Baldur's Gate et Dragon Age | La Couronne de Cuivre
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La Grande Bibliothèque Impériale
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Vieux 28/12/2005, 17h54   #1
Shangalar, Légende des Royaumes
Araignée Colossale
 
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Chapitre Premier : Perdus en pleine nature.

« T’es trop bête ! »

Amos mordit à belles dents dans sa pomme. Qu’est ce qu’elle pouvait être farineuse ! Après tant de temps passé hors de toute civilisation, ce n’était pas vraiment étonnant…

« Pourquoi tu dis ça ? Ca peut marcher !
- Tu sais à qui appartient ce repaire ? On le dit hanté !
- Je sais… mais ça, ce sont des conneries et tu le sais aussi bien que moi !
- Justement, j’y crois, MOI, môssieur !! » lâcha Amos comme pour clore la discussion.

Rogue se détourna du regard de son frère et regarda vers le ciel. De grandes montagnes s’étalaient devant ses yeux. On les nomme les Cornes des Tempêtes. Derrière eux, un morceau de plaine, et au-delà, la forêt Royale, propriété de la couronne du Cormyr.

« Mince alors ! Tu crois que je vais rester là sans rien faire ? » s’exclama Rogue.

En effet, ça faisait maintenant presque un mois qu’ils étaient pourchassés par les forces armées d’Azoun, quatrième du nom, roi du Cormyr. Et pourquoi ? Dieu seul le sait ! Un soir, des militaires de la couronne n’avaient pas pris le temps de leur expliquer pourquoi on brûlait leur maison et emmenait leur mère. Les deux frères avaient seulement eu le temps de s’échapper par l’issue de secours, au nez et à la barbe des représentants de l’ordre. Une trappe qui donnait sur un atelier abandonné, par lequel on pouvait déboucher dans une rue annexe à la leur, ce qui leur permit de mettre de la distance entre leurs adversaires et eux.

« Je m’en fous, je n’irai pas dans cette grotte ! Tu as encore envie de tomber sur un ours, comme l’autre jour ? T’es marrant toi, j’ai pas envie de me remettre à courir comme un fou, je n’en aurai jamais la force !
- Qui parle d’ours ?
- Si ce n’est pas un monstre ou un esprit, c’est sûrement une bête affreuse, baveuse et qui n’a qu’une idée, c’est nous bouffer comme repas de choix ! Il y en plein dans ces forêts !
- T’es bien trop maigre pour intéresser qui que ce soit, vieille tache !
- Grrrr ! »

Amos se détourna à son tour, râlant. Rogue reprit en tentant de le calmer :

« Pourtant, on doit trouver une solution. Maman disait toujours de ne pas traverser ces montagnes, qu’elles sont trop froides et trop dangereuses, même pour des aventuriers aguerris… Je me demande ce qu’ils on fait d’elle…
- Je ne préfère pas savoir…
- Oui, mais avoue quand même qu’elle a eu un drôle de regard quand les gardes l’ont attrapée…
- Tais-toi, je te dis ! Ne parle pas de malheur !
- Mais…
- Pchhhht ! » souffla Amos en lui faisant un signe obscène, que son frère lui rendit avec détermination et jurons en tous genres avant de se mettre à donner des coups dans l’air le plus vite possible avec la branche qui lui servait de bâton de marche depuis quelques temps.

Amos se mit à réfléchir posément. Il se devait de mettre tout en ordre dans sa tête, comme il avait pris l’habitude de le faire depuis longtemps. Ils se retrouvaient en forêt, seuls, enfants de 15 et 16 ans, leur mère ayant été enlevée par des soldats armés, ils n’avaient pas de tante, pas de cousins, pas d’oncle… Il se mit instantanément à penser à son père. Celui-ci n’avait pas reparu depuis deux ans. Il était mercenaire et ne revenait que pour voir sa femme et ses fils, tous les six mois au maximum. Sinon, il envoyait des missives pour les prévenir que tout allait bien. Pas de nouvelle signifiait qu’il ne reviendrait plus jamais, ce qui laissait un avenir sombre à la petite famille de Suzail, capitale de leur pays bien aimé, le Cormyr.

Rogue se mit à observer son frère perdu dans ses pensées et stoppa son exercice préféré.

« A quoi tu penses ? » dit-il.
« - A la situation dans laquelle on est…
- Tu vas finir par me suivre jusqu’à cette grotte, oui ou non ?
- Mais c’est quoi le but, à part risquer de se faire déchiqueter ?
- Arrête un peu d’avoir peur ! Tu sais bien ce qu’on dit, c’est un mage qui habite ici !
- Et bla et blabla…
- Ecoute-moi ! C’est pas le moment de réfléchir, mais d’agir ! Il parait qu’il est bon ! Il va nous aider si on lui explique ce qui nous arrive… Au pire, on lui vole une ou deux baguettes et on se tire !
- Oh oui, très bonne idée ! Comme ça t’es certain qu’il va nous adorer et nous donner sa bénédiction avant de partir !
- Ne dramatise pas… » soupira Rogue en agitant la main.

Amos se remit à penser à toute vitesse. Ils n’avaient presque plus rien des provisions qu’ils s’étaient faites en route, commettant rapines et dérobant des fruits dans des vergers. Ils n’avaient pas d’endroit où loger, personne a qui s’adresser, et pire que tout, ils se trouvaient dans une région où les forces cormyriennes avaient souvent fort à faire pour maintenir les frontières là où elles étaient originalement établies. Sans personne pour les aider, ils ne feraient pas de vieux os. Après tout…

« Je suppose qu’on a pas trop le choix, en fait… » commença Amos.
« A la bonne heure ! » fit Rogue, joyeux en toutes circonstances.

Il bondit sur ses pieds et se dirigea vers le petit chemin de terre qui escaladait les rebords des collines des Cornes. Amos se leva et le suivit, les mains dans les poches qu’il découvrit vides, ce qui accentua son désespoir.

Ils grimpèrent pendant plus de trente minutes, et la chaleur du soleil de l’après-midi sembla se dérober au fur et à mesure de leur progression. Ils se retrouvèrent bientôt devant une entrée taillée dans la roche, donnant sur un couloir en pente douce plongé dans le noir et d’où émanait une brume sombre et opaque. Amos observa l’entrée et se tourna vers son frère.

« Berk, ton mage doit se sentir en forme dans des conditions pareilles ! Moi je dirais plutôt que cet endroit ressemble à une crypte ou un truc comme ça…
- Je suis d’accord, mais en tout cas une chose est sûre…
- Quoi ?
- Aucun animal sauvage n’irait vivre la dedans, t’as rien à craindre pour tes p’tites jambes ! »

Rogue fit une grimace moqueuse et s’avança.

« Ca sent bizarre là dedans… je dirais même que ça pue ! » Il se boucha rapidement le nez.
« Si tu parles de cette odeur immonde qui me bouche tous les orifices y compris ceux de derrière, t’as raison, ça schlingue ! »

Amos se sentait de moins en moins rassuré. Même si leur épopée s’était déjà vue mise en péril par des fermiers armés de fourches, un ours brun manifestement enragé et par des gardes hostiles, là, ça dépassait tous les niveaux de danger, et son pouls s’accélérait.
« On se tire de ce cloaque ? » proposa Amos, écoutant la voie de la sagesse, et surtout son cœur qui cognait dans sa poitrine alors qu’il reconnaissait l’odeur âcre qu’ils reniflaient tout deux.
« - Qu’est ce que ça sent ? » demanda Rogue.
« - On dirait du sang mélangé à du… soufre ? » Amos enleva sa main un instant de son nez.
« Je confirme ! » dit-il en la replaquant vigoureusement et en cherchant un mouchoir dans sa poche.
« - M’en fiche, les expériences des mages, c’est bien connu, ça veut pas dire que c’est un nécromancien fou qui va nous enfermer pour nous faire subir des expériences horribles qui nous transformeront très certainement en monstres difformes ! » Rogue fit de grands mouvements pour illustrer ses paroles, ce qui eut un effet immédiat sur son frère aîné.
« - Mmmh, ça ne me tente guère de tester… » dit-il.
« - T’as dit oui tout à l’heure, c’est toujours oui maintenant, abrège et cesse de faire ton poltron ! » répondit Rogue en le tirant par le bras tout en continuant à boucher son nez avec son autre main.

Ils entrèrent dans l’obscurité et distinguèrent, malgré celle-ci, des mots sur le mur, juste avant que le tunnel ne descende en pente douce. Ecrits dans une langue inconnue et griffonnés sur le mur par des doigts ou des pattes griffues, ils ne semblaient rien présager de bon. Suivant son cadet, Amos observa un moment la fumée qui s’élevait du fond de la grotte vers la surface. Il distingua comme une odeur de cuisine au milieu de celle du sang et du soufre, ce qui fit grogner son estomac d’une manière plus que significative. Rogue s’en rendit compte et lui donna un léger coup de coude :

« Tu sens ça ?
- Ouais, je fais plus que la sentir, je la respire à pleins poumons ! Ca pue et ça sent bon en même temps, je me demande ce qu’il fabrique, ton enchanteur ! Sûrement les recettes de sa grand-mère, sorcière elle aussi !
- T’es beaucoup trop con. » Ils se firent un clin d’œil et descendirent prudemment les premiers mètres dans le noir.

Loin devant eux, une faible lumière éclairait le couloir, qui se resserrait un peu avant de déboucher sur ce qui semblait être une salle naturelle. Ils entendirent des murmures et virent que la lumière émanait de cet endroit. Ils avancèrent prudemment en écoutant les voix qui résonnaient légèrement sur les parois pierreuses. Ces voix leur semblaient fort gutturales et ils ne reconnaissaient pas la langue dans laquelle elles s’exprimaient. Ils tendirent l’oreille en s’immobilisant, puis se demandèrent, tout bas :

« Il doit être en pleine incantation, et pas seul !
« - Ouais, je suppose » murmura Amos, alors que la vitesse de son pouls virait vraiment au n’importe quoi.
« T’es sûr qu’on devrait le déranger s’il est en plein sort ? Ce serait pas vraiment le bon plan, à mon avis !
- On s’en fout, j’ai froid et j’ai faim, puis j’en ai marre de stresser, plus vite ce sera fini mieux ce sera !
- C’est bien de positiver ! » lâcha Rogue, au comble de l’ironie.

Amos crut que son cœur allait donner au mage une indication de choix sur leur présence, mais il n’en fut rien, les voix continuaient de s’élever de la grotte. Ils virent des blocs de soufre au sol, en plein milieu de la fumée chaude, et comprirent alors que le maître des lieux, lui, ne souffrait sûrement pas d’avoir à supporter cette odeur infecte, mais qu’au contraire elle devait décourager nombre de prédateurs.

Ils avancèrent et finirent par déboucher dans la pièce naturelle. La vision des lieux leur fit perdre totalement toute notion de calme. Trois hobgobelins, entourant une marmite placée sur un feu crépitant et contenant apparemment un mets accompagné de restes de morceaux humains, discutaient tout bas dans leur affreux langage. Deux d’entre eux portaient des épées longues en piteux état et des armures légères ressemblant vaguement à des besantines qu’un éléphant de Zakhara aurait généreusement piétinées. Le troisième quant à lui tenait un arc miteux à la corde usée et était vêtu d’une armure en cuir classique, passée par dessus ses vêtements crasseux. Tous les trois portaient un casque à cornes sur la tête, duquel s’échappaient quelques mèches de cheveux gras et sombres, rassemblées en tresses sales. Leur visage, orné de leurs dents cariées et pointues, avait tout d’effrayant dans une obscurité pareille.

Le plus gros des trois se tourna vers Rogue et l’observa d’un air amusé. Il sortit son épée, accrochée jusque là à une ceinture à grosse boucle rouillée, et dit très bas une expression d’adieu hobgobeline bien connue que les deux frères ne comprirent pas :

"Braeunk whos trolkh !"

Ils surent plus tard que cette gentille phrase signifie « Si tu meurs pendant que je ne suis pas là, fais le en silence » à laquelle ils attachent toujours la suite muette « Parce que je ne voudrais surtout pas rater ça ! ».

Amos et Rogue hurlèrent à pleins poumons devant leurs trois adversaires, décidés à en finir rapidement pour pouvoir augmenter la taille de leur repas. Ceux-ci eurent le réflexe de porter un doigt griffu à leurs lèvres, et leur chef murmura quelque chose qui ressemblait à « imbécile », de sa grosse voix ridicule.

Un tremblement retentit soudain…
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Statut : Présent le weekend uniquement... et overbooké... donc rarement présent... >_<
"Shanguinius Demanthalar, pour vous détruire..." "La mort n'est que le commencement" "Qui suis-je ?"
Alias Shangy, le vieux brol, madame Pipi, récemment Luna, et j'en passe...
"Quelqu'un a retrouvé mon pot de Super Glue ?" (dédié à mon regretté Mephisto...)
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