPéez moi
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Vieux 06/11/2006, 12h24   #255
gogorafido
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C'est toujours excellent. (comme d'habitude).

Ce passage à le mérite de clarifier un peu la situation et c'est pas plus mal.

L'intrigue n'est pas tuée pour autant mais je crois qu'il était bon d'avoir quelques explications notamment sur la conversation surprise par Fianna.

Concernant le passage d'avant. Une fois encore je n'ai pas de soucis avec l'attitude de Fianna. Tu fais comme tu veux et tu fais bien.

J'essaie simplement de te renvoyer le reflet d'un lecteur aussi imparfait et subjectif soit il.

Toujours avec ce jeu de miroir lecteur/auteur, il me semble évident que dans ton dernier passage le lecteur apprend entre les lignes mais de manière claire qu'Elanda est homosexuelle.

Je ne veux pas (forcément) de confirmation sur ce point c'est juste histoire de te dire:

- Ne nous fait pas le coup du méga coming out / coup de théatre plus tard, on a compris.
- si c'est une fausse piste, bravo elle marche bien.
- si elle n'est pas homosexuelle et si c'est pas une fausse piste faut revoir le truc.
- si on était juste sensé avoir des indices sans pouvoir faire le lien ... faut que tu en lèves.
- si on est effectivement sensé le comprendre à ce moment la: bravo encore ca marche.

On sort d'un passage ou pour la première fois on évoque des rapports sexuels, jusqu'à présent il était question de marriage ou d'amour ce qui est différent, fatalement on a l'esprit un peu sur ce sujet et la ca foisonne:

Le calin un peu long avec Fianna, le regret d'être écartée, l'absence de réponse claire au fait qu'elle refuse un parti pourtant très convenable (limite parfait) aux yeux de Fianna, le silence du frère (et son sourire complice), son dépit lorsque Fianna s'assoie en face d'elle et non à coté.

C'est pas plus mal que ca tourne un peu cul. C'est pas X loin de la, et, trop souvent, cette dimension est écartée des romans heroic fantasy sans aucune raison valable si ce n'est un puritanisme (US) mal placé.

Ps: Ne me dit surtout pas qu'Elanda est pas lesbienne oK? Pour une fois que j'ai l'impression d'anticiper quelque chose dans ce roman...Sinon je crée l'association de défense des lecteurs persécutés. :hein:
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Vieux 06/11/2006, 19h41   #256
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La dernière de tes propositions est la bonne . De même, je n'ai placé autant d'éléments imcompréhensibles auparavant que parce que je prévoyais cette scène pour les éclaircir. J'ai fait durer exprès (et aussi parce que mes textes doubblent entre leur pensée et leur mise sur le papier :eye: )

Souite (dont les deux-tiers ont été tapés hier :hein: )


Alors qu’Elanda se taisait, et que je méditais sur l’histoire m’apparaissant de plus en plus sordide, un bruit de pas volontaire claqua dans le couloir, piquant droit vers notre salon. Je tournai la tête ainsi que Karth pour apercevoir le nouvel arrivant. Ce fut Eldan Krimin qui passa le pas de la porte, avec, oh miracle, un semblant d’expression peint sur le visage. Il semblait passablement énervé. Son regard glacé ou brûlait une petite lueur d’exaspération coula sur nous trois sans s’arrêter réellement sur aucun d’entre nous. Puis, en quelques foulées rapides, il contourna nos sièges pour fondre sur le meuble à liqueurs, trônant non loin du foyer de la cheminée. Il ouvrit les deux panneaux et plongea ses mains à l’intérieur. Tournant légèrement la tête vers nous, il dit:
«*Je sers quelque un?
-Oui, couina Elanda. Une liqueur de Kayron, s’il vous plaît.
-Karth? Toujours sobre, je suppose?
-Tu me connais. Jamais hors des repas.
-Tu ne sais pas ce que tu perds. Fianna?
-Heu… Il y a de l’alcool de Seranthe?
-Bien sûr, répliqua-t-il sur un ton légèrement ironique. A Ezderon, on peut demander n’importe quoi, il y a.*»
Eldan sortit des entrailles du meubles trois petits verres à liqueur et les aligna sur la tablette supérieure, puis se saisit successivement de trois bouteilles et servit, avec une rapidité et une précision impressionnantes. Les bouteilles réintégrèrent leur place, le meuble se ferma et l’héritier Krimin revint vers nous, un verre en équilibre sur le dos de la main gauche, et les autres tenus entre deux doigts. Il vint d’abord à moi, et me donna avec une légère courbette la liqueur main gauche, rejoignit Elanda en un pas et lui abandonna celle main droite, avant de porter à ses lèvres son propre verre, toujours en équilibre sur le dos de sa main. Il le vida d’un trait, la petite coupe de cristal redescendit, puis se retrouva entre les doigts avant que j’aie eu le temps de suivre le mouvement de la main. Eldan se laissa choir dans un fauteuil entre nos deux canapés, et reprit la parole, les yeux perdus dans la contemplation du fond du verre vide.
«*Et il appelle cela des négociations. Il en a de bonnes, lui…*»
Il devait sortir de la chambre de Kassac. Apparemment, mon père biologique avait encore dû faire des siennes.
«*Ça c’est mal passé? Questionna Karth.
-Monsieur n’a pas daigné tirer son rideau pour me parler en face. J’ai donc conversé avec un fantôme, enfin… Disons plutôt que le sieur Edrich m’a laissé dire ce que nous avions faire savoir, qu’il n’a strictement rien écouté, puis qu’il m’a congédié en me remerciant de lui avoir parlé franchement. J’ai cherché à savoir s’il comptait réfléchir à nouveau à sa décision, et j’ai eu droit à un magnifique grognement dédaigneux. Monsieur entend les courtisans mais ne les écoute pas.*
-Bah tiens, dit Elanda en faisant la moue, s’il en était déjà arrivé à prendre une décision aussi débile, c’était certain qu’il n’allait pas en changer.*»
Eldan haussa les épaules, fit courir ses doigts sur son verre puis releva les yeux sur moi.
«**Et vous, Fianna, je suppose que vous le soutenez entièrement, bien évidemment?
-Absolument pas, répondis-je plutôt sèchement. Il est peut-être notre seigneur à tous, ça ne fait pas de moi une aveugle, ni de lui un génie infaillible.
-Je croyais que votre loyauté envers votre sang vous aurait poussée à le soutenir en toutes occasions…
-Je suis loyale à mon sang, Eldan, car j’obéis aux directives qu’il me donne. Pour autant, cela ne m’empêche pas d’avoir mes propres opinons sur ses choix.
-Vous m’en voyez agréablement étonné. Beaucoup trop d’héritiers sont alignés sur la pensée de leur géniteur, sans chercher à se dégager une identité propre. Votre… Prédécesseur, dirons-nous, était ainsi, toujours à approuver la moindre décision de Kassac. L’héritier des Kamarin de même, considérait son père comme la seule et unique pensée valable. On a vu ou cela l’a mené, passé au fer sur le champ de bataille pour une volonté qui n’était pas la sienne.
- Pourtant, il ne pouvait pas désobéir à son père sans se déshonorer, objectais-je. S’il n’avait été d’accord avec son projet, son destin aurait été le même, non*?
-Je vous l’accorde. Mais au moins serait-il mort honorablement.
-Que voulez-vous dire*?
-Qu’un homme qui meurt pour une cause lamentable de son plein gré, entraîné par la volonté d’un autre auquel il se soumet sans réfléchir, ne peut être considéré comme honorable, car il s’est asservi tout entier, corps, âme et volonté. Tandis que l’homme qui meurt parce que son devoir l’obligeait à servir une cause qu’il a pourtant par sa propre analyse jugée mauvaise, celui-là est mort libre et honorable.*»
Eldan avait haussé légèrement le ton en prononçant ces mots, et sa voix s’était légèrement accélérée. Il me semblait qu’il se prenait de passion pour le sujet dont il discourait, autant que son masque d’impassibilité me le laissait supposer. Loin d’être certaine de m’accorder à sa pensée, je tentai de comprendre plus avant ce qui le faisait parler ainsi.
«*Cela semble tout de même paradoxal. Comment peut-on être libre en servant une cause à laquelle on n’adhère pas*? Je me sens pour ma part plus prisonnière de ma condition qu’autre chose…
-Non pas. Je tiens l’obéissance aux devoirs du domaine au dessus de tout. Je ne parle pas d’une liberté d’action, mais d’une liberté de l’esprit. S’assumer en temps qu’être pensant et unique, sans jamais s’asservir pleinement aux volontés d’un autre, vivre par cet autre. Je respecte ceux qui servent leur maître ainsi, et n’ai que mépris pour les serviles.
-Et vous m’avez prise pour l’un d’eux…
-Je dois vous avouer, j’ai eu peur que cela soit le cas. Vous me détrompez ce soir, et j’en suis aise.
-M’auriez vous dit cela si j’avais été une de ces serviles*?
-Non, sans doute, du moins dans un premier temps. J’ai assez d’honneur pour ne pas cracher mon venin aux personnes qui me déplaisent dès le premier abord.
-Et tu n’as pas non plus l’habitude de t’ouvrir de tes répugnances aux inconnus, intervint Karth. Tu parles beaucoup, ce soir.*»
Eldan fit une grimace et se releva, puis se mit à faire les cent pas comme un fauve en cage.
«*Certes. Je ne suis pas dans mon état normal. Trop de tension, je suppose. Ce vieux renard de Kassac joue avec mes nerfs, et mes nerfs me jouent des tours. J’ai besoin de discourir. De m’occuper l’esprit. Veuillez, m’excuser, Fianna, ce n’était pas un sujet des plus appropriés à une première conversation.
-Il n’y a pas de mal, m’empressais-je de le rassurer. Puisque Kassac vous met dans cet état, je voue propose de discourir -puisque vous dites que cela vous fait du bien-, sur ce que vous reprocheriez à votre suzerain.*»
J’avais une raison bien précise de persévérer sur le sujet. Au-delà du fait que je n’appréciai guère mon géniteur, j’avais cru comprendre au cours du repas qu’Eldan ne serait pas mon allié dans les affrontements politiques qui risquaient de secouer Ezderon d’ici peu. Je souhaitai l’amener sur ce terrain pour mieux sonder ses motivations profondes, pour commencer à prendre la mesure de mes adversaires potentiels.
«*Pourquoi me demandez-vous cela? Questionna l’héritier Krimin, légèrement suspicieux.
-Parce que je ne connais que peu le seigneur Edrich Kassac. Bien moins que vous. Aujourd’hui, je lui ai parlé directement pour la première fois de ma vie. Je souhaite savoir ce que l’on pense de lui parmi les courtisans. Et puisque vous semblez ne pas le porter dans votre cœur…*»
Eldan sourit, calmement. Un petit sourire esquissé des coins de ses lèvres fines. Rien d’autre ne bougea dans sa physionomie, rien pour confirmer mon impression, mais je fus presque certaine qu’il n’était pas dupe, qu’il savait que le sujet de mon intérêt n’était pas Kassac, mais lui.
«*Bien, répondit-il doucement. Puisque vous m’y poussez, je vais vous reparler d’honneur. Il se trouve qu’Edrich avait toute mon estime il y a peu de temps de cela. C’était un fin politicien, un homme doué pour les courtisaneries, excellent combattant de surcroît. Et sage, avisé. La seule chose qui me répugnait chez lui était sa sale habitude de faire des enfants illégitimes, mais cela est presque un devoir de suzerain, et je l‘avais délibérément effacé de ma mémoire. Mais voilà, depuis la guerre du Kamarin, il a complètement changé d’attitude. Il poursuit je ne sais trop quel but, il nous mijote quelque tour bien à sa manière depuis le fin fond de ses draps. Je l’avais déjà vu intriguer par le passé, et je suis persuadé que le bonhomme suit une idée, sans que je sache ou puisse seulement imaginer laquelle. Et pour se faire, comme je l‘ai évoqué au cours de notre dîner, il se déshonore par des décisions contraires à l’éthique, qui mettent à mal nos traditions et notre prestige. Le suzerain se doit de donner l’exemple, d’être comme le symbole de ce qui compose les domaines qu’il assujettit, un exemple à suivre, être l’image de marque de notre société pour les domaines étrangers. D’être le plus honorable d’entre nous. Lui se bat pour être le plus vil possible. Voilà ce que je lui reproche.
-Et je suppose donc que ma présence ce soir, et dans le rôle que l’on me connaît, est la conséquence de l’une de ces décisions amorales et déshonorantes?
-Sans vouloir vous offenser, oui.*»
Je n’avais strictement rien appris. Le malin n’avait fait que me répéter ce qu’il m’avait déjà fait comprendre lors du repas, en en changeant la forme, évitant soigneusement de me dire quoi que ce soit de plus. Peut-être n’était-ce réellement pas plus compliqué que cela, mais j’en doutais sérieusement. On ne cachait pas ses sentiments comme lui le faisait si l’on n’avait pas un secret quelconque à dissimuler. J’avais été présomptueuse de supposer que je pourrais le percer à jour en une seule question. Cela me frustra grandement, mais je n’en laissai rien paraître. Je m’apprêtai à répliquer, prête à m’enfoncer dans une joute verbale à l’issue incertaine, lorsqu’un nouvel arrivant pénétra dans le salon, coupant court à la conversation.
Asté Krimin s’approcha doucement de nous, et s’immobilisa à trois pas de son frère.
«*Je ne vous dérange pas?*S’enquit-elle sans s’adresser à personne en particulier.*»
Elanda et Karth me regardèrent avec un air interrogateur. Eldan fit de même, m’offrant ainsi galamment le choix d’être impolie et de continuer notre discussion, ou d’y mettre fin. Ne souhaitant aucunement me montrer désagréable envers Asté dès le premier contact, j’optais avec quelque regret pour la seconde solution:
«*Bien sûr que non, voyons.*»
La Krimin s’inclina légèrement, en un signe de déférence discret qui eut le don de me mettre mal à l’aise. J’avais tendance à oublier qu’être héritière du plus grand seigneur des Darkanisses appelait se genre de comportements respectueux. Jamais une femme ne m’avait fait la courbette auparavant, et seuls quelques rares galants s’y étaient employés. Je détestais sentir ainsi une distance protocolaire entre moi et quiconque.
Asté amena à elle un fauteuil et s’installa confortablement à côté de son frère. A les voir ainsi côte à côte, je remarquai à quel point ils étaient dissemblables. Asté était grande et presque trop fine, lui petit et parfaitement proportionné. Le visage de la Krimin était légèrement émacié, et fiché de deux yeux bleus sombres très expressifs, celui d’Eldan état fait de traits doux et de contours durs, et son regard ne trahissait que très rarement ses états d’âme. Seules leur chevelure d’un brun presque noir, et leurs mains fines, permettait de soupçonner qu’ils étaient frère et sœur.
Le visage d’Asté était détendu, et pour la première fois de la soirée, je remarquai qu’elle était belle. Au-delà de son physique fragile, il émanait d’elle une sorte de charme que je serais bien en peine de décrire correctement. Un charme apaisant.
«*Je n’ai pas encore eu l’occasion de vous remercier, Elanda.
-Oh, ce n’est rien. Je n’allai pas la laisser vous fourrer dans la panade. En plus, cela n’a servi à rien, puisque Fianna et Eva se sont fait une joie de détruire notre cher Sangan, ce soir… tu ne nous en dira pas plus là-dessus, je suppose? M’interrogea la Selmène.
-Finement observé. Cela ne regarde que ma sœur, le prêtre et moi.*»
Des gloussements et chuchotis se firent entendre à l’entrée du salon. Tous changèrent brusquement d’attitude. Elanda regarda Karth, qui regarda Eldan, qui regarda Asté, qui regarda Eldan. Puis, tous se tournèrent vers la porte.
«*Ennuis en vue… Chuchota la Selmène.*»
Ce fut au tour de Kerdilla Kamarin de franchir le seuil, flanquée de deux de ses cousines que je détestai au premier coup d’œil. Jeunes, belles, écervelées, courtisanes. Toutes trois affichaient le demi-sourire et le regard pétillant d’un gosse préparant une mauvaise farce. Asté s’enfonça dans son fauteuil et se plongea dans la contemplation de ses ongles pour ne pas avoir à saluer son ennemie jurée. Je répondis poliment au salut déférent qu’elles m’adressèrent lorsqu’elles passèrent devant moi pour s’approprier le canapé du fond. Kerdilla s’y assit, entourée de ses comparses comme une reine de ses suivantes.
«*Quelle triste soirée, ne trouvez vous pas? Tous ces beaux mariages avortés pour des broutilles… Enfin, réjouissons nous quelque peu. Elahys, raconte-nous donc ce qui t’arrive.*»
La petite blonde qui flanquait la Kamarin à gauche s’empressa d’afficher un sourire béat sur sa sale gueule d’ange, avant de répliquer en minaudant:**
«*Je vais devenir la dame d’un Domaine, oui! Il y a un ambassadeur des Territoires des Vallées Fédon ce soir, et mon père est en négociations. Il va me marier à l’héritier du deuxième vassal du suzerain de Fédon, c’est sûr. Beau jeune homme, charmant, et futur seigneur. C’est le rêve.
-Je n‘en doute pas, répliqua Kerdilla. Et toi, Dalice?
-Oh, pour l’instant, je ne me marie pas, fit-elle sur un ton boudeur que je jugeai pathétique, père dit que je suis trop jeune. Je me contente d’être jalouse d’Elahys.
-Quel dommage. Et vous, Karth? A quant la future Dame de Selmène?
-Mon père à bien voulu accéder à mon désir. Je vais épouser la fille d‘une famille de marchands établis sur nos terre. Nous avons la chance de nous aimer. Nous nous marions au plus fort de l’hiver, si mon seigneur ne change pas d’avis d’ici là.
-Une roturière à la tête du premier domaine vassal? Fit Kerdilla, avec une petite moue dubitative. Moui, pourquoi pas… Elanda? C’est si triste que vous n’ayez pu épouser ce charmant Fersen Mentar. D’autres projets, peut-être?
-Non, lâcha sèchement la Selmène, sur un ton cinglant et violent.*»
Kerdilla recula sous l’agression, apparemment étonnée de la réaction brutale. Elle sembla vouloir réagir vertement, mais se retint visiblement de le faire. La cousine répondant au nom de Dalice voulut attaquer, mais d’une main, la Kamarin la retint. Non sans jeter un regard noir à Elanda, elle reprit la parole, s’adressant cette fois à l’héritier Krimin.
«*Et vous… Il n’y a as non plus de future Dame à Krimin…
-J’ai mes projets et ils ne vous regardent pas, coupa Eldan avec une brusquerie retenue, encore plus désagréable.*»
Kerdilla se retint une fois de plus d’exploser. Je compris soudain ce qui se passait. La Kamarin voulait d’une manière ou d’une autre mettre Asté en difficulté, en abordant un sujet délicat pour sa rivale. Karth ne l’avait pas perçu, mais Elanda et Eldan oui, et ils refusaient de rentrer dans son petit jeu, d’où la violence de leurs réponses. Je décidai d’aligner ma conduite sur la leur, car j’étais en train de perdre tout ce que j’avais pu avoir de sympathie pour Kerdilla sans l’avoir jamais vraiment connue, au profit de sa victime de la soirée. Elle se tourna vers moi:*
«*Et l’héritière d’Ezderon sans mari… Vous comptez bien sûr régler ce problème là d’ici peu, Fianna?
-Non, répondis-je de mon ton le plus innocent possible. Je compte épouser une paysanne et diriger les domaines en amazone, après en avoir banni la gent masculine.*»
Elanda me jeta un regard amusé. Kerdilla ouvrit la bouche et oublia de la refermer, ne sachant trop comment prendre ma réplique. Elle décida d‘en rire.
«*Ah ah! Bien sûr. Mais, sérieusement?
-Sérieusement, cela ne vous regarde pas plus que les projets d’Eldan.*»
Elle fit de nouveau la moue, perturbée par notre manque de coopération. Hésitante, elle fit courir son regard sur la petite assemblée pour chercher un soutien, mais Karth lui-même s’était dorénavant dérobé, et seules restaient les deux cousines. Haussant les épaules, elle éloigna le problème. Encore deux secondes, le temps de se composer une expression angélique, et elle reprit la parole, avec une délectation parfaitement perceptible:**
«*Et vous, Asté… Vous êtes en âge de vous marier, et ce depuis longtemps. Qu’attendez vous donc?
-Cela ne vous regarde pas, grommela l’intéressée sans lever les yeux, optant pour la défense que nous avions mis en place*»
Cette fois-ci, Kerdilla ne lâcha pas prise. Elle avait sa victime, et ne lâcherait pas l’affaire aussi facilement qu’ave nous autres.
«*Bien sûr. Quel dommage que Krimin se meure grâce à vous…*»
Asté se redressa soudain, comme si on venait de la gifler à toute volée. Ses yeux tombèrent sur la Kamarin avec une expression d’incompréhension haineuse.
« vous pouvez répéter cela, je vous prie?
-Allons, voyons, que reste-t-il de votre famille, ma pauvre enfant? répliqua la Kamarin sur un ton condescendant et agressif. Un père mourrant, un héritier et sa sœur. Pas le moindre garçon en bas âge. Si votre père venait à mourir d’ici peu, ce qui ne fait soit dit en passant aucun doute, et si Eldan se tuait stupidement… Un accident est si vite arrivé, regardez Cordryssen Falmaran, déraper avec un coursier sur une plaque de verglas à trois jours du dégel!*Il n’y aurait plus de mâle Krimin pour assurer la continuité de votre lignée. Ou est donc passé votre sens du devoir?*»
Asté frémit, et ses prunelles s’allumèrent d’un feu de rage noire. La commissure de ses lèvres frémit, et je sus que la Kamarin avait atteint son but, exaspérer son ennemie pour la pousser à la faute. Asté ouvrit la bouche. Eldan tenta de la devancer. Je parlai la première.
«*Vous êtes bien mal placée pour parler de devoir, Kerdilla!
-Plait-il?
-Presque deux ans de mariage, et vous n’avez toujours pas donné le moindre enfant à Ferlyz. En quel honneur vous permettez vous de faire la morale aux autres sur ce point?
-Selmène n’a aucunement besoin de mâles, rétorqua-t-elle avec morgue.
-C’était aussi le cas de notre famille avant l’épidémie de la Grande Grippe, intervint Eldan. Cette damnée maladie revient régulièrement faucher son lot de vivants dans notre région. Si Karth et Ferlyz venaient à mourir, vous ne seriez même pas en mesure de donner un enfant ayant la moindre trace de sang Selmène.
-Il y a bien des cousins… tenta-elle, mal à l’aise maintenant que c’était elle l’accusée.
-Vous laisseriez un quart de sang à la tête du Domaine, coupa Karth, alors que vous trouviez étrange le fait que je me marie avec une roturière? Belle mentalité.*»
Kerdilla commença à paniquer. Elle chercha de nouveau un soutien, jeta un regard à Elanda, qui s’empressa de contempler les motifs du tapis. Quant aux deux cousines, elles semblaient trop abasourdies pour prendre la défense de leur aînée. Elle se redressa brusquement, se drapa dans sa dignité comme l’aurait fait un certain Kermal Sangan.
«*C’est bon, j’ai compris. Je m’en vais, puisqu’il n’est pas possible de discuter avec vous ce soir.*»
Sur ces mots, elle prit la direction de la porte, ses deux harpies sur les talons. Elle s’arrêta devant Elanda, précisément sur le motif que cette dernière fixait depuis qu’elle avait échappé à son regard.
«*Je croyais que je vous avais aidée.
-Oh, vous y avez trouvé votre compte, vous aussi. Ne croyez pas que je vous doive quoi que ce soit.*»
Kerdilla laissa échapper un petit son offusqué, avant de nous quitter définitivement, non sans me jeter un regard acide au passage. La tension, qui jusqu’alors s’était faite presque palpable, oppressante, retomba d’un seul coup. Asté soupira de soulagement.
«*Merci à vous. Je suis proprement incapable de garder mon sang-froid face à cette femme là, et elle le sait pertinemment…
-Comme si j’allais laisser qui que ce soit malmener ma sœur, fit l’héritier Krimin.
-Les ennemies de nos amis sont nos ennemies, plaça Kart.
-C’était tout naturel, intervins-je pour ne pas être en reste.
-je propose l’organisation de représailles pour tentative de méchanceté gratuite! Piailla Elanda, déjà heureuse rien qu’à l’évocation de son projet
-Tu ne penses pas que son échec cuisant suffit pour la punir? Répliqua l’héritier Selmène.
-Ah non! Tu ne vas pas me gâcher mon plaisir, non plus. Bon, amis, je vous laisse, j’ai un beau ragot à répandre sur le compte de notre chère Kerdilla. Car le saviez vous? Cette gent dame aime tant son domaine qu’elle préfère le céder à un quart de sang que risquer de déformer son corps souple et jeune par une grossesse.*»
Puis, à nouveau, le petit rire cristallin et enfantin, jaillit de ses lèvres. D’un saut, elle fut sur pieds, et en quelques gracieuses enjambées, fut à la porte. Karth se leva rapidement lui aussi, et nous adressa:
«*Si vous voulez bien m’excuser, je m’en vais tenter de tempérer ce qui me sert de sœur.*»
Et il disparut à la suite d’Elanda. Je me retrouvai seule avec les Krimin. Il y eut un léger blanc, puis Asté prit la parole.
«*Je m’en vais prendre l’air sur la terrasse du premier étage. Si l’un de vous est tenté…
-J’en suis, répliquai-je. J’ai aussi envie de bouger quelque peu.
-Ce sera sans moi, dit Eldan. J’ai quelques affaires à régler avec tu sais qui, acheva-t-il à l’intention de sa sœur.*»
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Les Neiges des Darkanisses. Onze chapitres postés. Arrêt de diffusion sur le net, pour suite et texte réorganisé, MPéez moi
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Vieux 07/11/2006, 12h27   #257
gogorafido
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Déçu!

Depuis le début du roman j'attends beaucoup de Kerdilla Kamarin et ... C'est une vrai C... heu peste? :snif:

Où tu l'as péché ce trio infernal? Ca me fait penser à ... Cendrillon?

Plus sérieusement, je suis un peu géné avec Eldan.

J'ai été obligé de me reporter à ton lexique des personnages pour savoir quel age il avait.

Dans la première partie de ton passage il a l'air d'avoir disons entre 30 et 40 ans. Il parle comme s'il avait énormément d'expérience. De kassac notamment, comment il était avant, ce qui se passe à la cour, les intrigues passées... Il détonne un peu au milieu de ces "jeunes" qui fatalement n'ont pas le même vécu.

Puis Kerdilla arrive, et...on réalise qu'il n'est pas marié ... et la gogo lexique... 21 ans... même pas le seigneur du domaine...

Ca m'a fait pensé du coup à un truc qui m'avait fait un peu tiquer sans que je ne m'y attarde sur l'instant.

Pourquoi est ce que c'est lui qui va voir Kassac? A ce moment du roman je ne vois aucune raison.

Il n'est pas concerné par le mariage avorté d'Eva.

Il est protocolairement mal placé à mon avis pour discuter avec Kassac du choix du chef des armées. Il est jeune, héritier mais pas seigneur en titre, il n'a pas la légitimité pour le faire, d'autant que c'est la première fois que Kassac accorde une audience.

J'aurais plus vu un Selmène sénior, ou le beau père d'Eva à la rigueur pour y aller.
Le premier a la légitimité pour parler défense, le second l'a pour parler mariage et devenir du domaine.

C'est étonnant que suite à son intervention ratée il vienne ensuite tranquillement en discuter avec les "jeunes" plutot" que de faire un point avec les anciens.

Citation:
-Non, lâcha sèchement la Selmène, sur un ton cinglant et violent.
Trois adjectifs pour qualifier un "non" à mon avis le "et violent" est peut être en trop. ca fait beaucoup trois qualificatifs pour un mot d'une syllabe.

A part ces quelques réflexion, l'ensemble est toujours très bien. Je trouve cette organisation codifiée: la danse d'abord, le repas ensuite, les discussions privées enfin très novatrice et très réussie. Elle contribue à l'originalité et à la profondeur de ton univers.

Edit: Je chicane encore mais je trouve que Kerdilla devrait être plus discrète. Après tout sa famille vient de se rebeller et d'être défaite.

Elle est banie des places d'honneur, dans un monde ou tu as plusieurs fois précisé que le moindre faux pas vous est reproché pendant des mois et des années.

Et la, elle pérore sans que personne ne trouve rien à redire.

Faut pas oublier non plus que son père a flingué le père de Fianna...
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