Baldur's Gate et Dragon Age | La Couronne de Cuivre
 

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Le Quartier du Gouvernement Lumenis
Ici sont regroupé les hautes instances de Luménis. On y trouve lesprincipaux édifices politiques et culturels. C'est le lieu de rencontre des Luméniens les plus haut placés.

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Vieux 25/08/2005, 22h48   #76
Astaldo tarkil
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Si vous aviez connu Ewena vous seriez mort très cher, elle n'était pas du genre frivole avec les seconds couteaux. Et j'apprécie beaucoup la rouille, elle ajoute un peu de piquant aux blessures.

S'attendant plus à une attaque directe de Jariv ou à une intervention de ses sbires, Astaldo se laissa surprendre par l'apparition des fantômes, surtout par celui qui avait l'apparence d'Ewena. Se raclant la gorge pour gagner en assurance il reprit.

Ewena était peut-être ma compagne de coeur mais mon ennemie de corps, et fuir mon est ennemi est lâche !

Chargeant le fantôme de sa compagne passée il ne fut pas étonné de passer au travers mais le coup qu'il lui asséna le laissa perplexe, c'était inattendu, surtout quand on connaissait la vraie Ewena, plus douce et précise que ça. Voyont son élève subir le même dilemne il se releva et courut vers elle.

Ce combat nous dépasse pour le moment, partons !
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Vieux 25/08/2005, 22h56   #77
Drydo
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Drydo regarda son maître hiérarchique de travers. C'était ce qu'elle essayait de faire depuis tout à l'heure, en évitant de devoir sacrifier son bras pour ça. Elle désigna le mur du menton :
- J'ai vu une brique se remettre à sa place, il doit y avoir un passage secret quelque part !
Drydo revint sur son problème immédiat, ne prêtant plus attention au monde alentour. Lorsqu'elle avait frappé le fantôme, il y avait eu un flou, un vide, et il s'était reconstitué. Peut-être que, si elle frappait à la limite de sa peau, elle arriverait à s'en débarasser assez longtemps pour retourner à cette histoire de mur ?
Se concentrant et plaçant tout de côté, elle rapa son bras de son épée et sa théorie fonctionna. Elle recula prestement avant que le fantôme ne se reforme.

- Maréchal ! G....
Pas la peine d'appeler plus longuement les gardes ou le maréchal. Ils étaient paralysés, Drydo le vit tout de suite, et les fantômes se désintéressèrent de leurs proies.
- Vous ne connaissez pas l'existence d'un passage secret dans le Fort, par hasard ?
Avec son bras non-blessé, elle frappa les quelques fantômes qui approchaient, mais cela ne les ralentit pas.
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Vieux 25/08/2005, 23h07   #78
Astaldo tarkil
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Astaldo remuait également l'air de sa lame pour empêcher les assaillants spectraux d'approcher trop facilement en tirant à lui une Drydo blessée.

Ce fort est presque impossible à prendre d'assaut, mais si nous atteignons la cour nous sommes sauvésn prendre les racourcis à travers les murs nous tuerait. Nous serions forcés de suivre un sentier sinueux alors qu'eux vont en droite ligne, il nous atteindre l'air libre et trouver des montures, je n'ai plus aucune confiance en ce lieux et ces occupants.
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Vieux 25/08/2005, 23h17   #79
Drydo
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- Je suis d'accord avec vous, mais que fait-on pour eux ? Et de Jariv ?
Drydo poussa le bureau sur les fantômes, et de nouveau ils se reconstituèrent. Plus la masse est lourde, plus ils mettent de temps, songea-t-elle.
Drydo jeta un coup d'oeil par la fenêtre. Impossible par ici. Ils seraint sans doute obligés de repasser en sens inversa la barrière de fantômes pour sortir.
Allons, une kensaï qui se demande comment passer ! Le temps de ruser était fini, elle aurait dû agir pendant le monologue de Jariv.
Et, de toute façon, il fallait bien passer les fantômes. Un jour où l'autre. Et ce jour, c'était aujourd'hui.
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Vieux 25/08/2005, 23h21   #80
Astaldo tarkil
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Astaldo lâcha le bras de son élève et, semblant oublier les présences ennemies, la regarda d'un air réprobateur.

Suis-je si âgé que tu n'écoutes plus mes enseignements ? Je te rappelle, ma jeune amie, que tu postules pour intégrer mes SRL, c'est-à-dire que je te juge digne de cette place. Prouv-moi que j'ai eu raison.

Et sur ce, sans prévenir, il s'éloigna d'elle pour se frayer son propre chemin.
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Vieux 25/08/2005, 23h38   #81
Drydo
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La drow renâcla intérieurement, mais il avait sans doute raison. De toute façon, l'ordre hiérarchique humain était plus stable que celui de sa société, et elle devrait s'y faire. Eux n'avaient sans doute pas dans la tête que leurs apprentis les assasineraient pour prendre leur poste.
Elle se lança à la suite d'Astaldo et se permit de donner un ou deux coups supplémentaires tout en courant à toute la vitesse qu'un kensaï entraîné peut utilisé en manquant dégringoler sur le plancher.
Drydo ouvrit la porte et observa si quelqu'un se cachait derrière. Personne. Quant au fantôme, si Jariv avait dû leur ouvrir la porte, ils ne devraient pas pouvoir aller plus loin si elle la refermait.
Puis, sans faire plus attention, Drydo rangea son épée et tira le maréchal vers l'extérieur de la pièce. Tant pis si ça n'était prévu par Astaldo, l'état de son bras l'inquiétait ; si elle laissait les trois personnes ici...
Elle transporta facilement le maréchal, même d'un bras, qui était assez léger, mais eu plus de mal avec les gardes.
Le petit jeu n'allait pas durer longtemps, elle le pressentait. Donnant un coup de pied au garde étendu, elle le déplaca de quelques centimètres, et réussit à le tirer au-dehors. Mais maintenant, rentrer de nouveau dans la salle risquait d'être dangereux, il allait falloir abandonner le deuxième garde. A moins qu'Astaldo s'en occupe, mais Drydo ne pouvait plus.
Personne dans les couloirs. Bon signe. A part si quelqu'un s'y cachait....
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Vieux 25/08/2005, 23h43   #82
Astaldo tarkil
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Astaldo referma violemment la porte, condamnant à coup sûr toute personne restée avec les fantômes.

Quand tu devras faire ce choix, privilégie toujours les meilleurs éléments aux plus faibles. En abandonnant un garde je sauve un de mes agents, mais je refuse tout sacrifice gratuit. Maintenant partons, si ce petit jeu n'est qu'une farce pour nous distraire autant nous hâter de ratrapper Jariv. Laisse le Maréchal et ses vaillants soldats ici, ils sont à l'abri.

S'éloignant des hommes paralysés il rejetta ses cheveux en arrière avant de reprendre.

Passons à l'examen théorique : où est le traître ?
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Vieux 25/08/2005, 23h57   #83
Drydo
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Drydo fut prise de cours par la question de son maître. C'était une bonne question, d'un certain point de vue - et ce n'était pas le point de vue de la réponse. Avait-elle un double sens ? Elle se prépara mentalement à se faire rabrouer et à taire sa langue, avant de réfléchir. Par Eilistraee, elle n'en avait aucune idée ! Il était passé à travers un mur. Le mur droit du bureau. Il avait dû certainement ressortir par un chemin peu fréquenté, ou alors il était dans la cour ; mais avec l'armée du maréchal, ça paraissait peu vraisemblable.
- Sincérement, je n'en ai aucune idée, mais nous finirons bien par le trouver. Soit il peut être dans la cour, peut-être pour se mêler à l'armée, soit a-t-il fui par une sortie discrète, soit est-il à la confiserie, soit il nous tend un piège dans l'escalier en nous attendant pour nous assassiner de dos, soit il est ailleurs, peut-être à Antelucas.

Elle retint un grimace intérieure. La réponse n'était pas très satisfaisante, elle le sentait. Voyons voir, si était dans la peau de Jariv....elle aurait peut-être essayé d'embobiner l'armée....ou alors, elle aurait tendu un piège....ou se serait réfugié dans la confiserie, mais ça semblait trop facile. A Antelucas ? D'accord, mais pourquoi faire ?....Quels étaient ses plans ?
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Vieux 26/08/2005, 11h35   #84
Astaldo tarkil
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Astaldo opina du chef tandis qu'il rengainait son épée et s'approchait d'une fenêtre pour observer le paysage qui s'offrait à lui.

Tu as bien répondu, nous ne savons pas, et nous ne pouvons savoir, où il s'est enfuit. Cependant il est trop dangereux pour que nous le laissions déguerpir. A mon avis ce genre de dégénéré veut s'emparer du pouvoir, en général, alors autant nous méfier de l'armée régulière.

Il tourna le dos à la fenêtre pour la dévisager.

Nous ne sommes que deux contre lui, tu te sens prêtes à continuer ou tu veux aller soigner ton bras avant de repartir ? Ce serait une occasion de faire appel à des renforts par la même occasion, mais nous perdrions du temps. Que choisis-tu ?
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Vieux 26/08/2005, 12h34   #85
Drydo
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Drydo poussa un soupir. Son bras aurait été utile, mais elle pouvait faire sans. Si jamais ils allaient la soigner, elle serait mieux préparée à un assaut ; mais Jariv ne risquait-il pas d'en profiter pour fuir encore plus loin? Et que comptait-il faire, bon sang ? S'il avait tout prévu, même préparé les fantômes pour les tuer, ou les ralentir, c'est qu'il savait où aller et qu'est-ce qu'il devait faire, il ne flânerait pas sur le chemin.....
Les enseignements d'Eilistraee lui avaient inculqué quelques notions de soin. Rapidement, elle banda son bras avec un lambeau de cape. De toute façon, elle n'avait qu'une arme, et même si sa deuxième main aurait pu lui être utile, elle n'avait pas le temps de s'en préoccuper. Elle apprendrait à se débrouiller autrement.

- Avec le bandage, ça devrait bien se passer. Jariv ne nous attendra pas pour.....Enfin, d'évidence il a un plan et une idée en tête, même si je vois pas quoi.....
La petite drow fit un geste vague, elle ne savait même pas de quoi elle parlait.
- Nous pouvons partir, si vous n'avez pas non plus de problèmes.
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Vieux 26/08/2005, 13h01   #86
Astaldo tarkil
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L'ancien marin accueillit la réponse de Drydo d'un grognement et repartit vers les escaliers les plus proches, grommelant dans la barbre de trois jours qu'il avait accumulée jusque là.

Bien bien, maintenons essayons de sortir de là, il ne manquerait plus que les gardes nous tiennent responsables de tout ça.
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Vieux 26/08/2005, 22h14   #87
Drydo
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Drydo haussa un sourcil dans le dos de son maître mais le suivit, tout en jetant des coups d'oeil fréquents derrière son dos.
Quoiqu'il en soit, lorsqu'ils descendirent les escaliers et sortirent du Fort par une route isolée de la cour intérieure - d'où ils n'avaient pas repéré Jariv-, personne ne leur sauta dessus dans leur dos et aucun piège ne se referma sur leur cheville. Ce qui laissait penser que Jariv avait bel et bien prévu leur mort.
Ils ne rencontrèrent personne, mais malgré tout, cet absence d'être agissait plus sur les nerfs de la drow que s'il y avait eu une foule entière autour d'eux.
Ils sortirent du Fort et commencèrent à descendre la colline.
Luménis se dressait devant eux, et Drydo sortit de sa vague admiration en se rappelant que Jariv était quelque part là-dedans. C'était grand, les recherches allaient être compliqués, et la lueur du jour déplaisait à la drow. Mais elle continue tout de même à marcher près de son maître, en silence, ne sachant pas vraiment où il allait. Elle avait eu à peine le temps de visiter la ville....
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Vieux 26/08/2005, 22h18   #88
Astaldo tarkil
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Astaldo réajusta sa pèlerine et parti d'un bon pas, entrainant Drydo à sa sutie dans les méandres de la ville.

Mon enfant tu vas me suivre dans un endroit que tu devras aussitôt oublier à jamais.
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Vieux 01/04/2007, 17h08   #89
Morfea Nwalk de Melandis
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[quête]L'invasion des ombres


Le fort... Cette grande batisse à l'allure si imposante, si brillante, venait de basculer de bord. Les prisonniers en étaient devenus les geoliers, les gardes et officiers encore en vie -ce qui était rare- avaient eux, pris place derrière les barreaux, et c'étaient désormais les hommes du sombre morfea qui gardaient l'entrée du fort que venait de franchir un homme enchainé et bien gardé : Taliesin. Le barde avait été transféré dans les geoles du fort de la cité de l'aube à la demande du nouveau seigneur de Luménis. Quatre insurgés le tenaient à leur mercie, avec pour ordre de ne pas le tuer, et de l'isoler de tout prisonnier.

C'est ainsi qu'une minuscule cellule, isolée au beau milieu d'un couloir du sous-sol mal éclairé du fort fut réservé à l'elfe. A peine deux mètres sur un mètre cinquante, une couche de paille, et un mince arc de cercle creusé dans la pierre à hauteur de plafond pour toute ouverture, voila tout le confort des nouveaux "appartements" dans lesquels Taliesin allait prendre place. Des fers au poignet, et aux chevilles, il allait désormais devoir se faire à une vie de solitude, avec pour seule certitude, celle de vivre encore un moment, son bourreau ayant spécifié aux gardes qu'ils devaient se porter garants de sa bonne santé. Et si beaucoup se demandaient pourquoi leur nouveau chef tenait tant à le garder en vie, nul ne s'aventurait plus à poser la question depuis qu'un malheureux avait eu la gorge tranchée pour avoir oser le faire.

Ainsi, le barde semblait condamner à l'obscurité et à la solitude, une forme de condamnation qui ne vallait sans doute guère mieux que la mort pour le barde qui fut vite laissé à sa solitude et à ses pensées.

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Vieux 07/04/2007, 01h19   #90
Taliesin, Grand Gourou
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[Quête : l’invasion des ombres]

Si le corps de Taliesin était retenu prisonnier dans la sordide exiguïté de sa cellule, son esprit, lui, s’en était allé vagabonder aux frontières plus sordides encore de la folie.

"Comment en était-on arrivé là ?" Telle était la question qui hantait sans cesse les pensées du barde et qui appelait toujours la même réponse, impitoyable, définitive : "Par ta faute". C’était lui qui avait provoqué la chute de Lumenis et la mort de milliers d’innocents en amenant le loup dans la bergerie… Comment la félonie de Morfea avait-elle pu lui échapper à ce point ?

La culpabilité, implacable, ne s’arrêtait pas là. Elle poursuivait son œuvre de destruction et faisait surgir à son esprit des images plus anciennes mais tout aussi horribles : celles du soulèvement manqué des esclaves de Melandis. Oh, il ne l’avait pas voulu, mais lorsqu’il s’était déclanché, il l’avait soutenu de toutes ses forces. Le prophète gris, voilà comment on l’avait surnommé… Vous parlez d’un prophète ! Un prophète qui menait les siens à la ruine, à la mort… Prophète du malheur, oui !

Bientôt surgissait également le souvenir de son maître… Hafgan… N’était-il pas parti à cause de lui ? N’avait-il pas vu les faiblesses de Taliesin, ne l’avait-il pas abandonné parce qu’il regrettait de lui avoir transmis son savoir ? Ne savait-il pas les conséquences qu’entraîneraient les actes de son élève ? Il l’avait souvent mis en garde contre son impatience… Il lui avait souvent répété que le monde était tel qu’il était, qu’on ne pouvait le changer en un instant, qu’il fallait procéder avec patience, par petites touches discrètes. Ce n’était qu’à force de persévérance que l’on pouvait améliorer les choses, et non pas par des révolutions, par des actes précipités. Mais Taliesin n’avait su profiter de ces sages conseils, il s’était laissé emporter par sa fougue.

Enfin, les traits de sa mère revenaient le hanter. Elle était morte pour le sauver. Elle était morte à cause de lui… Et la cité idéale ? Le ciel rougi par les flammes, l’odeur d’incendie… Aussi irrationnel que cela puisse paraître, l’elfe n’était pas loin de se juger également responsable de sa chute, alors qu’il n’était à l’époque qu’un tout jeune enfant… Il provoquait la mort de tous ceux qui lui étaient chers, il amenait la ruine sur tout ce qu’il tentait de sauver… Il était maudit. Non, se considérer comme maudit était une circonstance atténuante à laquelle il n’avait pas droit. Taliesin était sa propre malédiction.

Bien souvent, le barde devait se mordre les lèvres jusqu’au sang pour ne pas pousser des hurlements de désespoir et d’impuissance mêlés. Une seule chose l’empêchait encore de basculer totalement dans la démence : Morfea ne l’avait pas tué. Certes, l’explication était sans doute toute simple : le bourreau l’avait laissé en vie pour le torturer, pour jouir de ses souffrances. Et pourtant… Taliesin avait décelé chez lui quelque chose d’autre. Le demi-elfe n’était pas seulement ce qu’il laissait paraître. Il y avait une trace d’humanité en lui… Une trace étrangement familière...

"De l’humanité, chez le nouveau tyran de Lumenis, chez l’homme qui a provoqué tant de maux ? Barde imbécile ! C’est le fruit de ton imagination, ta satanée manie de voir du bon en chacun !" lui criait son esprit. "Tu te berces d’illusions pour éviter de regarder tes torts en face !"

C’était probablement vrai. Oui, ce n'était que la stricte vérité.

Et pourtant…
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Vieux 10/04/2007, 00h13   #91
Morfea Nwalk de Melandis
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[Quête : l’invasion des ombres]

Pour la première fois depuis sa prise de pouvoir, Morfea avait réussi à s'octroyer un peu de temps pour lui. Encore qu'il ne le cherchait pas forcément ; mais les faits étaient là : était-ce l'ennui, ou une frustration inconsciente ? Toujours est-il qu'il ne lui avait pas fallu plus de cinq minutes après le départ de son conseiller aux finances pour sentir en lui le sang bouillir. Cette inactivité le rongeait de l'intérieur.

Mais cet agacement qui montait à lui n'était pas le fruit d'une passivité qu'il ne vivait souvent que trop mal... non ! toutes ses pensées étaient à vrai dire tournées vers le barde qu'il avait épargné au début des émeutes. Sa main, qui, pour la première fois avait tremblé. Le bourreau s'était souvent doppé à l'adrénaline au milieu des champs de batailles ; Morfea était Homme à affronter ses peurs pour les surpasser normalement. Lui-même était incapable de pouvoir dire d'où il tenait ce caractère à frémir d'excitation à l'idée de faire face à quelque chose qu'il redoutait... Et quelque chose en Taliesin inquiétait Morfea, quelque chose qui avait réussi à lui faire perdre ses moyens ; ce qui n'était pas habituel chez lui. Et c'est donc tout naturellement que le bourreau alla trouver son prisonnier dans sa cellule, afin d'essayer de comprendre, se racheter de son erreur... et surtout se rassurer pour se prouver que rien ne se mettrait en travers de sa route.

Attrapant une monture dans l'écurie du palais, le seigneur de Luménis avait volé au galop jusqu'au fort tout proche. Plus il s'approchait du barde, plus l'excitation montait en lui. A son arrivée au fort, le bourreau avait fait le nécessaire pour se retrouver en tête à tête avec Taliesin. C'est ainsi qu'il le surprit en proie à de sombres pensées, seul, lamentablement affalé contre le mur humide de sa cellule, amorphe, inerte.


- ... Pathétique ...

Ces mots lui avaient échappé alors que son regard venait de traverser les barreaux de la cellule pour venir se poser sur son prisonnier. Le timbre particulier du bourreau avait réveillé la conscience du barde qui continuait son périple à travers ses souvenirs. Levant péniblement son visage, il contemplait son bourreau, celui qui l'avait trahi, avec des yeux qui cachaient mal la détresse dans laquelle il était plongé. Son visage était redevenu celui qui l'avait tant inquiéter durant le long périple qui l'avait mené lui, et ces centaines d'esclaves, jusque Luménis. Des yeux rouges, qui toisaient leur alter ego de haut, sans une ombre apparente d'humanité, ce grain prononcé de folie qu'on relevait tantôt dans ses yeux, tantôt dans sa voix... et pourtant ... Taliesin se mit alors à fouiller dans le regard de son interlocuteur, pour se mettre en recherche de ce qu'il avait cru déceler lors de leur dernière rencontre. Son regard devint alors perçant, si perçant qu'il parvint temporairement à mettre de nouveau mal à l'aise le demi-elfe. Se reprenant très vite, celui-ci croisa les bras et secoua la tête en ricanant

- J'avais tort de croire que tu aurais pu être un obstacle gênant ... Mon pauvre Taliesin... si tu te voyais... on dirait un pauvre mendiant qui a sombré dans la folie... je commence à comprendre pourquoi je t'ai épargné... quel gâchis c'eût été !

Le bourreau éclata alors de rire... se rassurant comme il le pouvait de ce qu'il considérait comme un acte de lâcheté... Il n'avait alors qu'une envie : partir, mais la curiosité le piquant, il continua la discussion.

- Le prophète gris ... Vois où t'ont menées tes manières. Tu es pathétique ! Tu n'es qu'un incapable... un lâche ! Ta fuite de Mélandis est un acte de lâcheté. Et je n'aime pas les lâches !

Ses yeux avaient filé sur le côté, esquivant le regard inquisiteur du prisonnier, et ses paroles avaient été lancées telles des coups de poings que la barde aurait reçu en pleine face. N'ayant pas réussi à lui ôter la vie par les armes, Morfea tentait de faire soufrir sa victime par les mots.

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Vieux 11/04/2007, 00h28   #92
Taliesin, Grand Gourou
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[Quête : l’invasion des ombres]

Les paroles de Morfea n’eurent pas l’effet escompté : s’il pensait enfoncer davantage Taliesin dans sa détresse, il se fourvoyait. En comparaison des coups terribles qu’infligeaient au barde la culpabilité et le désespoir, ses attaques paraissaient futiles… Elles résonnaient en somme comme ce qu’elles étaient : les assauts d’un homme en proie à un malaise dont il ne connaissait pas l’origine.

Le barde, plus encore qu’au moment où Morfea l’avait épargné, prit conscience de ce trouble. Il le voyait dans les yeux du demi-elfe, il l’entendait dans sa voix, il le sentait dans sa posture arrogante… Il se concentra de toutes ses forces sur cet infime espoir, cet ultime barrage à la folie, cette possibilité qu’il ne se soit pas totalement trompé en pensant que Morfea n’était pas aussi mauvais qu’on pourrait le croire.

Lentement, un sourire naquit sur le visage blême de Taliesin. Non pas narquois ou mauvais, mais au contraire emprunt de compassion.


-Et vous, Morfea, qu’êtes vous donc ? Qu’est-ce qui peut bien vous amener à quitter les ors de votre palais pour venir vous perdre en un lieu aussi sinistre ? Quelle étrange nécessité peut bien pousser le nouveau maître de Lumenis à venir contempler un si pitoyable ennemi, déjà vaincu qui plus est ?

L’elfe hocha la tête et poussa un profond soupir. Le sentiment de familiarité qu’il avait déjà éprouvé était revenu, plus fort que jamais. Cependant, il ne parvenait pas encore à l’identifier. Il fallait que l’autre se dévoile davantage…

-Quelque chose vous tourmente, je le vois bien. Une chose qui vous empêche de savourer votre triomphe... La même, probablement, qui a retenu votre bras, au camp… Pourquoi ne m’avez-vous pas tué, Morfea ? Pourquoi ce malaise que je lis en vous ?

Il doutait que le demi elfe lui réponde, bien sûr. Mais pour l’heure, son objectif était autre : il voulait déstabiliser le tyran, lui faire baisser sa garde pour, ne serait-ce qu’un instant, voir qui se cachait réellement sous les oripeaux du sanguinaire bourreau.
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Vieux 11/04/2007, 13h58   #93
Morfea Nwalk de Melandis
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[Quête : l’invasion des ombres]

Les traits du demi-elfe se crispèrent et le poussèrent à s'emporter :

- Comment oses-tu ?

Le bourreau explosait. Le tuer... voila ce qu'il allait faire. Lui montrer ce qu'il était vraiment, lui faire payer son arrogance... Passant son bras gauche à travers les barreaux, il saisit le barde par le cou et le tira violemment vers lui, écrasant le visage du malheureux contre la paroi de métal qui les séparait. Ce bras semblait posséder une force surhumaine, un vrai bras de golem pensa Taliesin. La pression de la main sur son coup commençait à l'étouffer, et il pouvait lire toute la haine dont était capable son interlocuteur. Morfea se saisit alors de son katana à l'aide de son autre bras, prêt à transpercer de part en part l'outrecuidant quand de nouveau ses yeux s'écarquillèrent, et tout en lui sembla se figer un instant... Le demi-elfe semblait complètement perdu, ses yeux, même s'ils gardaient la couleur du sang, prirent une expression de peur que le barde ne lui connaissait pas. Lachant prise, Morfea laissa tomber Taliesin au sol puis recula en titubant avant de buter sur le mur derrière lui. Poussant un long râle de douleur, il se laissa tomber au sol à quatre pattes, renvoyant ce que ses tripes et boyaux ne parvenaient plus à garder en eux sur le sol... Sa respiration s'était accélérée comme s'il venait de produire un effort surhumain. Visiblement marqué, il prit un instant pour reprendre son souffle puis soupira :

- Je te déteste... JE TE DETESTE !!!

Taliesin avait réussi son effet. Mais devant une telle scène, la peur prenait le dessus sur la conscience d'avoir réussi son coup. La crise de folie dont il venait d'être le témoin avait en effet de quoi impressionner. C'est alors que le bourreau toujours à genoux sembla se resaisir :

- Je vais...te tuer.

Dans ses yeux, Taliesin voyait un homme marqué, mais désormais déterminé... Le barde recula, avec la sensation que cette fois, rien ne pourrait le sauver. L'angoisse croissante de l'homme face à sa mort. Ce n'était rien que la 3ème fois en peu de temps qu'il attendait sa mise à mort sans rien pouvoir faire. Les orbites rouges de son prédateur le fixait...ou plutot fixait le vide. Morfea répéta alors mélodiquement avec le sourire de celui qui semblait avoir complètement perdu la raison :

- Je vais te TUER !

Généralement, un homme prononçant cette phrase se saisit d'une arme, et bien à la surprise du barde, le bourreau se saisit violemment d'une pierre verte qu'il arborait en pendentif. Quelque chose sembla alors revenir dans ses pupilles : la conscience. Taliesin comprit alors que ce n'était pas à lui que le bourreau s'adressait, il l'avait complètement occulté durant toute cette crise :

- ...Tu n'aurais pas dû !

Deux gardes que les cris de leur supérieur avait alertés déboulèrent alors dans les escaliers. Visiblement angoissés à l'idée de lui adresses la parole, l'un d'eux, le plus jeune s'y risqua pourtant après un silence pesant d'observation.

- Seigneur Nwalk ? tout va bien ?

Le demi-elfe jeta un regard noir en direction du jeune garde, se releva et rengaina son katana. Pour toute réponse, le jeune homme reçut une claque monumentale qui l'envoya valser à terre.

- De quoi j'me mêle ? Disparaissez de ma vue !

Gardant son pendentif à la main, le nouveau seigneur de Luménis tourna ensuite les talons pour revenir vers le barde. Le bourreau cachait peut être à merveille son ébranlement, mais la barde était encore assez lucide pour comprendre qu'il l'avait touché, plus profondément encore que ce qu'il avait espéré. Mais les traits de son bourreau ne lui laissaient pour autant rien augurer de bon. Il lui vouait une haine féroce et avait visiblement l'air décidé à le lui faire payer

- Tu me poses des problèmes le barde... mais ne crois pas t'en tirer à si bon compte ! Un rictus se dessina à nouveau sur son visage et ses yeux se plongèrent longuement dans ceux de son prisonnier Je devrais te tuer ... mais je t'ai trouvé une utilité... tu vas me servir...

Sur ces paroles, le bourreau se dirigea vers les escaliers pour remonter. Il semblait avoir retrouvé tous ses moyens et son assurance, et cette fois c'est lui qui laissait son interlocuteur en plein doute... Cette scène allait longuement occuper l'esprit du barde qui, pour le coup, avait oublier ses sentiments de culpabilité... du moins l'espace d'un instant...

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La mort est mon seul guide
La haine mon essence
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Vieux 17/04/2007, 17h41   #94
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[Quête : l’invasion des ombres]

L’entrevue mouvementée avec Morfea occupa les pensées de Taliesin bien longtemps après le départ de ce dernier. Il cherchait sans y parvenir à donner un sens à cette étrange scène, à cette bizarre succession de paroles, de gestes, d’attitudes. Tout cela lui faisait l’effet de pièces de puzzle qu’il n’arrivait pas encore à assembler en un tout cohérent. Pourtant, il essayait de toutes ses forces, conscient que cela lui permettait d’écarter un moment de son esprit les terribles aiguillons de la culpabilité et de l’impuissance.

Un homme qui paraît se parler à lui même, qui semble se menacer… Une pierre verte serrée presque frénétiquement, comme si elle redonnait de la force, de la lucidité… Et puis un sentiment de familiarité qui, plus que jamais, s’était imposé au barde. Morfea lui rappelait quelqu’un… Mais qui ? Un instant, une image s’était faite jour dans son esprit. Un souterrain, une grotte ? Il n’aurait su le dire car, sitôt apparue, la vision se dissipa, et il ne put la ramener malgré tous ses efforts de concentration.

Enfin, les dernières paroles prononcées par le bourreau revinrent le frapper.
"Je devrais te tuer ... mais je t'ai trouvé une utilité... tu vas me servir.." Qu’avait-il voulu dire ? S’il escomptait que Taliesin travaille pour lui, il pouvait avaler sa fichue pierre et s’étouffer avec. Mais l’elfe sentait bien que son avis n’entrerait pas en ligne de compte….

Dans la pénombre humide de sa geôle, Taliesin frisonna.
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Vieux 04/05/2007, 01h27   #95
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[Quête : l’invasion des ombres]

Une semaine s’était écoulée depuis l’étrange visite de Morféa. Taliesin avait passé tout ce temps seul, à l’exception des passages quotidiens des geôliers qui lui apportaient sa maigre ration de nourriture et le gratifiaient au passages d’insultes diverses. L’elfe n’en avait cure : il était bien trop occupé à ressasser les éléments de son entretien avec le nouveau tyran de Lumenis. Mais ses réflexions n’aboutissaient à rien : si parfois la réponse au mystère lui paraissait proche, elle s’éloignait bien vite, le laissant se perdre vainement en multiples conjectures.

Il en était encore là lorsque la porte de sa cellule s’ouvrit brutalement et qu’un garde s’avança.


-Debout ! dit-il en gratifiant le prisonnier d’un vigoureux coup de pied dans les côtes. Le Seigneur Nwalk te fait mander.

L’elfe se releva tant bien que mal et l’homme s’affaira aussitôt à détacher ses chaînes.

-Que me vaut cet honneur ? s’enquit le barde tandis qu’on l’entraînait dans le couloir.
-T’aimerais bien l’savoir, hein ? Avec un peu de chance, il aura décidé de mettre un terme à ta misérable existence ! Tu d’vrais lui être reconnaissant.

On traîna Taliesin dans la cour du Grand Fort où l’attendait un contingent de soldats entourant un fourgon de prisonnier. Celui-ci se mit en route dès que le barde y eut été poussé sans ménagements et prit à vive allure la direction de l'Université de la Magie. Quelle que fut la raison de sa convocation, Taliesin n’allait pas tarder à la découvrir.
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Vieux 24/05/2007, 02h09   #96
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