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La Grande Bibliothèque Impériale ![]() Les rayonnages de la Grande Bibliothèque Impériale vous proposent les plus beaux récits. Vous êtes vous-même auteur à vos heures perdues ? N'hésitez pas à proposer vos oeuvres. Qui sait, vous aurez peut-être votre forum. |
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| | #51 |
| Minotaure ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() | Pas gand chose à redire, cette fois. Ce passage est très bien mené, agréable à lire du début à la fin. Premiers échanges entre apprentis escrimeurs et professeur, les personnalités se dessinent. Pas le temps de faire un commentaire plus poussé, mais c'est franchement bien.
__________________ Les Neiges des Darkanisses. Onze chapitres postés. Arrêt de diffusion sur le net, pour suite et texte réorganisé, MPéez moi Mon moi RP; La Naissance du Maudit ; L'Invasion des Ombres Amis métalleux, venez visiter mon petit blog de chroniques métal |
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| | #52 |
| Gnoll ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() | merci désolée d'avoir mis tant de temps à répondre, toujours quelques problèmes d'accès à un poste informatique :..: voici le chapitre 5 : 5 - Où l’on rencontre un membre du peuple Espérantin Nivelle n’avait pas oublié les exigences d’Irina de Cotille. Elle devait apprendre les rudiments du falaisien, et l’histoire de Lysence. Elle n’en connaissait que l’épisode du mythe fondateur de la religion des Prédicants. Et encore… elle se remémora cette soirée passée devant Elios, au coin du feu. Elle se rendit compte qu’elle voulait à présent en savoir plus, ne serait ce que pour mieux comprendre les intrigues viniciennes. Joseph ne l’attendait pas devant la porte de sa chambre après le déjeuner. Elle redescendit le Grand Escalier. Elle ignorait si le Seigneur Etienne se trouvait dans le Palais ou non. Quant à demander à Maître Irina ou à Davi où est-ce qu’elle pouvait étudier… Elle secoua la tête. Suivant ses pas, elle se retrouva bientôt devant l’une des percées dans les remparts qui encerclaient le château et son parc. Un garde seulement contrôlait les entrées et les sorties. Nivelle s’arrêta juste au milieu du porche. Devant elle s’étalait le dédale infini des toits de tuile. Elle sourit, ne comprenant pas comment ces gens faisaient pour vivre ainsi si près les uns des autres ! Elle se risqua à s’approcher du garde. Il sourit à son accent. Elle inspira for-tement, sentant qu’elle était prête à s’énerver encore. Ses nerfs s’exprimaient rapidement ces derniers temps… Ce voyage l’avait changée plus qu’elle ne le concevait. Ici, elle était cons-tamment sur la défensive… - Je ne comprends pas ce que vous cherchez, dit le garde. En effet elle-même ignorait comment décrire ce qu’elle désirait trouver. - Une… elle se souvint comment Elios nommait ce meuble où il rangeait ses grimoires –les seuls livres de tous les Monts Tannés. Une Bibliothèque ? essaya-t-elle. - Ah, la Bibliothèque ! reprit le soldat. Elle est en dehors du palais, dans la rue des Horlo-gers. C’est le début du quartier artisan. Fais le tour de l’enceinte par la droite, tu la verras, c’est grand. Nivelle le remercia d’un léger grognement et fit ses premiers pas dans les ruelles de la capitale. Elle s’éloigna dans les petites rues tout en gardant le pur protecteur dans son champ de vision. L’espace d’une rue se réduisait à peu de choses, car souvent passaient des cavaliers criant pour rabattre les piétons sur les côtés. Des carrioles tenaient de s’engouffrer parfois, mais souvent elles s’avéraient trop larges. Nivelle échappa à un seau d’eau sale : au premier étage d’une maison, une ménagère le déversa juste une seconde après que la jeune fille fut passée sous sa fenêtre. À l’odeur, peut-être même était-ce un pot de nuit qui traînait… Les rues arboraient une saleté parois affligeante. Des chiens et des chats errants vagabondaient le long des pavés. Pourtant, c’étaient des hôtels des familles nobles qui bordaient ces rues. Pas de miséreux si près du palais royal ! Aucun mendiant ne réclamait sa pitance quotidienne à la bonne volonté du peuple, assis dans une flaque d’eau boueuse, appuyés contre un mur au dé-tour d’une ruelle. Ils n’étaient tolérés que dans les quartiers plus reculés de Vinicia. En dépit de la saleté, du bruit et du monde, Nivelle découvrait dans cette ville tant haïe un certain bonheur de vivre. La foule, malgré ses défauts, témoignait d’un dynamisme contras-tant avec le désert qu’était la rue de Lourdes. Les personnes croisées n’étaient jamais seules. Elles se rendaient toujours quelque part… Les grandes et hautes bâtisses lui montraient un nouveau mode de vie, de pensée, et cette nouveauté qui lui avait tant fait peur commençait à la séduire et à la griser… Elle atteignit la Grande Bibliothèque. « Grande » parce que ce qualificatif était incrusté dans le bois de la porte d’entrée. Nivelle monta les marches, s’attendant à tout moment à ce qu’on lui interdise l’entrée. Personne ne l’arrêta. Elle pénétra dans la pièce suivant l’entrée, et contempla le spectacle auquel elle s’était attendue. Des rayonnages et des rayonnages de livres, baignés dans la lumière filtrée par les hautes fenêtres vitrées. Elle s’avança près d’une des étagères, prête à saisir un livre au hasard pour s’y plonger sans retenue, lorsqu’un vieil homme, tout agité de tics, s’approcha d’elle. - Que cherchez-vous, Mademoiselle ? - Je veux étudier l’histoire de Lysence, dit-elle. Voyant qu’il avait remarqué ses anneaux et que les tics parcourant son visage redou-blaient de violence, elle ajouta : - Je viens de la part de Maître de Cotille. Vous savez qui elle est, bien sûr… ? - Bien sûr, susurra l’archiviste à contrecœur. L’histoire de Lysence, hum ? Quelle pé-riode ? Le Bas Empire ? Les guerres extérieures ? La dynastie Quentin ? Le… - Le début, l’interrompit Nivelle. Le début. - C’est-à-dire ? fit-il de ses lèvres pincées. Qu’entendez-vous par là ? - Avant l’Unificateur, répondit-elle après un court instant de réflexion. - Cela n’existe pas. Les récits ou témoignages narrant la période avant l’unification sont interdits. Il se mit à battre du pied, consciemment ou inconsciemment, volontairement ou involon-tairement, Nivelle l’ignorait. Peut-être était-ce signe de son impatience face à elle, ou de son indignation pour cette censure historique. - Alors après. Juste après. Elle se sentait gagnée par la nervosité du vieil homme. Il ne prononça pas un mot de plus. Heureusement, soupira-t-elle. Il la conduisit jusqu’à une allée un peu plus loin, faisant grincer au passage les lattes du plancher verni, et la planta devant une étagère pleine à craquer. La plupart des précieux livres délivraient leur savoir par une écriture manuscrite, d’autres étaient déjà en imprimés. Cette technique venait de alaise, e l’autre coté de la mer. Elios ne possédait pas de ces livres à l’écriture impersonnelle. Nivelle porta donc son choix sur l’un d’eux dont le titre annonçait Le premier fils de l’Unificateur. Elle chercha un coin où s’installer et étudier. Elle aperçut entre les étagères, à l’autre bout de la rangée, Thoumas De-lème-Antibe, accoudé à une table et entouré d’une pile de livres. Il paraissait concentré. Ni-velle pencha la tête afin de lire sur la tranche ce qui intéressait tant le jeune homme. Elle vit que le pot « diplomatie » se répétait dans tous les intitulés. Certainement, après son échec dans le tournoi organisé par Maître de Cotille, il s’était dirigé vers ce domaine de compéten-ces… Thoumas se rendit compte de la présence de Nivelle. Il lui jeta un regard étonné, incré-dule, comme s’il ne pouvait croire qu’elle sût lire. Il fit un geste pour se lever puis se ravisa, estimant que ce n’était pas le lieu pour déclencher une rixe quelconque. Il se replongea dans ses ouvrages, aussi Nivelle poursuivit-elle son chemin pour s’asseoir à une table un peu plus loin. Le premier fils de l’Unificateur racontait le règne du premier roi à être monté sur le trône après la mort du dieu des Prédicants. Les intrigues au palais tenaient apparemment d’une lon-gue tradition : ce roi avait fait évincer le seul fils de l’Unificateur pour prendre sa place légi-time et s’était fait reconnaître par la population de sorte que les premiers Prédicants ne puis-sent pas contester son autorité… Nivelle le lut jusqu’au bout mais inquiète de ne pouvoir tout retenir, elle s’y attarda longtemps. Le même homme qui l’avait accueillie vint la prévenir que la Bibliothèque fermait. Elle rangea le livre et sortit. En un coup d’œil à la couleur du ciel, elle estima que la dernière chandelle de l’après-midi devait toucher à sa fin. Elle prit le chmin du retour vers la grande porte du palais, passant par les rues annexes. Elle arriva dans une rue un peu plus large que les autres. À son extrémi-té, un regroupement d’une quinzaine de personnes s’était formé, et ils s’agitaient fortement. Intriguée, Nivelle s’approcha. Elle savait qu’une foule énervée pouvait s’avérer dangereuse. Les cris et les vociférations semblaient se diriger vers le centre du cercle… Nivelle profitant de sa petite taille se faufila entre les badauds. C’était une frêle petite fille qui concentrait la colère de la foule. Nivelle identifia aussitôt d’où elle venait : vêtue d’habits jaune soleil et rouge feu, la peau blanchâtre, elle faisait partie du peuple Espérant. Deux tresses brunes tombaient de chaque côté de son petit visage mutin. Nivelle essaya d’écouter ce que disaient les voix grondantes, pour deviner ce dont on l’accusait. - Sale étrangère ! - Fille du démon ! - Elle m’a volé des tartes et du pain ! criait un boulanger rouge et gras. Ce fait, anodin en soi, semblait être l’élément déclencheur de la vindicte populaire. Nivelle comprit que la ga-mine avait été oubliée par sa famille lors du départ des Espérants quelques jours plus tôt… Elle n’avait dû trouver comme moyen de survivre que le vol… Prise de pitié, Nivelle avança pour aller aider l’enfant lorsqu’un caillou jaillit de la foule, atteignant l’Espérantine à la main. Ses larmes s’accompagnèrent de gémissements de douleur. Si Nivelle fut retenue une seconde de plus, ce fut à cause de son incompréhension et de son indignation qui redoublèrent de violence à la vue d’un soldat, de l’autre côté du cercle, demeurant impassible. La jambe de Nivelle reçut la seconde pierre. Elle entoura la gamine de ses bras et l’aida à se relever. - Qui est-elle ? vitupéra la foule. Ils s’agitèrent davantage, mais les cailloux cessèrent de fuser. Nivelle jeta un œil vers le soldat royal, il s’éloignait. Puis elle tenta de passer à travers la foule. Au début, les hommes et femmes formant la première rangée étaient si surpris qu’ils s’écartèrent. Mais on prit cons-cience que la proie et s’échappait, et les rangs se resserrèrent. Nivelle hésita à utiliser le feu pour les forcer à se reculer, mais craignait d’effrayer davantage encore l’Espérantine qui était secouée de sanglots et peinait à marcher. Soudain, elle sentit l’espace autour d’elle se déga-ger. - Vas-y. Elle leva la tête vers celui qui permettait leur fuite de sa haute stature. - Où habites-tu ? demanda-t-elle précipitamment, n’osant croire à ce hasard. - Rue Montfranc. Dans le quartier des artisans. Au sud-est de la ville. Elle le remercia d’un signe de tête. L’échange n’avait duré qu’une seconde. Elle tourna le dos à Olivier et, tirant la petite par la main, se mit à courir en direction du palais. Certains tentèrent de les poursuivre mais la foule se déplace difficilement. Aussi les gens se dispersèrent-ils et Nivelle rentra sans difficulté dans l’enceinte du château. Les problèmes l’attendaient à l’intérieur… Un comité d’accueil, composé de deux Prédicants et d’un soldat gradé –elle n’aurait su dire s’il s’agissait d’un caporal ou d’un colonel- aux visages sévères la laissèrent s’approcher. Un peu plus loin, Nivelle entrevit le soldat qui s’était mêlé à la foule… L’Espérantine se resserra contre Nivelle, pressentant que ces messieurs n’étaient pas de son bord. Le premier Prédicant fit l’effort de se présenter : - Je suis le Père Alaart. On nous a prévenu que vous aviez soustrait cette… fille à l’ire populaire, c’est bien cela ? - Ils allaient la lapider ! s’écria Nivelle, déjà pleine de colère. Le regard du Prédicant s’attarda sur ses boucles d’oreilles. - Vous êtes Nivelle Guise ? - Oui, répondit-elle étonnée. - Bien… L’expression de son visage se montra plus sévère encore –si c’était possible.- Cette étrangère est une voleuse. Elle a lésé un habitant honnête de Vinicia.. - C’est une enfant ! cria Nivelle. La panique qui la gagnait peu à peu dût se sentir dans sa voix : la gamine se remit à pleu-rer convulsivement et les deux autres hommes s’avancèrent. - C’est une enfant, répéta l’autre Prédicant. Mais elle n’a pas foi en l’Unificateur. Elle se-ra donc punie doublement. Et soyez certaine, mademoiselle, qu’il vous arrivera la même chose au prochain écart. Nivelle ne montra aucun signe de peur à l’écoute de cette menace. En revanche, réalisant qu’elle ne pourrait aider la fillette à rejoindre son peuple, ses grandes émeraudes se ternirent devenant sources de rivières de larmes. L’Espérantine s’agrippa à la tunique de Nivelle mais le colonel –ou caporal- l’en arracha et la tint fermement dans ses bras. Les deux Prédicants lancèrent un dernier regard à Nivelle, comme pour la défier de protester. Celle-ci se raidit, prête à se battre. Elle fit un pas vers les Prédicants qui s’éloignaient, lui tournant le dos. Une main se posa sur son épaule. Elle se retourna, arborant un air féroce mais ravagé par la tristesse et l’impuissance. - Ils sont plus forts, dit Davi. - Comment peut-on accepter ça ? ! Son expression se raidit. Il faisait bien une tête de plus qu’elle. Une légère brise balançait ses mèches noires au même rythme que la crinière blonde de Nivelle - On ne peut pas l’accepter. - Alors lâche-moi. Il relâcha son emprise sur l’épaule de la jeune femme. - Tu t’y prends mal, dit-il. Il était dangereux de l’amener au palais. Mais tu ne pouvais pas savoir. Agacée par son calme, Nivelle répliqua : - Mais je ne demande qu’à savoir ! Le vent se mit à souffler plus fort. La nuit approchait à grands pas. Dans le palais on al-lumait les bougies des grands lustres. La fontaine du bassin continuait à cracher son éternel jet d’eau luisante. - Tu ne peux pas tout apprendre d’un coup, répondit Davi. Nivelle soupira puis sourit à cette remarque si vraie. - Que va-t-il lui arriver ? demanda-t-elle enfin en séchant ses larmes. - Ils vont la faire fouetter. Les Prédicants vont assouvir leurs besoins… naturels sur elle. Puis ils l’abandonneront hors des murs de Vinicia. Estomaquée, Nivelle se mit à trembler. - Et tu m’as empêchée de… - Tu ne faisais pas le poids. Ça leur aurait donné une raison de te faire subir le même sort. Pour l’instant, ils ne t’ont rien dit car tu es une Tribut, tu appartiens au roi. Mais ils n’attendent que la bonne occasion. Elle ne répondit rien. Elle mesurait l’ampleur du cauchemar dans lequel elle s’était jetée. Quand sa mère lui disait de se méfier des villes… Peut-être avait-elle anticipé l’accueil que l’on ferait à une Druidesse ? - Je te raccompagne à ta chambre. Cette histoire aura déjà fait le tour de la cour. On va te regarder. Elle haussa les épaules, incapable d’ajouter un mot.
__________________ 15 mai - 1er juin : internet par très grande intermittence ... ! Les Trois erreurs de la Reine Les Sillages |
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| | #53 |
| Minotaure ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() | Désolé, j'ai mis pas mal de temps à lire, je suis assez chargé en ce moment. Petit bilan vite fait de ce passage. Je le trouve un peu maladroit. Je comprends ta volonté de plaçer un incident pour charger un peu plus les Prédicants, mais ici cela fait encore un peu cet effet "ficelle d'auteur" qui arrive chez énormément d'auteurs dans notre genre. Car contrairement à certains passages (je pense au choix de Nivelle particulièrement, de protéger ses amis, qui était un moyen bien plus surprenant que celui de la faire tireer au hazard) qui font pour moi office du meilleur de ce que tu as déjà produit, tu retombes ici dans le prévisible. Tu préçipites les choses une fois de plus: la première sortie de Nivelle se solde immédiatement par un incident implicant les Prédicants. C'est un peu façile. pour moi, je pense qu'installer une certaine routine serait judicieuse avant de se jeter tête la première dans l'intrigue., laisser Nivelle faire trois ou quatres allers et retours entre la bibliothèque et le palais, avant de mettre en avant l'incident. Simplement parce qu'il brisera une relative monotonie, au lieu de jaillir dans une succession de découvertes (le dîner et sa révélation, l'entraînement et son Davi mystérieux qui donne un nouvel élément d'intrigue à la fin, puis cela, puis...). Cela tue un peu la force du passage, à mon avis. Et puis, c'est un peu attendu, mais cela je ne te le reproche pas vraiment, c'est toujours difficile d'éloigner l'attendu. Cependant, il manque ici une touche d'originalité qui ferait passer la pillule, comme celle que tu as déjà montré, justement pour ce passage du départ choisi de Nivelle. Sinon, la première partie du passage est de bonne qualité, simple mais efficace. J'aime beaucoup la manière dont tu développes les relations d'amour-haine entre Nivelle et Lysence, qu'on voit pour elle à la fois comme un monde étrange et distant, dont il faut se protéger, mais qui attire et fascine malgré ses préjugés. On le voit bien par exemple dans la manière dont Nivelle s'éduque. Elle ne montre pas de répugnance à s'éduquer sur Lysence, et montre au contraire une envie d'apprendre plutôt développée. C'est là une des grandes qualités de ton écrit, car tu évites de tomber dans le piège des stéréotypes: les lysenciens sont des êtres humains, qui ont leurs défauts, mais aussi leur qualités (si leur forme d'éducation est orientée par les prédicants, elle a tout le moins le mérite d'exister, ce qui n'est visiblement pas le cas à Lourdes), et on n'a pas l'univers hostile caricatural que l'on trouve dans certains romans peu travaillés. Donc, un passage à la fois bon et plus contestable. J'attends la suite .
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| | #54 |
| Tasloï ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() Date d'inscription: juillet 2005 Localisation: Seppois
Messages: 88
| voilà j'ai lu d'une traite tous les chapitres postés à ce jour. Mis à part les petites fautes de français à fréquence d'une par chapitre ( c'est déja pas mal vu la quantité écrite ) et des passages plus-vite-que-la-lumière entre une narration omnisciente et une narration relayée par les pensées de Nivelle, c'est un sans faute. Tu viens d'acquérir un nouveau lecteur régulier ( faudrait que je lise tes autres créations d'ailleurs) . |
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| | #55 |
| Gnoll ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() | > à Mekren : merci toujours pour ces commentaires on ne peut plus instrucitfs. Je crois que je commence à comprendre vraiment quels sont les défauts dans ce que je raconte, j'enregistre bien tout ça au fond de ma ptite tête pour ne pas tomber dans les mêmes erreurs la prochaine fois. C'est pas évident d'aller contre ces défauts récurrents mais je ferais de mon mieux. Merci toujours en tout cas Mais j'ai bien peur que pour l'instant il n'arrive plein d'aventures successives à > a Narayan : merci aussi d'avoir eu le courage de tout lire jusque là, et j'espère que ça te plaira assez pour que tu continues ? 6 - Où Nivelle découvre l’équitation, les robes et quelques pas de danse Une fois le choc passé et l’Espérantine se muant peu à peu en souvenir dans sa mémoire, Nivelle se rendit compte que cette mésaventure l’avait rapprochée de Davi. Désormais, il lui parlait durant les leçons de Maître Irina –de cette façon, Nivelle apprit qu’elle était sa tante. Il finit aussi par accepter de lui faire visiter le château. Elle découvrit que derrière sa rigidité et son attachement aux principes il possédait un véritable caractère. Cette amélioration dans son quotidien ne lui faisait pas oublier sa rencontre avec Olivier. Malheureusement, elle ne trouvait jamais le temps suffisant pour aller lui rendre visite… Quelques semaines après l’arrivée des Tributs à Vinicia, Maître Irina alterna les leçons d’escrime avec des cours d’équitation. La tente de Davi leur avait donné rendez-vous aux écuries. Toujours en avance, Davi et Nivelle allèrent admirer les chevaux. Nivelle dont les yeux passaient à peine au-dessus de la porte des stalles, avait presque peur des paisibles animaux. - Qu’est-ce qu’ils sont grands ? s’exclama-t-elle. - Tu n’avais jamais vu de chevaux ? s’étonna Davi. - Bien sûr que si ! rit la jeune fille. Enfin, un surtout. Elle lui décrivit l’étalon gris pommelé du Capitaine Digne. - Si on lui disait que je m’apprête à monter sur un cheval… je crois qu’il en tomberait malade ! Elle rit. Il sourit. Maître Irina et les deux autres élèves arrivèrent. Pendant qu’Irina expliquait à Bertaut, Agace et Nivelle comment seller leur monture, Da-vi avec bien sûr déjà terminé. Nivelle lui fit un clin d’œil. Il se contenta de sourire. Une fois perchée sur une belle jument baie, Nivelle mal à l’aise lui fit faire quelques pas dans le parc. Agace paraissait mieux garder son équilibre que l’apprentie druide mais Bertaut, qui n’avait pas perdu un gramme depuis le début, était plus en difficulté. Irina les observa quelques minutes. Elle demanda à Davi de s’occuper de Bertaut et d’Agace et s’approcha de Nivelle, elle-même montée sur un étalon gris qui lui obéissait au moindre souffle. - Tiens-toi droite, ordonna Maître de Cotille. Nivelle se redressa. - Dis-moi, fit Irina avec une circonspection qui ne lui était pas habituelle, tes… pouvoirs, pourraient-ils t’aider pour chevaucher ? - Je ne sais pas, dit Nivelle, fronçant les sourcils. - Et bien essaye. Et Maître de Cotille donna une grande claque sur la croupe de la jument de Nivelle. L’animal se cabra légèrement, surpris, puis s’élança. Nivelle eût le temps d’entendre Davi crier quelque chose à sa tante. Puis elle ne put penser à autre chose qu’arrêter sa monture. Ignorant totalement ce qu’elle devait faire, elle tira brutalement sur les rênes. La jument n’apprécia guère cette nouvelle douleur et Nivelle se retrouva à terre. Elle tenta de se relever, Davi était déjà là pour l’aider. - Ne te met pas debout trop vite. Il vérifia si elle s’était cassé quelque chose. Nivelle le laissa faire bien qu’elle sut qu’elle ne s’était pas blessée. Puis il l’aida à se remettre sur pies. Maître Irina, toujours perchée sur son étalon, avait récupéré la jument de Nivelle et arrivait au pas. - Qu’est-ce que vous souhaitiez voir ? demanda Davi. Sa politesse même était glaciale. - Voir si elle montrerait ses pouvoirs si elle y était forcée. Je l’ai vue parler avec ce chat, dit Irina comme si c’eût été un chef d’accusation. Elle pointait du doigt Joseph, qui se promenant dans le parc avait dû voir la chute de Ni-velle et attendait, inquiet. Davi restait bouche bée, sourcils froncés et lançait des regards interrogateurs à Nivelle. La jeune fille vérifia qu’Agace et Bertaut ne les regardaient pas et demanda à Joseph de les rejoindre. Elle le prit dans ses bras. - Maître de Cotille m’accuse de sorcellerie, lui expliqua-t-elle devant les deux paires d’yeux charbonneux. Elle croit que je suis capable de converser avec les animaux… Ce ne doit pas être dans les habitudes des Prédicants, j’imagine… Elle m’a entendu te raconter je ne sais quelle broutille. Joseph miaula. Nivelle reprit, regardant Irina de Cotille droit dans les yeux. - La vérité, Madame… - Maître, la corrigea son professeur. - Maître, la vérité est que je me sens seule ici. Mon chat ne me répond pas mais c’est un vieux compagnon et j’aime à lui confier mes tracas. Il ne se plaint pas… Mais vous vous mé-fiez de moi à cause de mes anneaux. Je devrais être fière d’effrayer quelqu’un tel que vous… Ses émeraudes brillaient de colère. - Calmez-vous, dit l’épéiste. J’apprécie votre franchise et votre courage. Soyons enfin amies, Mademoiselle Guise, cette alliance nous avantage toutes deux. Et la prochaine fois que je voudrais savoir quelque chose, je vous le demanderai moins brutalement. Nivelle lâcha Joseph qui tomba à terre bien plus élégamment qu’elle ne l’avait fait. Il poussa un autre miaulement très réaliste et trottina de l’autre côté du parc. Irina afficha un léger sourire, presque ironique, opposé en tous points à ses épaules athlé-tiques et à ses traits durs. Elle rendit la bride de la jument baie à Nivelle. - Allez, en selle Mademoiselle Guise. Et mettez du cœur à la tâche. Davi, occupe-toi d’elle. Puis elle repartit au trot vers les deux autres apprentis cavaliers de l’autre côté du parc, sa tresse frôlant de temps en temps la croupe de son cheval. À la fin de la leçon, Nivelle se sentit bien plus fatiguée qu’elle ne l’avait jamais été après un cours d’escrime, et son dos la faisait souffrir par vagues de douleur. Davi lui indiqua les différentes procédures à suivre avant de laisser son cheval. Comme lui curait les sabots de sa jument et que Nivelle étrillait la sienne, il lui demanda par-dessus son épaule : - T’a-t-on mise au courant pour le bal, demain soir ? - J’en ai entendu parler. Elle haussa les épaules : je doute que je sache danser ce qui se danse ici, de toute façon. - Que veux-tu dire ? interrogea aussitôt Davi. - Pourquoi irai-je à ce bal ? Pour me ridiculiser ? Je préfère une ballade nocturne dans les rues viniciennes. Au moins j’y suis tranquille. - Les rues ne sont pas sûres, maugréa le jeune homme. Tu t’en es pourtant rendu compte assez vite. - Peu importe, dit Nivelle. Je ne veux pas y aller. - Si c’est parce que tu ne sais pas danser, je peux t’apprendre demain. - Mais y a-t-il quelque chose que tu ne sais pas faire ? rit Nivelle, faisant baisser les oreil-les de sa jument par ce bruit soudain. Davi sourit mais ne s’aventura pas sur ce terrain glissant. Il commençait à connaître la jeune femme. - Alors ? - D’accord. Leçon de danse, demain. Ils se séparèrent lorsque Davi dût s’installer avec la famille royale, pour le déjeuner, alors que Nivelle se plaçait aux confins de l’immense table. Après le repas, elle monta à l’étage des appartements des nobles. Joseph l’attendait de-vant la porte. - J’espère qu’après ça tu seras plus prudente à l’avenir. - T’en fais pas pour moi, j’apprends vite, pour les chevaux comme pour le reste, dit Ni-velle avec une certaine ironie. - Je parlais de tes conversations avec moi, fit Joseph agacé par sa réponse. - Je sais. Par moment, la compagnie du vieux chat lui pesait. Elle s’assit sur le lit. Joseph l’y rejoignit d’un bond. - Je suis passé par les appartements de la princesse, à l’étage en-dessous, dit-il. Elle par-lait avec sa dame de compagnie… Elle prévoit déjà ce qu’elle réformera une fois sur le trône. Elle est pleine d’ambition ! - Tu m’as toujours encouragée à avoir de l’ambition, s’étonna Nivelle. Cette fille est dé-terminée et courageuse… - Pas au point de souhaiter la mort de ton père ! coupa Joseph. Bien que tu n’en ie jamais eu, ajouta-t-il comme pour s’excuser. Un court silence passa. - et si mon père faisait partie de la cour ? fit Nivelle, pensant à voix haute. Joseph la dévisagea. - Mon vrai père, précisa-t-elle. Pas M. Guise. - Tu ne connais pas son nom, lui rappela-t-il. Et ça ne t’apporterait rien de le chercher. Encore moins de le trouver. Elle ne répondit rien. Au bout d’un moment, elle se décida à partir pour la bibliothèque. - Tu restes là ? demanda-t-elle. - Je vais faire la sieste, dit-il. Elle sourit et sortit de la chambre, fermant à clé derrière elle. Son étude de l’histoire lysentine avançait petit à petit et se complétait d’un apprentissage de la langue de Falaise. Elle avait découvert qu’outre Falaise et le Royaume des Glaces, Ly-sence avait deux voisins frontaliers. Et plus elle en apprenait plus elle voulait en savoir… Fa-laise était le pays avec lequel les relations étaient les plus antagoniques. La paix n’existait que depuis que, comme les d’Ambre le lui avaient conté, la mère du Roi avait scellé l’accord en venant dans le royaume. C’était la grand-mère de Davi… Mais cette paix était si frêle en-core… Nivelle avait pensé d’abord suivre un ordre chronologique dans ses lectures, mais pri-vilégiait finalement une approche par thèmes. Régulièrement, elle croisait Thoumas Delème-Antibe dans les rayonnages. Ils avaient tous deux pensé que l’indifférence était finalement la meilleure des solutions aussi ne s’adressaient-ils plus un regard. Le soir, en rentrant au palais, elle rencontra Etienne d’Ambre qui l’attendait. - Ah, Mademoiselle Guise ! la salua-t-il. Je vous cherchais. - Bonjour, fit-elle. Que se passe-t-il ? Ils s’assirent sur le rebord du bassin, où d’autres aristocrates discutaient par groupes d’amis. - Avez-vous quelque chose à mettre pour le bal qui est organisé demain soir ? demanda-t-il avec anxiété. - Pardon ? Elle le regarda avec des yeux ronds. J’ai des vêtements, oui. - Ah, c’est ce que je craignais. Pouvez-vous venir dîner chez nous, ce soir ? Elle acquiesça. Le soir venu, la voiture des seigneurs d’Ambre la conduisit jusque dans leur hôtel parti-culier. Dame Gaëlle se précipita sur Nivelle, la saluant à peine au passage. - J’ai fait venir ma couturière en urgence. C’est une bonne idée que vous avez eu là, mon époux. Vous ignorez vraiment tout des règles de la cour, très chère… Nivelle préféra ne faire aucun commentaire. Dame Gaëlle était après tout chargée de son éducation protocolaire. Au premier étage, dans une pièce que l’on aurait pu qualifier d’atelier, une jeune femme guère plus âgée que Nivelle attendait, entourée de rouleaux de tissus en tous genres. - Nous avons peu de temps, dit Dame Gaëlle. Nous ferons simple. Le Seigneur Etienne s’était éclipsé, prétextant devoir s’occuper du dîner. Nivelle comprit ce qu’on s’apprêtait à lui offrir. Elle voulut refuser, honteuse que ces no-bles déchus et défaits de leur fortune ancienne dépensent tant d’or pour elle. Mais elle n’osa rien dire devant les yeux bleus de glace de Dame Gaëlle. La couturière prit les mesures de Nivelle puis lui proposa un modèle que Dame Gaëlle s’empressa d’accepter à sa place. - Je la ferai envoyer à votre chambre avant demain soir. Ne vous en faites pas, vous l’aurez à temps. Nivelle hocha la tête. À nouveau on avait pris des décisions à sa place, ce qu’elle ne sup-portait pas. Mais elle se contenta de remercier ces gens qui ne souhaitaient que son bien. Elle appréciait leur compagnie, les différences qui équilibraient ce couple. Par ailleurs elle appré-ciait cette ambiance vieillie, ternie par rapport au faste du château. Elle se rendit compte que leur âge était déjà avancé, et voyait peu à peu que leur santé n’était pas florissante. Ce soir-là, Dame Gaëlle fut saisie d’une violente quinte de toux, et l’angoisse de son mari n’échappa pas à Nivelle. Elle se retira tard, regagna le palais à pied –elle avait fini par connaître le chemin. Le lendemain, Nivelle et Davi se retrouvèrent à l’extrémité du parc, non loin de la cha-pelle royale. Le jeune homme vint accompagné d’un joueur de viole. Nivelle ne fit pars re-marquer qu’elle espérait un tête-à-tête, mais Davi précisa : - Pas de dans sans musique. Sans compter qu’un garçon et une fille seuls entre les arbres, ça fait jaser, ajouta Nivelle à part soi. Quelques nobles en promenade digestive s’arrêtèrent pour voir ce qu’ils faisaient. Nivelle ne s’en préoccupait pas et Davi, après un moment de gène, non plus. - Jouez-nous une gigue, s’il-vous-plaît, demanda Davi au musicien qui devait être à son service. Regarde, dit-il à Nivelle comme les notes de musique emplissaient l’air. Un pas sur le côté. Nivelle avait toujours possédé une certaine grâce. Si les danses de cour étaient plus élabo-rées que celles pratiquées dans les montagnes, Nivelle ne s’en rendit pas compte. La musique était toujours belle, où que l’on fût, et elle savait se laisser porter par le chant. Bientôt, Davi trouva en elle une cavalière digne de lui. - Un dernier air, et nous devrons peut-être avoir pitié des doigts de notre ami… dit le jeune homme. - Je ne sais pas si je saurais danser avec un autre partenaire, dit Nivelle. - Ce sera si difficile ? plaisanta-t-il. Tu n’avais pourtant pas vraiment besoin de cours. - Tu ne me laisserais pas seule ? ! s’indigna-t-elle sur un ton taquin. - Non, répondit-il soudain avec la gravité qui le caractérisait. Nivelle ne put cacher un regard étonné. Davi n’hésitait jamais. Il ne pouvait rester dans l’indécision, c’était sa nature… Réfléchissait-il si vite ? Elle se dit que c’était fort possible. Elle tournoya avant de proposer : - Alors rendez-vous au Grand Escalier au second étage ? Un peu avant le début du bal ? Il acquiesça d’un signe de tête, concentré sur ce qu’il faisait. La chanson s’acheva. Davi remercia et congédia le musicien. Comme Joseph, qui rôdait toujours dans les parages approchait et se frottait aux bottes de Nivelle, Davi demanda mi-sérieux, mi-rieur : - Tu parles souvent à ton chat ? - Tu n’as jamais aimé parler avec tes animaux ? Tes chevaux par exemple ? - Non. Evidemment. Bien trop terre à terre pour cela. Ils commencèrent à marcher en direction du palais, Joseph sur leurs talons. L’automne commençait, ainsi le vent se levait plus tôt, dé-crochant une à une les feuilles jaunissantes des arbres du parc. Nivelle en attrapa une au vol. - Joseph, on pourrait lui dire, non ? Le chat s’arrêta. - Tu fais trop facilement confiance aux gens, lâcha-t-il enfin. Je te l’ai répété mille et mille fois, par la barbe du Grand Centaure ! jura-t-il. Nivelle, habituée à ses éclats, le prit dans ses bras. - Joseph est un home transformé en chat, expliqua-t-elle. Il est… - Ça va, merci, je peux me présenter moi-même, l’interrompit-il. Davi assista à leur dispute sans aucun commentaire. Nivelle préféra lui demander fran-chement ce qu’il pensait plutôt que de laisser son silence se prolonger. - C’est étrange ! dit-il avec un rire forcé. Mais je m’y ferais. Ravi de vous avoir ren-contré, M. Joseph, conclut-il. La politesse impeccable du jeune homme ne pouvait que charmer Joseph. - Enchanté, concéda le vieux chat avant de bondir et de vaquer à ses propres occupations, toujours un peu mystérieuses. - Tu as menti à ma tante, dit Davi, légèrement crispé. - Que voulais-tu que je lui dise ? questionna Nivelle, haussant les épaules. Tu as bien vu son attitude ? Elle se croit tolérante mais elle me prend pour une magicienne imprévisible et indisciplinée. Davi s’était retenu pour ne pas la couper au milieu de sa phrase. - Elle est tolérante, dit-il avec calme. Mais tu crois que c’est facile de te voir avec tes dons et tes sortilèges ? C’est nouveau pour nous. Ce dernier qualificatif résonna plutôt comme un compliment dans sa bouche. - Même si Irina ne sait pas toujours très bien s’y prendre, elle est très généreuse. Mais elle est faite pour diriger les soldats, pas des… adolescents. Nivelle l’encouragea à poursuivre d’un regard curieux. - À la mort de mon oncle, son mari, Irina aurait dû lui succéder comme Commandant en chef de l’armée. - Pourquoi ce n’est pas arrivé ? On l’en a empêché ? - Oui, acquiesça Davi. Parce qu’elle est une femme, certains ne voulaient pas qu’elle oc-cupe ce poste. Ils arrivaient à l’intérieur du palais, devant le Grand Escalier. Nivelle était étonnée de l’éducation qu’avait reçue Davi : à la fois complète et traditionnelle. Il témoignait en plus d’une ouverture d’esprit bien rare parmi tous ceux qu’elle avait rencontrés à Vinicia. - À tout de suite, dit-elle, et elle monta les marches quatre à quatre.
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| | #56 |
| Minotaure ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() | Un bon petit passage, très agréable à lire; Ne t'inquiètes pas, j'ai encore quelques reproches dans mon sac, mais je dois bien dire que c'est du grand cru. J'aimerais d'ailleurs revenir sur un fait que j'appréçie beaucoup chez toi: après tout, et comme tu nous l'a déjà avoué, tu privilégie dans cet écrit les relations et caractères des personnages, et ce en mettant un peu au second plan l'univers (s'entend que tu le développe agréablement, sans t'appesantir dessus) et que ton intrigue n'a rien de transcendant pour l'instant. Pourtant, cette "simplicité" est chez toi merveille, puisque tu es particulièrement douée pour rendre charmantes ces petites choses qu'on sent venir de très loin. J'ai personnellement tout de suite vu en Davi une future relation assez avançée pour Nivelle, et ce au vu du nombre d'indices présents dans ta manière de l'introduire, cependant, alors que je me serais irrité de ce rapprochement un peu facile chez d'autres, tu parviens à le sublimer et à en faire quelque chose de parfaitement naturel, que le lecteur attend et lit avec délices, au lieu de se dire: "bah tiens, l'avais deviné, ça". C'est, je pense, ta grande forçe, qui compense largement tes petits problèmes, même récurrents, faire deces petits éléments prévisibles un ingrédient rare et particulièrement agréable à lire. Voilà, tu as donc pu deviner d'après ce passage que j'aime beaucoup la manière à la fois simple et plaisante dont tu traites ta romance (?). Au niveau des inconvénients, je me dois de citer le passage mettant les d'Ambre en scène, que je trouve malheureusement fort maladroit. Il s'agit encore ici d'un problème de précipitation: le passage se presse, avec une entrée en matière très vive, et un déroulement rapide. Trop rapide. La visite se fait réellement en coup de vent, et même si c'est apparement le cas, je trouve qu'il est dommage d'expédier ainsi un bon moyen de donner un peu de vie à Gaëlle d'Ambre, que l'on connaît finalement fort peu. Son comportement est ici assez primaire, peu étudié, et j'aurais souhaité que tu t'y attardes un peu plus, simplement pour nous décrire un peu mieux cette personne qui pourrait faire un très bon second rôle, et non plus seulement un élément faisant avancer l'intrigue. Bon, j'en aurais encore à dire, mais je dois filer. J'attends toujours la suite :fleur: .
__________________ Les Neiges des Darkanisses. Onze chapitres postés. Arrêt de diffusion sur le net, pour suite et texte réorganisé, MPéez moi Mon moi RP; La Naissance du Maudit ; L'Invasion des Ombres Amis métalleux, venez visiter mon petit blog de chroniques métal |
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| Gnoll ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() | merci pour tous ces compliments :blush: ! juste concernant dame Gaëlle : oui, c'est dommage parce que dans ma tête elle existe complètement et à part entière mais finalement je l'utilise assez peu dans cette histoire ! bon, ben en avant pour cette romance alors : 7 - Où le bal ne se déroule pas aussi bien qu’on aurait pu l’espérer Nivelle trouva dans sa chambre la robe choisie par Dame Gaëlle, délicatement étalée sur son lit. Amusant comme ce qui n’avait été qu’un vague croquis la veille surgissait soudain à la vie. Elle soupira devant les innombrables lacets parant la robe, incertaine de pouvoir la mettre sans aide. On gratta à la porte, c’était Joseph. - Tu veux bien attendre là ? Je vais me changer. Après un nouveau soupir, elle se dévêtit avec courage. Elle n’aimait pas perdre son temps en futilités. Elle dut se débattre quelques instants avec le bel habit mais parvint finalement à l’enfiler. Elle ouvrit la porte à Joseph ; Elle le regarda mais il n’émit aucun commentaire… Cela signifiait qu’il n’y avait pas de problème majeur, ainsi s’installa-t-elle à son bureau avec l’intention d’étudier. Elle avait emprunté un ouvrage à la Bibliothèque, bien que l’archiviste ait rechigné à lui confier l’un des livres dont il avait la garde. L’épais grimoire décrivait l’organisation de la hiérarchie dans l’Ordre –alors que chez les Druides, il n’existait aucun classement ; seul le Grand Centaure apparaissait supérieur mais pas par une institution arbitraire établie des millénaires auparavant, c’était parce qu’il était le plus sage. Elle désirait se renseigner sur ceux qu’Elios avait décrits comme des ennemis. Jus-qu’ici elle n’avait rencontré que le Père Alaart et son comparse, et il est vrai que leur com-portement n’avait en rien été amical. Elle savait qu’elle avait du temps à écouler avant qu’elle ne rejoigne Davi. Elle n’aimait pas lire un livre dans l’ordre aussi commença-t-elle sa lecture par une page prise au hasard. Chapitre onzième. La sélection des novices. Nivelle compara les différents éléments avec la façon dont Elios l’avait désignée comme apprentie. Les manières de procéder étaient sensiblement identiques : les Prédicants repéraient la magie à l’intérieur de l’enfant grâce à une sorte d’instinct, d’intuition qu’aussi savant qu’était l’auteur du livre, il ne pouvait l’expliquer. Elle lut à voix haute, pour Joseph, le passage expliquant la source de la magie selon les Prédicants. « L’unificateur récompense ceux dont l’âme est proche de lui. Il leur accorde son don suprême. La Magie est une bénédiction et il appartient aux serviteurs de l’Unificateur de l’utiliser pour appliquer sa volonté. - Et tu as cru à tout ça ? fit Nivelle, réellement surprise. - C’était il y a longtemps, répondit simplement Joseph, qui faisait sa toilette quotidienne. - C’est tellement ridicule. Je me demande si Davi y croît. Il va bien à la messe toutes les semaines… - Ne va pas te faire remarquer en mettant en avant les questions de religion. Tout le monde sait que tu es une fille de Centaures, pas la peine d’en rajouter ! Imagine si un novice venait se balader dans le village en contestant et en insultant les Centaures ! Nivelle mesura la sagesse de ces paroles sans rien dire. La chandelle attendue se consuma et Nivelle retrouva Davi qui l’attendait, toujours en avance sur la chandelle dite, en haut des Grands Escaliers. Elle ne se rendait pas compte à quel point elle avait eu raison de faire confiance au bon goût de la Dame d’Ambre. La robe sélectionnée par ses soins soulignait la taille fine de Ni-velle, découvrait avec pudeur ses épaules à la fois douces et fortes. Les tissus venaient du sa-voir-faire espérantin et la couleur dominante, jaune miel, s’avérait correspondre à la mode de la cour en plus d’avantager les cheveux blonds –un peu en bataille- de Nivelle. Par dessus tout, ses grands yeux verts éclatants ornaient son visage bien mieux qu’aucune parure n’aurait pu le faire. Elle était à peine consciente de son charme, et Davi ne laissait pas paraître ses émotions. Il lui prit galamment le bras, elle lui sourit et ils descendirent vers la salle Léonard d’Host. - Tu es très élégante, dit-il. - Toi aussi, dit-elle avec franchise. En effet, il avait revêtu une chemise bouffante très blanche ainsi qu’un pantalon d’un beau noir lustré. Dans la grande salle de réception, quelques dizaines de personnes étaient déjà présentes. Etienne et Gaëlle d’Ambre faisaient partie de la petite foule. Ils échangèrent un regard dont eux seuls pouvaient connaître la signification en apercevant Davi et Nivelle côte à côte. D’ailleurs, tous les yeux s’étonnèrent de les voir, pour des raisons que Nivelle ignorait. Elle mit la surprise générale sur le compte du mépris dont elle était l’objet constant. Une paysanne comme elle ne pouvait pas côtoyer un membre de la famille royale comme Davi… Ils entamèrent un début de conversation avec les seigneurs d’Ambre. Les musiciens ac-cordaient leurs instruments, les invités pénétraient par groupes dans la salle Léonard d’Host. Ne manquait plus que la présence royale pour démarrer la fête. Enfin ils parurent. Eric d’abord, marchant très lentement. Il devait traverser toute la lon-gue pièce pour parvenir jusqu’au trône. Nivelle retint son souffle, persuadée qu’il allait s’écrouler au milieu du parcours. Derrière lui suivait son éminence grise, le Haut Prédicant Obert, au visage si ridé qu’on eût dit un enchevêtrement de toiles d’araignées. Je pensais que les Prédicants s’interdisaient toutes sortes d’amusements. Mais il veut être là au cas où le Roi mourrait ce soir… Quel vautour… Elle sentit un élan de haine en se rappelant qu’il était l’assassin du frère de sa mère. Et il veut empêcher la princesse de prendre le trône, fort de son autorité déjà installée… Justement entraient la princesse et le prince. Naïade et Stentor. La jeune femme avançait au bras du grand homme noir que Nivelle avait repéré le jour de son arrivée. Il n’était pas habillé de la même façon que la dernière fois, pas comme les autres hommes. Il portait une longue toge verdoyante, renforçant encore son as-pect exotique. Mais il aurait peut-être paru ridicule dans des vêtements lysentins. Ainsi, il était beau. Lorsque Naïade et l’étranger passèrent devant Davi et Nivelle, l’héritière lança un pro-fond regard à son cousin. Deux tranches de nuit si profondes et si denses.. Nivelle sentit le bras de Davi, accroché au sien, tressaillir. Naïade passa aussi en revu la cavalière du jeune homme, mais l’observation fut bien plus brève, comme lorsqu’on remarque un détail du décor qui dénote un peu, une faute de goût. Nivelle vit toute l’admiration qu’elle avait pu porter à cette femme s’effondrer d’un bloc. Son port qu’elle jugeait royal et fier n’était en fait que hautain et méprisant. Ses yeux intelligents respiraient en réalité une ambition malsaine. Jo-seph lui avait décrit sa propension au complot, à présent Nivelle y croyait. Cependant, Naïade poursuivit tout le long de la salle à afficher un sourire aimable pour toute la cour réunie. Quelques fois, elle offrait deux ou trois mots à son partenaire qui vrai-semblablement se languissait d’elle, malgré la différence d’âge. - Qui est cet homme ? demanda Nivelle. Il n’est pas souvent au palais. - C’est Cournyn Al’Dars, l’Ambassadeur de Falaise. - Ah. C’est vrai, après les accords de Bordelac, ta grand-mère est venue à Vinicia, et on a institué l’obligation de présence d’ambassadeurs respectifs sur chaque territoire. Récité exactement d’après le bouquin, se dit-elle non sans une certaine fierté. - Exact, fit Davi qui ne montra pas s’il était surpris par cette marque d’érudition, Al’Dars est en poste depuis trois ans. L’ambassade est dans l’ouest de la ville. - Il est de quel côté ? - Pardon ? dit Davi en quittant le dos de la princesse du regard et se tournant vers Nivelle. - Al’Dars soutient la princesse ou le prince pour la succession d’Eric ? Il tiqua en entendant le Roi nommé si familièrement. - J’ignore ce qui serait le plus avantageux pour Falaise, répondit prudemment Davi. Le Haut Prédicant ne veut que la guerre, et Al’Dars doit maintenir la paix. Mais Naïade a une âme de guerrière… Personne, ou presque, ajouta-t-il doucement, ne sait vraiment quelles sont ses intentions si elle accède à la couronne. Pour l’instant, ce n’était qu’un diadème argenté qui trônait sur la longue chevelure d’ébène. Elle était habillée d’une lourde robe rouge en taffetas, scintillant à la lueur des chan-deliers, qui dévoilait son dos brun dans toute sa hauteur et sa majesté. Le roi s’assit enfin sur le trône, s’y agrippant comme s’il craignait qu’il ne se dérobe sous son corps fragile. Il tira discrètement –mais tous le virent, sur la manche pendant du Saint-Père Obert assis à ses côtés, et le Haut Prédicant déclara ouvert le bal. Naïade et Cournyn Al’Dars s’élancèrent aussitôt sur l’espace réservé aux danseurs. Davi sourit à Nivelle. Il se voulait décontracté, mais cette attitude lui était totalement in-connue. De plus, Nivelle voyait bien qu’un souci assombrissait ses pensées. - Nous allons voir si tu as bien écouté mes conseils, dit-il. Elle prit le parti de rire : « Toutes les princesses de ce monde n’ont qu’à bien se tenir ! » Il parut figé par ces paroles, mais son ébahissement ne dura qu’un souffle et Nivelle n’y prêta pas attention. Les musiciens jouaient bien. De nombreux rires s’élevaient de la salle. Nivelle aperçut Agace, qui ne dansait pas avec Bertaut mais avec Thoumas Delème-Antibe. Son attention se décrochait cependant rarement de Davi, qui se montrait moins muet qu’à l’ordinaire et dont la conversation était particulièrement brillante ce soir-là. Nivelle aurait eu besoin de rire, mais ayant commencé la discussion sur la politique Davi semblait vouloir continuer. - Et toi ? Qui aimerais-tu voir gagner ? demanda-t-il à la deuxième danse. - Tu me demandes ça alors que l’un des intéressées se trouve derrière ti ! lui chuchota Ni-velle à l’oreille quand le mouvement le lui permit. Ils éclatèrent de rire. Nivelle, dès quelques instants sur la piste, finit par se rendre compte que Naïade se re-tournait souvent vers eux. Au début son attention se portait bien plus sur Davi, mais elle dé-cocha bientôt des regards noirs à Nivelle, qui ne comprenait guère ce qui les motivait… Après quelques danses sous les yeux admiratifs de la salle, ils se reposèrent devant l’une des grandes fenêtres qui donnait sur le bassin et le parc. Dehors, la lune, en son premier quar-tier, dessinait une bouche souriante au milieu des étoiles. - Chez moi, on voit beaucoup plus d’étoiles parce qu’il n’y a pas autant de lumières le soir, dit Nivelle. - Regarde, fit Davi. Ton chat. En effet, Joseph était assis sur le rebord de la fontaine, qui créait de larges éclaboussures. Sa petite silhouette animale se détachait sur la blancheur du bassin baigné de lune. - Un chat qui n’est pas dérangé par l’eau… ça va attirer l’attention, fit remarquer Davi. - C’est vrai. Je le lui dirai. Ils sourirent de ce secret qu’ils partageaient. - Je dois aller saluer des gens… s’excusa Davi. Elle hocha la tête. - Je t’attends ici. Comme Davi partait échanger quelques mots avec des connaissances –il avait très peu d’amis cependant- Nivelle vit Irina marcher entre les taffetas et les rubans dans sa direction. La Maître d’armes ne s’était pas embarrassée d’une robe –c’eût été une véritable métamor-phose- mais avait fait tout de même un effort de coquetterie : deux perles, semblables à deux lunes pleines et coruscantes, étaient suspendues à ses oreilles. Sa tresse tombait sagement dans son dos attachée par un ruban bleuté. Un court poignard ornait cependant sa ceinture. Pour un soldat telle qu’elle l’était, se déplacer sans arme était hors de question, bal ou non… - Bonsoir, Mademoiselle Guise. - Bonsoir, Maître Irina. - Oh, nous sommes en soirée, tu peux m’appeler Madame. Elles bavardèrent autour de banalités, comme peuvent parler un professeur et son élève. La conversation s’éteignait peu à peu, lorsque la princesse en personne s’approcha de Nivelle. Bien entendu, il était considéré comme un grand honneur d’attirer l’attention de l’héritière. En ces temps incertains, elle était plus recherchée encore qu’à l’ordinaire. Naïade représentait avec le Saint-Père Obert l’un des deux pôles d’influence du royaume, même si le Roi avait plutôt tendance à se soumettre aux conseils du Haut-Prédicant. Aussi une partie des conversa-tions cessèrent et les regards se tournèrent, pour entendre et voir ce que la princesse avait à dire à cette fille aux oreilles percées. - vous avez perdu votre charmant compagnon ? demanda Naïade qui faisait une demie-tête de plus que Nivelle. - Je doute qu’il puisse se perdre dans cette pièce, Ma Dame, répondit Nivelle, sur ses gar-des. - Vous avez de bien hautes prétentions, pour votre première danse en ces lieux. - Je n’ai d’autre prétention que celle de m’amuser. Naïade hausse la sourcils : le Ma Dame avait déjà disparu. Quant à Nivelle, elle ignorait si ces questions n’étaient que des préliminaires ou une déclaration de guerre ouverte, mais que ce fût l’un ou l’autre elle en ignorait les raisons. - Il est vrai que ces amusements doivent vous paraître bien grandioses après ce que vous avez connu. Nivelle sentit l’agacement appâter un flot de chaleur jusqu’à ses joues. Elios lui aurait conseillé de se contrôler. Elle avait appris en outre de Davi que la politesse la plus glacée n’exprimait souvent sous couvert de respect que mépris. - permettez-moi de vous contredire. Les amusements sont bien plus exceptionnels lors-qu’ils ne sont pas les distractions d’une vie faite d’oisiveté et de luxe. Les murmures qui restaient furent suspendus dans l’assemblée. Les musiciens s’accordaient, si bien que le silence paraissait presque complet. Jusqu’à ce que Davi vienne s’interposer, les deux jeunes femmes se mesurèrent du re-gard, s’évaluant l’une et l’autre, tentant de deviner les pensées de l’adversaire. - Viens, dit-il à Nivelle, la prenant par le bras et l’emmenant hors de la grande pièce. Ils pouvaient sentir le poids de tous les regards dans leur dos. Ils montèrent le Grand Escalier et s’arrêtèrent à l’étage réservé à la famille royale. - Qu’est-ce que tu fais ? interrogea Nivelle, sachant que l’accès à ces salles était interdit. - Je ne sais pas, répondit Davi, il fallait juste partir. Et ils restèrent debout au milieu du couloir. - Tu vas avoir des problèmes, dit-elle. Tu lui as retiré sa proie, elle va t’en vouloir. - Il ne m’arrivera rien, la détrompa-t-il. Je la connais depuis longtemps. Nivelle se rapprocha de lui. Elle chercha dans la semi-obscurité du couloir les yeux som-bre du jeune homme. Une petite fenêtre laissait un rayon de lune tapisser le sol. - Mais toi, tu vas avoir des problèmes, poursuivit-il. Tenir tête ainsi à Naïade. - Peu m’importe. Elle approcha son visage du sien. Elle sentit la tension de Davi, son souffle contre son vi-sage. - Non. Il fit trois pas en arrière. Choquée, mais évitant de le laisser paraître, Nivelle attendit les explications sans mot dire. - C’est impossible, dit Davi catégoriquement. Je dois épouser Naïade. C’est comme ça. Il lui lança un dernier regard puis lui tourna le dos et redescendit l’escalier. Un peu estomaquée, comme il se devait, Nivelle resta quelques instants sur place. Au moins, elle pouvait comprendre désormais l’animosité que Naïade lui vouait. Nivelle remonta dans sa chambre. Elle laissa la porte ouverte pour Joseph, sachant qu’il la refermerait derrière lui. Elle tira les lourdes rideaux qui encadraient sa fenêtre. Une seule larme lui échappa, glissant le long de sa joue, ouvrant sur son visage un chemin de tristesse. Puis elle s’endormit, sans avoir même pris le temps de se changer.
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| Minotaure ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() | Pour Gaëlle, c'est justement ça qui m'embète: je flaire le personnage secondaire bien implanté et défini dans ta tête, prêt à se mettre un peu en avant, mais non, il y a avrtement à chaque fois... C'aurait été un personnage-pion assumé, je l'aurais pris pour tel, mais de sentir un potentiel inexploité, ça me fait un peu mal. Si tu ne l'as pas fait, je te conseillerais de t'intéresser à la Romance de Ténébreuse de marion Zimmer Bradley (que je considère comme la référence ultime en heroïc fantasy psychologique), et plus particulièrement au cycle des Amazones Libres. Si tu trouves le temps, regarde un peu comment est utilisé le personnage de Dame Rohanna, c'est à mes yeux l'exemple parfait du personnage principal en puissance, relégué dans un second rôle mais malgré tout développé presque autant que les héros. Bon, ça c'est juste un conseil de lecture, mais je pense que lire Marion Zimmer Bradley ne peut être que bénéfique à un jeune auteur qui officie dans ton (et mon, d'ailleurs) genre de littérature. Ce passage m'a semblé un peu moins bon que le précédent. Pas déplaisant, mais un peu moins pertinent, peut-être. Citation:
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), c'est assez dure de tenir une conversation brillante enévoluant sur la piste. Tu montres d'ailleurs que tu as compris cela puisque le dialogue est entrecoupé par les va et vient du mouvement, cependant, le passage et la situation s'opposent un peu à cette conversation brillante. Ca manque un peu, soit de cohérence, soit de développement de la dite verve.Citation:
Bon, je suis parti sur l'optique que tu avais écrit le passage comme s'ils étaient seuls en scène. ce n'est peut-être pas le cas, mais c'est du moins l'impression qu'il en résulte, et c'est assez dérangeant, en somme. Voilà pour les gros problèmes. Sinon, le reste est de bonne qualité, quoi que je sois sur ma faim quant à l'échange Nivelle/Naïade. Le même reproche que d'habitude, c'est trop court .Donc, c'est pas une catastrophe, mais c'est un peu en deça de mes attentes (élevées, il est vrai) pour ce passage qui se doit d'être important.
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