Baldur's Gate et Dragon Age | La Couronne de Cuivre
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La Grande Bibliothèque Impériale
Les rayonnages de la Grande Bibliothèque Impériale vous proposent les plus beaux récits. Vous êtes vous-même auteur à vos heures perdues ? N'hésitez pas à proposer vos oeuvres. Qui sait, vous aurez peut-être votre forum.

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Vieux 06/04/2007, 01h12   #1
Kasumi, Aventurier
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Bruts, livrés hors contexte, à vous d'inventer l'histoire qui va avec, voici quelques-uns de mes poèmes.

Rédemption

Songeur voyageur en son ailleurs intérieur
S’enferrant dans le chant racoleur
Des sentes en sauvages détours,
Vers sa profondeur que nulle ne déplore.
Aux jardins sans allées ni retour,
En quête de remords en ce factice décor.

Des visages gris masqués de doute,
Souvenirs en compagnies susurrantes ;
De fabuleuses images refluant en déroute,
Dissoutes, explorées, étouffantes.

Qu’on déforme ses dires,
Le passé ne saurait se trahir :
Ce qui a été le sera à jamais.
Des tréfonds, il sait rejaillir
En maussade source de jais ;
Encre obscure que même l’avenir
Ne saurait qu’un instant ternir.

Qu’on le bénisse ou maudisse,
Rien n’égalera l’étrange supplice
D’un passé un peu trop complice.

***

L’Acceptation

Fragment par fragment, l’art agissant,
Plus et moins qu’un roc agonisant.
Laissant agir le vent, porté par son courant,
Se révélant sans un signe auparavant,

N’être qu’un être doué de raison.
Presque un pari en cette saison,
Façonné par la vie et son poison,
De celui qui mûrit la guérison.

C’est ainsi qu’aujourd’hui,
J’entrevois enfin qui je suis,
Sans dédain, grâce à autrui.

Sans trop m’en faire, sans prières :
Dans ces Paradis, que des frontières.
Toutes les routes mènent au même cimetière.

__________________
A l'affiche : Kasumi (#990066), Chandara (#FF4040),
Dans : L'invasion des ombres, La fin de la suprématie.
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Vieux 06/04/2007, 10h05   #2
Lies de Lumenis
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Rah c'est triste ! Faut écrire des choses gaies comme moi par exemple *quoi j'suis pas crédible ?!*

J'aime bien tes deux poèmes Le premier me fait penser à un homme ayant perdu sa femme (morte ? elle l'a quitté ?) et le deuxième à quelqu'un qui cherche son chemin, un être voué de raison donc qui n'accueillent ni la rêverie ni l'amour dans sa vie.

En tout cas ils sont très beaux Continue
__________________
Tu manques...

Les mots que l'on n'a pas dits sont les fleurs du silence. {Proverbe japonais}

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Vieux 06/04/2007, 14h00   #3
Kasumi, Aventurier
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Originally posted by Lies@vendredi 06 avril 2007 à 09:05


J'aime bien tes deux poèmes Le premier me fait penser à un homme ayant perdu sa femme (morte ? elle l'a quitté ?) et le deuxième à quelqu'un qui cherche son chemin, un être voué de raison donc qui n'accueillent ni la rêverie ni l'amour dans sa vie.

En tout cas ils sont très beaux Continue
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Merci, voici soudain un être sensible
Flânant dans le jardin de mes mots.
Quel honneur, quel bonheur indicible
Pour toi, voici quelqu'autre matériau :

Le loup achevé

La fin de l’automne. Lentement, tout autour de nous, la forêt s’abandonne.
Elle tire à elle sa couverture de feuilles craquantes sous nos pas monotones.

La sérénité. Parmi nous, partout sur notre trajet.
Je le sens dans les géants qui perdent peu à peu leur parure colorée.
Ils s’apprêtent à leur longue garde ensommeillée.
Je le vois dans la marche souple et détendue de mon maître, du maître de la forêt.
Même nos proies, d’ordinaire aux aguets se laissent peu à peu gagner
Par la langueur des choses et des êtres qui partagent nos sentiers.

La liberté. Je m’abandonne au doux rythme de nos pas emportés.
Je pourrais me retrouver en un instant à la lisière du monde apprivoisé.
Là où des territoires inhospitaliers s’étendent en champs cloisonnés.
Point de limite à la portée de mes évasions sinon celle d’un doux regret.
Celui d’abandonner un instant la chaleur et la proximité de mon foyer.

L’appréhension. De contrées qui me sont étrangères, nous nous approchons.
Finis les hautes futaies et les corps renversés gisant de tout leur long,
Victimes du temps ou de la colère des éléments, mais encore garants de notre discrétion.

L’enseignement. Chaque jour depuis le commencement.
Depuis la douce moiteur de l’abri de mes mères à la première caresse du vent.
Des dernières joutes endiablés à mes premiers échecs cuisants.

****
L’incertitude. Je suis gardienne de ce troupeau. Cette tâche qui devait m’emplir de quiétude.
Au lieu de cela, ces masses bêlantes ne font que susciter mon inquiétude.
Comme je me sens abandonnée parmi leur multitude.
Ils ne pensent pas, jamais ne songent à briser les chaînes de leur servitude.
Je porte leur laine qui ne réchauffe en rien mon cœur pétrifié par l’habitude.
En rien l’absence de mes semblables ne m’apporte la plénitude.
Si seule même entourée des miens, si seule en cette clairière glacée et rude.
Rien. Personne ni ici ni chez moi pour combler le vide de ma solitude.

L’ennui. Le cours de mes pensées qui subrepticement se tarit,
Ma conscience progressivement engloutie.
Qui suis-je ? Où suis-je ? Que fais-je là ? Qui…
Mes regrets, les souvenirs assombris, mes désirs enfouis
De mes secrets, de mon passé, il ne reste rien, je m’adonne à l’oubli.
Mon esprit glisse vers quelque rêverie…

La proximité. Comment ? Quel tour est-ce là ? Est-ce en moi ? L’ai-je créé ?
Mon imagination me ferait-elle voir ce que j’ai si ardemment désiré ?
Quelle cruauté ! J’avais cru un instant ressentir une présence dissimulée.

Le frisson. Le ciel peu à peu me menace à mesure que se couvre l’horizon.
La paisible prairie céleste de l’après-midi est soudain assaillie par une noirceur hors saison.
Les ombres s’allongent, étendent leurs doigts griffus avides de ma raison.
Les premières gouttes de pluie, éclaireuses éparpillées m’arrachent à mes méditations.
Elles lèchent mon visage, ma peau de leur cruelle froideur, sans aucune hésitation.

Le pressentiment. Je cherche un abri de mes yeux en un va et vient incessant.
Où me cacher de la fureur des éléments ?
Quand soudain me frôle un regard évanescent.
Encore cette fuyante présence. On m’observe, je le sens.
Une tension soudaine m’anime soudain, une terreur à glacer les sangs.
Le soir ? La solitude ? L’ondée ? La cause de mon trouble échappe à mon entendement.

****
Le retour. Plus rien ne nous retient ici, rentrons chez nous sans détour.
La fraîcheur se fait soudain sentir, hérisse nos fourrures en cette fin de jour.
Nous partons, nos pattes engourdies se tournent vers notre foyer de toujours.

****
Les errements. Je n’ai pas rêvé, ils étaient là, je le comprends à présent.
Ces lumières jumelles m’ont fait frissonner occultant jusqu’au froid mordant.
Leur reflet doré embrasant, brûlant, interrogeant.
Etait-ce de la peur ? Non ! Je ne les crains pas, ils ont été si déférents.
Ils m’ont observé, jaugé, jugé. Sans un seul mouvement.
Ils ont percé ma chair pour partager mes sentiments.
J’étais isolée, pourquoi ne se sont-ils pas fait assaillants, mordants, déchirants ?
Non, je me trompe, je n’étais plus seule en ce fugace instant.

La haine. D’autres les ont sans doute détectés sans peine.
Les hommes se sont éveillés ce matin, une joie féroce s’écoulant dans leurs veines.
Une lueur de malveillance dans leurs yeux, déformant la scène.
Ils viennent chercher le prix de leurs doutes, des appréhensions qui les malmènent.
Triste absurdité, inimitié viscérale, vertige belliqueux sont-ce là ce qui les enchaîne ?

****
Courir. Il me faut les prévenir ! Les enjoindre de partir.
Vite vers leur sanctuaire sacré. Ils m’y attendent en futurs martyrs.
Je dois les faire fuir, ils ne doivent pas mourir.

Pourquoi nous jette-t-elle des pierres alors que son cœur ne cesse de nous appeler ?
Une promesse d’amitié, un effort pour nous approcher,
Et pourtant la voilà qui nous supplie de la quitter, de nous en détourner.

****
L’animosité. Ils nous ont déclaré une guerre qu’ils sont seuls à mener.
Eux qui ne chassent que pour obtenir de nouveaux trophées.
Nous ne faisions que prélever de quoi nourrir nos ventres affamés.
Eux sont venus pour piller notre forêt, en débusquer les moindres raretés.

***
La fureur. Tonnerre surnaturel. Pluie de mort et de rancœur.
La peur. Fuyons ! Qu’ils ne nous retrouvent jamais ! La fulgurante douleur.
Je l’endure, écho de toutes mes peurs. Lentement je me meure…
Je suis terrassé. NON ! Ce n’est pas moi que le destin a frappé au cœur.
Mon frère. La part de vide en moi, celle empreinte de malheur.
La mort a volé notre candeur de sa froide aigreur.

Le désespoir. Il s’est éteint, toute chaleur s’écoulant dans l’air frais du soir.
La forêt est à jamais souillée tout comme nos frêles espoirs,
De voir un jour s’inverser le cours de notre folle histoire.
Comment croire au printemps après pareils déboires ?
Le ciel aussi prend le deuil et se pare de ses atours les plus noirs.

Le déchirement. Un râle d’agonie et son dernier soupir s’est enfuit parmi la plainte du vent.
Le même courant qui toute la nuit portera nos hurlements mêlés en un chant vibrant.
Ce funeste et dernier éloge à la partie de notre être qui nous fut arrachée si brusquement.





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