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La Grande Bibliothèque Impériale ![]() Les rayonnages de la Grande Bibliothèque Impériale vous proposent les plus beaux récits. Vous êtes vous-même auteur à vos heures perdues ? N'hésitez pas à proposer vos oeuvres. Qui sait, vous aurez peut-être votre forum. |
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| | #1 |
| Gnoll ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() | Bonjour ! Je suis une écrivain amateure et j'aimerais savoir ce que vous pensez de ce que j'écris? Voici le prologue d'un roman. Merci d'avance de prendre la peine de le lire ! vous pouvez laissez des commentaires, mm ceux qui n'aiment pas pour me permettre de m'améliorer ! Prologue - Majesté ! Majesté ! Le jeune esclave, en livrée rouge, ne se soucia pas du lourd protocole exigé par la Reine pour entrer dans la salle du trône. Il savait que nul ne s’occuperait de le châtier après avoir entendu les nouvelles qu’il apportait. Tous se levèrent dans la grande pièce, nobles, courtisans et serviteurs en percevant ces mots prononcés avec si peu de respect. Un garde se mit en travers de sa voie, mais l’esclave, emporté par son élan et sa joie, le bouscula sans peine. Il prit moins d’une seconde pour s’agenouiller et se relever devant la Reine, assise sur son trône en or massif. À présent qu’il était en face de son Altesse royale, les mots qui se bousculaient il y avait peu dans sa tête souffraient pour sortir de sa bouche. Mais s’il ne parlait pas vite, il serait bientôt écartelé pour ce manque à l’étiquette. On ne tarissait pas d’éloges sur la cruauté de sa Majesté. - Ma Reine, commença-t-il, essoufflé, c’est la rébellion, la… révolution ! En disant ces mots, il tenta de masquer son sourire. Si les rebelles réussissaient… le pays serait enfin délivré de cette dirigeante qui les gouvernait depuis trois ans déjà, avec une injustice et une inhumanité sans égales. Il leva la tête vers la Reine. Pas même la grossesse ne semblait la fatiguer. Elle ne fit que sourire un moment. La cour se taisait. Elle se leva. - C’est cet abruti de Fetzig qui dirige ce complot. La révolution n’ira pas loin avec lui. Sa phrase se terminait, tous les nobles saluèrent, comme l’imposaient les conventions. Loin d’agacer la Reine, cela l’amusait. Elle savait que ces riches seigneurs du royaume enduraient toutes ses règles ridicules pour obtenir un grain du pouvoir qu’ils n’auraient jamais. - Je vais m’en occuper, mais ne vous inquiétez pas, ce sera vite terminé. Nouveaux balancements de la salle. Elle s’avança énergiquement jusqu’aux portes puis s’arrêta avant de la franchir. Elle se retourna, pointant l’esclave du doigt. - Tuez-le. - De quelle façon, ma Reine ? s’enquit le chef de sa garde personnelle, un des rares à pouvoir lui adresser la parole sans autorisation particulière au préalable. - Rapidement, je n’aurai pas le temps de m’amuser aujourd’hui. Elle sortit, sous les petits saluts ennuyés de sa cour, murmurant à voix haute : - Fetzig, cher cousin, je vais cette fois m’assurer que tu ne reviennes jamais ! Fetzig des Hauts Rocs parcourait les rangs de son armée, vérifiant la motivation de ses hommes d’un regard, rassurant certains avec une phrase, un petit discours emphatique. Ils lui souriaient, persuadés qu’avec lui, ils établiraient un système plus équitable, plus doux. Fetzig était sérieux d’apparence, mais il ne faisait que rire en lui-même. Il était si fier de duper tous ces gueux, et tous ces chevaliers. Sa stratégie était parfaite. Le peuple, et même les seigneurs le croyaient prêt à prendre les armes pour eux, et installer, une fois la Reine vaincue, un gouvernement des pauvres ! Quelle crédulité ! Tout continuerait comme avant, avec lui à la tête du royaume. Cela le réjouissait car il était seul à connaître sa trahison. Et rien, rien ! ne l’empêcherait de réaliser ces plans. Il avait choisi le moment unique quand la Reine serait la plus affaiblie, bien qu’elle ne le montrât pas : la fin de sa grossesse. Bien sûr, certains pouvaient penser qu’il agissait ainsi par pure vengeance : il avait autrefois été le concurrent direct de la Reine pour s’asseoir sur le trône magique de Roc, mais elle l’avait évincé d’une façon humiliante. Fetzig en ressentait encore un pincement au cœur. Pour pouvoir régner sur le royaume de Roc, il fallait être un descendant de la famille des Hauts-Rocs, la famille du premier roi, et être choisi parmi tous les autres prétendants à la couronne par le conseil de Roc. Les membres du conseil n’avaient pas voulu de Fetzig et avaient élu Mug-Kla. À présent ils étaient tous morts. Mais peu leur importait à ces gens qu’il veuille ou non se venger, il servait de toute façon leurs propres desseins. Son inspection se termina. Les hommes étaient nerveux, comme un troupeau de bêtes que l’on emmène à l’autel du sacrifice. Fetzig rentra dans sa tente, où plusieurs des chevaliers engagés discutaient, impatients eux aussi. Fetzig se sentait bien, heureux comme le serait le prêtre qui organise une offrande à un quelconque dieu, une offrande exigeant des morts. Il saisit le parchemin sur lequel était écrit le discours destiné à la Reine avant le début de la bataille. Il espérait secrètement que les soldats royaux rejoindraient le camp de la révolte pendant, voire même avant les combats. Il sortit à nouveau de la tente et regarda les remparts qui entouraient la ville. Il connaissait la capitale par cœur. Il connaissait toutes les entrées secrètes, ce qui allait enfin lui rendre service. Et quel service ! Une fois encore, il se promena entre les rangs, à pied cette fois, plongé dans ses réflexions et ses certitudes. Il se rendit compte que toutes les conversations tournaient autour d’un même sujet, et que ce n’était pas l’attaque imminente. - Elle accouche dans combien de temps la Sorcière ? Il devina aisément que « la Sorcière » désignait la Reine. Cela la qualifiait bien ; elle interdisait toute forme de magie dans le pays excepté la sienne bien entendu. - Quinze jours, c’est ce qu’on dit. Impossible de savoir mieux. - Elle mourra dans l’accouchement ! fut prononcé avec une note d’espoir. Fetzig qualifia intérieurement celui qui avait dit ces mots d’imbécile. Si la Reine avait la moindre chance de mourir en couches, il aurait attendu un petit mois encore. Mais il savait très bien qu’elle était protégée par sa puissante magie, et qu’elle mourrait de tout sauf de mort naturelle. Les teintes du ciel viraient du bleu au rouge orangé. Il était temps d’attaquer. Chaque capitaine commandait mille hommes et prendrait un passage différent. Lui-même serait en retrait, évidemment. L’armée des rebelles se mit en marche. L’angoisse fit place au courage. La Reine, même avec toute sa magie, ne pourrait leur résister. Fetzig suivit le cinquième régiment, qui empruntait le souterrain sud, c’était le plus facile à traverser. Disons, le moins salissant. Le souterrain est, par exemple, passait par les égouts. Il avait dû l’utiliser, une fois, quand il s’était enfui en abandonnant la course au trône, ridiculisé dans l’esprit de chacun. Que c’était agréable de voir le symbole de sa maison, un loup, peint sur tous les chevaux, sur tous les boucliers, comme dans le temps où la famille des Hauts-Rocs dominait toutes les autres lignées. Il ignorait ce que murmuraient ses hommes, ils le traitaient de lâche d’être ainsi derrière. Ne doit-on pas tout sacrifier pour la liberté ? Après tout, peu lui importait ce que l’on disait sur lui. Il nourrissait leur rêve, était à deux doigts de le concrétiser, ils n’allaient pas le renverser maintenant. - Seigneur Fetzig ? - Qu’y a-t-il ? Il détestait qu’on le dérange quand il pensait. - Le capitaine vous demande de venir. Nous ne trouvons pas l’entrée du passage. Il avait oublié que le que le souterrain sud était caché et ne s’ouvrait qu’avec un mécanisme particulier. Sur les remparts, les soldats de la Reine leur lançaient flèches et pierres, sans grandes conséquences. D’ailleurs, ceux qui les envoyaient s’exécutaient avec peu de conviction, et hésitaient plutôt à leur ouvrir les portes de la ville. Fetzig repéra le rocher derrière lequel se cachait le mécanisme. Il l’actionna, et quelques secondes après, le millier d’hommes passait sous les murailles et entrait dans Rocbourg, avec l’intention de renverser la Reine. Mug-Kla des Hauts Rocs, souveraine du royaume de Roc, comptait à sa fenêtre le nombre de morts qui tombaient au cours de la bataille. Ce serait autant d’âmes à fournir à son allié, autant de corps qu’elle pourrait déverser dans la « Faille de l’Enfer », comme l’appelait le peuple. Elle caressa son ventre rond. Dommage que Fetzig n’ait pas attaqué un peu plus tard, son enfant serait ainsi né dans la guerre, ç’aurait été un bon présage. Elle haussa un sourcil en voyant Fetzig. Il essayait de s’installer dans une grange où il ne risquerait pas de prendre un mauvais coup. Les yeux de la Reine n’étaient plus des yeux humains. Ils voyaient autre chose que le monde tel qu’il était. Ils voyaient plus loin, plus profond. Elle sentait bien son enfant en elle. Elle pouvait dire s’il était mâle ou femelle, quels caractères il tenait d’elle-même. - Contemple, enfant, contemple à travers moi les réjouissances de la mort. Elle commençait à s’ennuyer. Elle en tua quelques-uns avec sa magie, de là où elle se tenait, par la simple force de son regard. Puis elle appela le chef de sa garde personnelle. - Vous m’avez mandé, ma Dame ? fit le barbu en s’agenouillant. - Oui, répondit-elle en veillant à ne pas lui dire de se relever. Envoie tes vingt meilleurs chevaliers, qu’ils finissent le travail. La population a eu la bonne idée de ne pas se mêler au combat pour aider Fetzig. Et que tes hommes me le ramènent vivant. Comme il ne partait pas, elle lui lança un « va ! » qu’il n’osa pas interpréter et il s’en alla exécuter ses ordres. Elle retourna à sa fenêtre, admirer le spectacle en souriant. Quand il eut comprit que c’était fini, Fetzig tenta aussitôt de s’enfuir. Les hommes levant encore son symbole tombaient les uns après les autres. Il ne doutait pas que la Reine usait de sa magie. Si seulement il possédait encore des hordes de mages à son service ! Il se retrouva devant l’entrée du souterrain Est. Les égouts. Cela lui rappelait de mauvais souvenirs. Il savait cependant qu’il ne devait pas hésiter. Mug-Kla voudrait le torturer. Il se jeta dans les égouts de la capitale. À ce niveau, leur pays était très moderne. Il avança parmi les cadavres et la selle, tout en réfléchissant. Il n’abandonnait pas son grand projet et connaissait un autre moyen de le réaliser. Plus risqué, plus long. Mais c’était possible. Il s’emporta un instant, certain de réussir, trébucha contre un corps, et s’étala dans l’eau immonde des tunnels. Il sortit enfin, puant, sale, mais il avait déjà oublié sa récente défaite. Il ne prit pas le temps de se laver dans une rivière et s’engagea vers le sud-est, vers le pays voisin, vers les Knars. La Reine félicita ses soldats de l’éclatante victoire qu’ils avaient remportée. Elle savoura leur peur, pendant qu’elle parcourait leurs rangs. Ils craignaient une de ses sautes d’humeur et qu’elle choisisse l’un d’entre eux pour l’abattre sans raison. C’était le risque à accepter pour servir quelqu’un comme elle. Tout prouvait pourtant qu’elle était dans un jour de grande clémence, elle n’en avait puni aucun pour ne pas avoir ramené Fetzig. Elle avait un nombre suffisant de morts. Elle jeta un coup d’œil satisfait aux charrettes remplies de morts. On les avait déshabillés. Son allié n’avait que faire des vêtements. Elle ferait un grand feu avec ces restes de tissus. Sur la grand’ place de la capitale, devant les pauvres. Elle sourit à cette idée. Elle monta, sans aide, à cheval. - En route vers la Faille des Enfers ! Bien que tous ici savaient qu’elle allait prononcer ces mots, chacun frissonna. La Faille des Enfers était une gigantesque crevasse, à deux jours de la capitale. Il n’y avait aucun village sur cette distance autour de cette cicatrice tellurique, et nul, hormis quelques braves et la Reine, n’osait s’en approcher. Mais celui présent ici qui hésiterait serait exécuté aussitôt. Dès qu’on s’approchait d’une centaine de pieds de la faille, on entendait des cris atroces, inhumains, qui fendaient les tympans et semblaient avoir creusé cette faille dans la terre par eux-mêmes. Aucun des soldats de la petite escorte de la Reine n’ignorait ce que leur souveraine voulait faire sur ce lieu maudit et avec tous ces cadavres. Moins d’une dizaine de personnes assista à leur départ. Quelques mères pleuraient leur fils décédé au combat. La Reine prenait tout, même les morts. Mug-Kla s’aperçut que, au fur et à mesure du voyage, son bébé s’agitait d’avantage. Etait-ce parce qu’il ressentait la présence proche de son père spirituel ? Ou tout simplement parce que la naissance arrivait, imminente ? Ça n’était pas important. Ce serait bien qu’il vienne à la vie au cours de la cérémonie. Cela ferait venir son puissant allié. Deux jours plus tard, la Reine et ses soldats étaient installés le long de la Faille. Les hommes étaient blancs, supportant avec difficulté les cris qui en sortaient. - Apportez la charrette ! ordonna la Reine, imperturbable. Avec difficulté, deux esclaves déplacèrent le convoi des cadavres jusqu’au bord du gouffre. Mais ils ne tremblaient pas parce que le chariot était lourd. Ils sentaient leur sang se glacer en eux, et la voix de la Reine leur parvint même à travers les cris. - Jetez les corps ! Un à un ! Ils obéirent, parce qu’ils étaient esclaves, et parce que tous, excepté la Reine, désiraient s’éloigner de cet endroit au plus vite. Toutes les têtes suivaient chaque homme nu tomber dans le néant, et les hurlements s’intensifiaient dès qu’un autre anonyme s’ajoutait à la liste des damnés. Le chef des gardes, livide, détourna la tête devant ce spectacle à la fois fascinant, excitant et insupportable, pour poser son regard sur la Reine. Un sourire déformait son beau visage. Elle balançait la tête quand les esclaves, prêts à s’évanouir, lançaient un nouveau cadavre. Sa main droite caressait sans cesse son ventre rond. Elle plissa les yeux soudain, et il suivit immédiatement le regard de Mug-Kla afin de voir ce qui avait attiré son attention. Les esclaves avaient cessé leur triste besogne. La Faille des Enfers, au lieu de son noir impénétrable était à présent rougeoyante et une chaleur intense s’en dégageait. Un silence paniquant lui envahit les oreilles. - Partez ! hurla la Reine sur un ton hystérique. Partez tous ! Laissez-moi seule ! Instantanément, ce fut la bousculade. Les soldats, sans ordre aucun, se mirent à courir, affolés de ces cris stridents si différents des précédents, et ravis en même temps de pouvoir s’enfuir. Bientôt, Mug-Kla fut tranquille face à la fosse et à la chaleur croissante. Seul le chef des gardes répugna à s’en aller, mais elle le rassura d’un signe de tête autoritaire. - Montre-toi, souffla-t-elle. Elle mit pied à terre. Enfin le sol s’ouvrit en un craquement de douleur pour laisser apparaître un homme à tête de taureau, avec quatre cornes et un anneau d’or autour du cou. Il mesurait environ treize pieds de haut, et son corps était caché par des flammes au moins aussi grandes. Mug-Kla sentit le bébé pousser un cri en elle. Le monstre la salua. Ses genoux ployèrent devant lui. Elle vit le bébé remonter dans sa gorge, puis elle le vomit aux pieds du Maître de la Mort. Celui-ci le saisit entre ses doigts immenses, afin de mieux l’observer. La femme se releva dès qu’elle s’en sentit capable. - Qui est le père ? demanda le Maître, et sa voix fit trembler les quelques arbres résistant encore au désert qui s’étendait autour de la Faille. - Il n’en a pas, répondit la Reine, avec toute l’assurance dont elle était capable. Le Maître regarda la petit. Il ignorait si elle disait ça parce qu’elle ne voulait pas qu’il sache, ou si elle l’avait réellement conçu seule. Elle en était capable. - Cet enfant est à toi, reprit-elle. Si tu me donnes ce que je veux. - Oui… j’en ai besoin. Je peux avoir toutes les femmes que je désire… Mais elles meurent avant de même concevoir leur petit. Et il me faut un héritier… Tu auras ce que tu réclames. Il se baissa et lui rendit le bébé. Elle lui jeta un coup d’œil interrogateur. Elle n’arrivait jamais à se contrôler face à lui. Elle pouvait bien paraître cruelle aux yeux des hommes, jamais elle ne le serait autant que lui. - Elève-le selon mes principes. Il retourna à l’intérieur de la Faille, mais lui lança quelques mots encore : - Merci pour les cadavres. Si tu peux m’en envoyer d’autres… Elle sourit et murmura : « je vous en enverrai ». Il disparut dans les flammes, qui peu à peu s’éteignirent. La Faille retrouva progressivement sa taille habituelle. La Reine conserva son sourire diabolique tout en caressant le crâne chauve du bébé. Elle agita la main au-dessus de sa tête et prononça en même temps un flot de paroles étranges. Une lueur rouge enveloppa un instant le petit. - Voilà, déclara Mug-Kla, tu es désormais intouchable par les flammes. Elle regarda de quel sexe était son enfant, réajusta sa couronne marquée d’un loup, le symbole de sa maison, puis monta en selle avec un sourire satisfait. Fetzig sortit de la forêt commune aux deux royaumes en trébuchant sur une racine. Ce fut ainsi qu’il franchit la frontière du pays Knar, voisin du Royaume de Roc. Il se précipita jusqu’au palais du conseil Knar, proche de la forêt, il lui suffisait de passer les portes de la capitale knare. Voyageant, se reposant à peine depuis un mois, il n’était pas dans un état tout à fait présentable, mais il se dit qu’il attirerait d’avantage ainsi leur attention. Déjà deux gardes l’arrêtèrent. - Holà ! Gueux ! Où vas-tu comme ça ? - Je viens du pays de Roc, soldats. Je suis ambassadeur. - Toi ? Ambassadeur ? Ils partirent d’un gros rire. Fetzig sentit le rouge lui envahir le visage. Les Knars étaient si vulgaires. D’autant qu’ils le comprenaient mieux qu’il ne les comprenait. C’était agaçant et surtout humiliant de se sentir ainsi inférieur. Il avait bien une preuve sur lui de sa classe et de sa noblesse, mais il hésitait à la révéler devant ces deux idiots. - Tu viens avec nous. Nous allons te montrer à notre Roy. Il pourra rire un peu. Sans bien savoir ce qu’ils lui voulaient, Fetzig suivit les deux gardes à l’intérieur du palais. Celui-ci était bien moins imposant que celui de Mug-Kla, mais ô combien plus confortable. Plus étendu sur le sol au lieu d’être en hauteur, des tapisseries à la place des armures, et du marbre ou du bois pour remplacer des pierres désagréables. Fetzig s’émerveilla devant ce luxe si réconfortant. Ils arrivèrent dans la salle du conseil, où le Roi, au centre, discutait sans manière avec sa femme et ses conseillers. Sans délicatesse, les soldats jetèrent Fetzig à ses pieds. Le Roi lui laissa un coup d’œil méprisant. - Que veux-tu miséreux ? - Majesté, mon nom est Fetzig des Hauts Rocs. J’étais le principal opposant à l’ascension de Mug-Kla, et si vous me voyez aujourd’hui dans cet état, c’est parce ce que j’ai échoué dans ma tentative de révolution. Aidez-moi à retrouver le trône ! Vous pourriez y trouver votre compte. Le Roi resta un moment à l’observer puis regarda ses conseillers. - Je vais vous donner de quoi vous vêtir, dit-il en rocquois avec un léger accent cependant, puis nous en reparlerons. Fetzig salua, puis se retira, guidé par un valet. Le lendemain, il fut invité au conseil. Il s’y rendit seul, intimidé. Aucun d’entre eux ne se leva pour l’accueillir. Il jeta un coup d’œil dans la salle circulaire. Il n’y avait pas uniquement le Roi et ses conseillers, mais aussi une demi-douzaine d’hommes vêtus de longues robes uniformes et de chapeaux pointus. La plupart d’entre eux portaient la barbe et ils n’étaient plus dans leur première jeunesse. Fetzig fréquentait autrefois cette caste, dans le royaume de Roc, des mages ou des druides, mais depuis l’avènement de la Reine, il leur était interdit de pratiquer leur art. Cette présence le mit mal à l’aise. Il ignorait quel était leur pouvoir chez les Knars. - Asseyez-vous, lui dit un conseiller. Il obéit en prenant place sur l’unique chaise vide autour de la table espérant avoir bien compris les quelques mots. - Nous ferons la guerre, dit le Roi sans autre préambule. Fetzig laissa un sourire se dessiner sur son visage. - Je vous promets que, une fois au pouvoir, j’engagerai des relations… - Mais la date n’est pas encore fixée, l’interrompit l’un des conseillers, ses yeux et son expression totalement dénués de gène. Interloqué, coupé dans son élan, Fetzig réussit cependant à se ressaisir : - Evidemment, le plus tôt sera le mieux, afin que mes hommes survivants soient encore pleins de rage de leur défaite… - Nous allons en décider maintenant, déclara un mage, sans prêter attention au regard furieux et ébahi de Fetzig qui commençait à regretter le protocole instauré par Mug-Kla. - Quand serons-nous dans une année favorable ? s’enquit le Roi. - Faites le noir dans la salle, ordonna un mage. Plusieurs valets tirèrent les lourds rideaux qui encadraient les fenêtres, et la pièce fut plongée dans l’obscurité. Fetzig se raidit. Il y avait bien longtemps, lui semblait-il, qu’il n’avait pas assisté à une séance de magie. Il sentait la peur l’entourer peu à peu. Celui qui semblait être le chef des mages fut soudain éclairé par une lumière qui sortait de ses propres mains. Il fit de grands gestes dans le vide, et une trace lumineuse suivait ses mouvements, de sorte qu’un signe apparut dans l’espace, devant les yeux de tous. Mais seuls ceux de Fetzig étaient exorbités de terreur et d’admiration. La lumière revint éclairer la salle du conseil. - Et bien ? dit le Roi. - Le futur ne me paraît pas agréable, Majesté. C’est vingt ans qu’espérer il nous faudra. La guerre ne devra pas éclater avant. Un conseiller se tourna vers Fetzig et lui traduisit les paroles du druide. Il ajouta. - Vous devrez rester dans notre pays durant ces vingt années avant que nous ne déclarions la guerre. Fetzig baissa les yeux. Que les Knars étaient stupides de suivre les visions d’un troupeau de fous ! « Le futur ne paraît pas agréable. » N’importe quoi. Mais ne s’était-il pas dit qu’il ferait n’importe quoi pour atteindre le trône. Même gâcher vingt ans de sa vie chez un peuple de barbares...
__________________ 15 mai - 1er juin : internet par très grande intermittence ... ! Les Trois erreurs de la Reine Les Sillages |
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| Araignée Géante ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() Date d'inscription: novembre 2003 Localisation: C'est que.
Messages: 517
| Erreur de tape: Citation:
Citation:
)wouahhhhh :hein: franchement, j'ai adoré, c'est plutôt délicat de ta part de faire un prologue de ce genre mais il est superbement fait!! ça manque peu être d'une légère pincée de description pour mieu connaitre l'endroit où on se trouve!!Et puis pour une fois que c'est pas une histoire entre bon et méchant, ça fait du bien!! je suis tout coeur avec toi pour la suite!! La Suite, La Suite!!! :notme:
__________________ Illusion de la propreté. Mes écrits "Je rappelle que le flood n'est TOUJOURS pas autorisé..." ©Garfield. Attention le chat veille. | ||
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| | #3 |
| Gnoll ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() | merci pour ta réaction ! ça fait vraiment plaisir !! c vrai que j'ai un peu de mal avec les description :sad: meci de ce commentaire je vais pouvoir améliorer ça !! (je vais attendre de voir si il y a d'autres réactions avant de mettre la suite...)
__________________ 15 mai - 1er juin : internet par très grande intermittence ... ! Les Trois erreurs de la Reine Les Sillages |
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| Ver Charognard ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() | C'est pas mal du tout, et ça commence bien, un révolution, rein que ça.... Continue comme ça............ :rigoler:
__________________ Lorsque l'humanité aura acquis tout le savoir dont elle peut disposer, elle se détruira d'elle même. Moi."Ce qui ne te tue pas te rends plus fort." Ouais mais avec un bon Clerc, la mort n'est plus qu'un détail. ma bio rp, actuellement (longue) pause rp... |
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| | #5 |
| Gnoll ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() | merci pour ces encouragements ! je mets le chapitre 1 bonne lecture --------------- Vingt ans plus tard… Chapitre 1 En apparence seulement, les gens évitaient tous soigneusement la maison du mage, puisque la Reine n’aimait pas les mages. Et puis, ils avaient toujours eu peur de lui, dans cette petite ville de Rocahnya. Mais c’était tellement utile de s’offrir ses services de temps à autre ! Alors, les voisins de la haute maison à colombages rouges et blancs voyaient, parfois ou souvent, les gens frapper à sa porte puis y entrer après s’être assuré que personne ne les observait. Mme Hyom avait une fenêtre juste en face de la maison du mage. Ce jour-là, elle y était postée, un cahier dans une main et une plume dans l’autre. Elle était une des rares femmes, et une des rares tout simplement à savoir lire dans la ville. C’était ainsi qu’elle gagnait sa vie, en sachant lire. Elle se savait intelligente et volontaire. Peut-être avait-elle oublié qu’elle était curieuse. Sur son cahier étaient notés des groupes de chiffres, et quelques commentaires comme : « Vendredi seize : arrivée à la seconde chandelle du soir, et départ à la première moitié du matin. » Mme Hyom repéra, trois ans auparavant, un visiteur du mage qui revenait à intervalles réguliers. Décidée à mettre au jour ce mystère dans sa vie quotidienne à Rocahnya, elle s’installait désormais à chaque visite de cet inconnu. Si elle le démasquait, elle le dénoncerait en tant « qu’ami de magicien et sorcier probable », et elle serait riche. Sa seconde chandelle de la nuit s’éteignait. Le visiteur arrivait. Il frappa à la porte. Mme Hyom se tordit le cou en tentant d’apercevoir un visage sous la capuche, en vain. Le mage Seber alla ouvrir. Il savait bien qui c’était mais il avait si peur de tirer la porte… ! C’était une folle qu’il laissait là entrer dans sa maison. - Bonjour, mage. Il détestait sa voix. Trompeuse, sifflante, intense, horrible. Elle abaissa sa capuche et lui sourit. Ce n’était pas un sourire de bienveillance, ni de simple salut. Avec sa bouche longue et fine, elle ne pouvait que faire semblant, elle n’était qu’intéressée. - Je ne vais pouvoir vous accueillir longtemps, commença-t-il. - Vous dites ça à chaque fois ! Elle enleva son manteau, toujours avec un sourire aux lèvres. Qu’elle était laide la tueuse à gages de Seber ! Sa peau se tendait contre son crâne, lui donnant l’air d’un squelette, elle avait un nez, si on appelait ça un nez… deux fentes, telle un serpent. Sa bouche, un trait long et vicieux, fendait le bas de son visage et ses yeux, d’un gris délavé et expressivement inexpressifs, adoptaient la même forme, s’étirant avec méchanceté de part et d’autre du nez jusqu’aux oreilles. Elle avait les cheveux sales, sans couleur nommable, qui s’emmêlaient en une étrange crinière autour de son visage. Elle était ni petite ni grande, maigre, et à première vue le mage ne l’aurait jamais cru capable de soulever l’épée qui pendait à son côté. Pourtant, combien de fois lui avait-elle rapporté le morceau d’un ennemi qu’il lui avait chargé de tuer à sa place ? Seber était important dans la confrérie désormais clandestine des mages. Il ne pouvait se permettre de trop se mouiller. - Voilà une des bagues de la comtesse, dit-elle après avoir sorti le bijou de sa poche. Il y a le blason des Rocs de Gorane gravé à l’intérieur. - Vous auriez pu le dérober à la femme du comte, fit Seber, se méfiant par principe, mais saisissant l’objet. - C’est vrai. Mais j’ai trouvé que c’était une preuve plus agréable que son cœur. Cependant, ajouta-t-elle, si vous l’exigez… Je l’ai sur moi. - Donnez-le-moi ! Je l’analyserai. - Chez les de Perrin, j’ai cru comprendre que ce n’était pas exactement la mort de la comtesse qu’ils souhaitaient, dit la jeune femme. Mais près tout, j’ai fait ce que vous m’aviez demandé… - J’ai choisi la solution la plus rapide, répondit précipitamment l’érudit. Et vous, Saura, mêlez-vous de ce qui vous regarde. Donnez-moi le cœur. Elle s’exécuta. - Vous pouvez partir, dit-il en lui tournant le dos. Saura sourit. - N’oubliez-vous pas quelque chose, mage ? Il la regarda. Bien sûr qu’il avait oublié, il avait fait exprès. Il croisa son regard. C’était trop simple de lire dans ses yeux. Il devait gagner du temps. D’une voix légèrement tremblante, il prit la parole : - Que souhaitez-vous ? - La magie, Seber, siffla-t-elle. Tu le sais. Je veux que tu me donnes les secrets de la magie. - La Reine interdit à tout autre qu’elle de pratiquer ou transmettre la magie. - La Reine interdit à tout autre qu’elle de tuer ! Il se tut. Il prépara une incantation d’extrême recours, pour se débarrasser d’elle. Il n’ignorait pas qu’elle se vengerait s’il la laissait en vie. Mais il ne pouvait pas lui apprendre les bases de ce pouvoir. Elle n’en serait que plus dangereuse. Trop dangereuse. Elle fut plus rapide. Elle le transperça de part en part avec son épée. Puis elle essuya sa lame sur les vêtements du mage. Elle se pencha sur le corps, ouvrit la main de Seber et récupéra la bague. - La bague de la Comtesse de Roc de Gorane. J’effacerai l’inscription et j’en tirerai un bon prix. Elle remit son manteau, réinstalla sa capuche et sortit de la maison aux colombages blancs et rouges. La Reine rêva du Maître de la Mort. Il lui dit, dans le pays des songes, de venir le voir à la Faille, avec l’enfant. Le lendemain, elle partit, accompagnée de l’enfant qui alors avait atteint se dix-sept ans. Elle était enceinte à nouveau et destinait ce second petit à hériter de son royaume. C’était un « dernier recours », un « au cas où » elle échouerait dans son but. Elle sentait son honneur se défendre d’être ainsi convoquée, mais elle savait qu’elle ferait n’importe quoi pour atteindre ses rêves. Son rêve. Le Roi des Ténèbres les attendait. Il avait revêtu une forme humaine. Il ne désirait pas impressionner son prochain héritier. Enfin, pas trop. - Quel est ton nom, demanda-t-il en s’adressant à l’enfant de Mug-Kla. Il ne reçut aucune réponse, et vit le fils, ou était-ce la fille ? Lui-même n’aurait su le dire, il ne voyait pas une parcelle de son corps ni de son visage, hormis ses yeux. Le fils ou la fille de la Reine se tourna vers sa mère au lieu de répondre. - Mon enfant, dit celle-ci. Désormais ce sera au Seigneur des Enfers qu’il te faudra obéir. L’autre fixait la Faille, écoutait les cris qui s’en échappaient continuellement, sans broncher. - Je m’appelle Lur, lâcha-t-il (elle ?) enfin. La voix ne permit aucune identification. Ç’aurait pu être un jeune homme. La Reine sourit et lui caressa doucement la main. - Tiens, Lur, dit le Maître. Prend ce talisman. Mon père l’a forgé. Si tu en es digne, tu seras mon héritier. La Reine lança un regard furieux au Maître. Il n’avait jamais parlé de conditions. Cependant elle se tut, parce qu’elle n’allait pas tout gâcher à présent, parce qu’elle savait qu’elle l’avait éduqué pour être à la hauteur. Parce que le Maître avait besoin d’elle et de son enfant. Lur (prénom androgyne) se saisit du talisman. Simple en apparence : un disque fait d’or rouge, mais sur lequel étaient gravés plusieurs symboles, dont un taureau. - Tu en découvriras la signification à temps, dit le Maître. Retourne-le ! Lur s’exécuta, sous les yeux observateurs de sa mère. - Ici est inscrit le prénom de mon héritier, fit le Roi des Enfers. - On me nommera ainsi quand je l’aurais mérité, déclara l’enfant de Mug-Kla. La Reine releva la tête et enfonça dangereusement son regard dans celui du Maître. Il hocha la tête. Elle venait de lui vendre son premier enfant. Elle caressa son ventre. Elle se réservait le second. Celui-là serait un garçon. Le comte Carlek de Roc de Gorane faisait les cent pas dans sa chambre. On venait de tuer la comtesse. Enfin, sa mère. C’est-à-dire l’ex comtesse. Il s’assit sur son lit et se prit la tête à deux mains. Il voulut démêler les choses dans son esprit. Sa mère, du temps de son vivant se maria à un comte. Elle enfanta d’un fils, lui-même. Le père de Carlek mourut lorsque l'enfant n’avait qu’une dizaine d’années, lui léguant alors le titre, le domaine et la fortune des de Gorane. La mère de Carlek conserva l’appellation de comtesse car si son fils mourait, ce serait elle qui hériterait de la seigneurie, et non la future femme de Carlek. Or, le comte de Roc de Gorane, Carlek, épousa une veuve qui avait déjà un fils. Le comte l’adopta sans hésiter. Il se concentra. Sa femme n’était pas comtesse, puisque c’était la mère de Carlek –le comte- qui possédait le titre. Il ne pouvait y avoir deux comtesses de Roc de Gorane à la fois. Mais dans ce cas, il ne se souvenait plus qui héritait de sa mère ou de son fils adoptif. Là n’était pas la question. Enfin, si, un peu. Mais la situation avait évolué depuis, car sa femme Hynria avait accouché cinq jours plus tôt d’un fils, alors que ni elle ni lui n’attendaient plus une joie si grande. On frappa à la porte. Il se leva avec un début de migraine. Carlek entendait les cris de la foule au dehors du château. Il ne croyait pas son fils coupable, –enfin pas son fils, celui d’Hynria, mais c’était tout comme. - On vous attend pour le procès, dit un serviteur derrière la porte. Le comte ouvrit et traversa les couloirs de son château sombre et humide jusqu’à l’entrée. Il sortit et marcha d’un pas précis pour atteindre le chêne de la seigneurie, symbole de justice. Gillem, le malheureux accusé, attendait impassible devant les yeux convaincus de tous. Carlek ne pouvait le défendre. Ce n’était pas ici son rôle, mais il souffrait d’entendre ses serfs huer un être aussi généreux que Gillem. De toute façon, ils avaient toujours rejeté sa Hynria. Ils la tenaient responsable de ce qu’il n’ait pas d’enfant, et maintenant pour la mère de l’assassin de l’ancienne comtesse. Le peuple connaissait la vieille femme depuis longtemps. Trop longtemps peut-être. Carlek s’assit à la place réservée au juge. Il n’osa pas croiser les yeux de son fil, même s’il savait que Gillem ne lui en voudrait pas. Pas dans quelques années, après avoir digéré cet affront. Carlek était seul face à sa conscience, qui elle-même hésitait à lui dire s’il agissait mal ou non. On put enfin écouter l’acte d’accusation : - Gillem, fils de Rog des FolRocs, et d’Hynria née Roc le Grand, la justice vous réclame de sang de la défunte Gaë, née… Fetzig se caressa le menton, lisse de tout poil. Il se sentait beau dans ses cinquante ans, et proche de voir son rêve se réaliser. Au début de son exil en pays Knar, il avait tenté par tous les moyens de fléchir la décision du conseil. Il ne désirait pas gâcher sa vie en une attente inutile. Puis il s’était fait à l’idée. Il maîtrisait de mieux en mieux les subtilités de la langue knare. Il avait même fini par en prendre l’accent. On lui avait confié un poste de général dans l’armée. Il avait pris son mal en patience. Il réalisa, dès le début de sa peine, que les Knars, à l’opposé des traditions rocquoises, était un peuple pacifique, mais pas pacifiste cependant. Il sortit de ses appartements. Il devait aller écouter le discours du Roi pour l’envoi à la guerre. Il allait se servir des croyances du peuple, les rumeurs disaient que la Reine du pays de Roc buvait du sang, mangeait de la chair humaine, et que, se lassant de son peuple, elle allait envahir Knar. Fetzig était bien le seul au gouvernement à donner foi à ces racontars. Mais pour le conseil, c’était un motif crédible et justifiable pour lancer la populace à la guerre. Les Knars étaient moins bien armés mais mieux entraînés que les soldats rocquois, ils étaient vingt fois plus nombreux et surtout, ils faisaient confiance à leurs chefs. Il rejoignit le conseil sur la terrasse du palais. Le Roi tenait son discours. Devant, l’écoutant, les officiers de l’armée knare, l’unique centaine de soldats professionnels, qui allaient diriger une grasse majorité de volontaires, et le reste recruté de force. Fetzig sourit. Roc, même avec la magie de Mug-Kla, ne pourrait résister devant ce nombre. - Ecoutez-moi, braves de Knar ! Le moment de terrasser la Sorcière est venu ! Il avait pris des rides, le Roi de Knar. Fetzig se demandait s’il passerait la guerre. Ce n’était pas certain. - Prenez toutes vos armes pour sauver le pays ! Sus aux terres de Roc ! Des cris de guerre montèrent de la petite foule quand un homme fendit les rangs en s’évanouissant aux pieds des marches du palais. Des cris montèrent de la foule en entendant une voix sur l’estrade demander des preuves, puis cessèrent quand on s’aperçut que c’était le comte qui avait prononcé ces mots. Gillem ne sourit pas. Il savait qu’il n’y avait aucune preuve. Tous ici le savaient, mais cela n’empêcherait personne d’exécuter la sentence. - Les preuves sont fournies par de nombreux témoignages, dit le conseiller de Carlek, son ami intime, qui lui aussi devait tenir son rôle, remplir son devoir avant tout. - Gillem ici présent a déclaré ne pas se soucier d’être déshérité en faveur de son demi-frère, âgé alors de deux jours. Gillem a ensuite affirmé regretter, je cite : « que sa mère n’ait aucune assurance au cas où », il a ensuite eu un rire gêné et, je cite à nouveau : « Il faudrait pour ça qu’elle soit comtesse. » Or vous savez que si dame Hynria veut reprendre le titre, elle doit attendre la mort de dame Gaë. Autrement dit, Gillem avait déjà préparé le meurtre de la défunte comtesse. Gillem poussa un soupir d’exaspération, que d’aucuns prirent pour du regret, et les huées redoublèrent de volume. Un cri brisa soudain la haine. - Regardez ! Au-dessus de Gillem ! Tous les regards se tournèrent dans la direction indiquée, lui-même leva la tête. Un petit être pourvu d’ailes de libellules voletait à quelques pieds du sol. - C’est sa conscience ? hurla une femme. - Non ! rugit un homme. C’est une fée ! À moi la prime ! Il s’élança en direction de l’estrade. - Trois mille pièces d’argent ! C’est pour moi ! cria un autre, et d’autres encore. Bientôt, ce fut la mêlée pour capturer la créature magique, pour laquelle la Reine offrait une somme considérable. Gillem vit son fauteuil renversé, et lui avec au milieu de la foule déchaînée pour atteindre la fée. On l’avait oublié. Il croisa le regard de son père, qui lui fit signe de le rejoindre au château. Nul ne se préoccupa de l’arrêter. Le comte le fit entrer. - Tiens ! prend tes armes, ce sac de provisions, et fuis avant qu’ils ne se souviennent de ton existence. - Carlek, dit Gillem, tout en saisissant les précieux objets, je reviendrai, je vous le jure. Je découvrirai qui est l’assassin. Dites-le à ma mère. - Oui ! Je le lui dirai ! Personne ici ne te croit coupable ! Mais va-t’en ! - Je dois aller voir Kany. Me justifier à ses yeux ! - Gillem ! Est-ce que tu m’écoutes ? Nous savons que tu n’as pas tué ma mère. Kany aussi ! De toute façon, le domaine des de Perrin est trop près de la frontière. Le comte, tout en parlant, l’entraînait vers la sortie de secours du château et l’obligeait à courir. - Et alors ? fit Gillem, entre deux respirations. Il était beaucoup plus calme que son père adoptif. Il ne veut pas qu’on s’aperçoive qu’il m’a aidé ! - On dit que les Knars se préparent à la guerre. Ça devient dangereux. Les terres du père de Kany, le comte de Roc de Perrin, seront les premières attaquées. Les miennes en suivant, sans aucun doute. Gillem écouta Carlek le mettre en garde, sans en tenir compte. Il irait se justifier auprès de sa promise, puis il irait vagabonder quelques jours pour revenir ensuite sur les terres de Gorane et mener sa propre enquête au sujet de l’assassinat de sa grand-mère adoptive. - Au revoir, mon fils, dit Carlek après avoir ouvert le passage secret qu’entretenait tout château digne de ce nom. Gillem s’engouffra dans le souterrain. - Je reviendrai, dit le jeune homme en lui tournant le dos. Le comte actionna à nouveau le mécanisme, et la lourde dalle de pierre se referma derrière Gillem. Mug-Kla entra avec dignité dans la salle du trône. Elle avait réuni ses conseillers, dont elle n’écoutait que rarement les avis, pour discuter d’un sujet grave. - Les Knars nous ont déclaré la guerre, dit-elle après s’être assise sur le trône magique, symbole de sa légitime souveraineté. Qui peut me faire un rapport sur l’était de leur armée ? - Si l’on se lance demain… commença un petit homme maigre… Aaaargh ! Il fut projeté contre le mur avec violence. Les yeux de la Reine fumaient. Elle ne prit pas la peine de rappeler qu’on ne parlait qu’avec sa permission. Un autre homme sortit du rang des conseillers, tous alignés contre le mur, face à elle. - Oui ? fit-elle avec encore de l’impatience dans la voix. - Si l’on se lance demain dans une guerre ouverte contre les Knars, ils seront à plus de vingt-cinq contre un. Autant dire que nous aurons d’avance perdu. Il y eut un instant de silence. Malgré la curiosité et l’attente, aucun n’osa jeter un coup d’œil sur la Reine. - De Roc de Piémont, allez envoyer quelqu’un espionner les Knars. Qu’il revienne me faire un rapport dans moins d’un mois. Le duc obéit et sortit de la salle, le regard à terre. Immédiatement, il se rendit dans sa chambre, si on pouvait appeler cette cellule une chambre, il envoya une lettre à son meilleur espion : Donostian de Fiin, lui confiant la mission de la part de la Reine. Il donna la lettre à un messager, puis s’assit lourdement sur son lit en espérant que Donostian ne faillirait pas, car ce serait lui, le duc, qui subirait la colère de la Reine.
__________________ 15 mai - 1er juin : internet par très grande intermittence ... ! Les Trois erreurs de la Reine Les Sillages |
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| | #6 |
| Ver Charognard ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() | Ouais, bien !!!!!!!!! :rigoler: :hein: Franchement c'est très bien, tu fais monter le suspens, c'est du grand art !!! La suite la suite la suite !!!!!!!!!!!!!!!!!! :boulot:
__________________ Lorsque l'humanité aura acquis tout le savoir dont elle peut disposer, elle se détruira d'elle même. Moi."Ce qui ne te tue pas te rends plus fort." Ouais mais avec un bon Clerc, la mort n'est plus qu'un détail. ma bio rp, actuellement (longue) pause rp... |
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| | #7 |
| Araignée Géante ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() Date d'inscription: novembre 2003 Localisation: C'est que.
Messages: 517
| :lunette: Oui en effet, il ya du suspence... Gillem...la guerre...ahhh tous ces fruits à la fois, hmmm c'est bon!! J'adore, il ya peu être quelques passages qui sont flou mais franchement dans l'ensemble c'est plutôt très bien fait!!courage pour la suite!! La suite, la suite!! :hein:
__________________ Illusion de la propreté. Mes écrits "Je rappelle que le flood n'est TOUJOURS pas autorisé..." ©Garfield. Attention le chat veille. |
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| | #8 |
| Gnoll ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() | merci toujours pour les encouragements ! ! :happy: il y aura neuf chapitres en tout je mettrais le chapitre 2 demain
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| | #9 |
| Gnoll ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() | voilà le second chapitre pour mes 2 (fidèles? ) lecteurs !!! bonne lecture ------------- Chapitre 2 Fetzig vit aussitôt que cet homme venait de Roc. Il était plus brun, plus foncé, moins frêle en apparence que les Knars. Plus beau peut-être. Quoi qu’il en fut, Fetzig se précipita vers lui pour le retenir avant qu’il ne s’écroule sur le sol. Deux soldats, sur un signe du Roi, vinrent l’aider à le transporter à l’intérieur du palais, puis le monarque poursuivit son discours comme s’il ne s’était rien passé. Bientôt, la foule oublia l’accident. Mais Fetzig, dans des appartements libres, s’installa au chevet de l’inconnu pour attendre son réveil avec impatience. Celui-ci ouvrit les yeux deux jours plus tard. Il s’émerveilla tout d’abord de la richesse du décor, il crut être arrivé au paradis. Mais voyant la tête de Fetzig qui ne ressemblait en rien à celle d’un ange, il revint sur terre. - Qui êtes-vous ? demanda-t-il, méfiant, en se dressant sur ses coudes. - Je suis, avec toi, l’unique Rocquois de ce pays. Je suis Fetzig des Hauts-Rocs. Peut-être as-tu déjà entendu parler de moi, mon garçon. Il l’appelait ainsi car, en effet, il ne paraissait pas avoir plus de quinze ans, peut-être même avait-il moins d’années encore sur les épaules. - Non, monseigneur. Fetzig sourit. - Raconte-moi ton histoire, comment tu te nommes, comment tu es arrivé en pays knar. Il régnait un étrange silence hors de la petite chambre. L’armée était partie le matin même. Du grand conseil que Fetzig avait rencontré le jour de son arrivée, ne restaient au palais qu’un ou deux mages, un conseiller et le Roi. Tous les autres s’en étaient allés guerroyer. - Je m’appelle Eudes. Eudes de Rosine. - De Roc de Rosine, le reprit Fetzig. - Non, de Rosine parce que Rosine c’est ma mère. - Ah… continue, fit Fetzig, gêné d’avoir oublié cette habitude des campagnes rocquoises. - J’habite dans la forêt pas loin, qui est à moitié à Roc et à moitié à Knar. Un jour, j’ai vu un vieil homme, crâne rasé, barbe de trois jours, avec un… - Passe sur les détails, interrompit son interlocuteur avec un geste impatient de la main, s’il te plaît, ajouta-t-il. Le garçon ne poursuivit pas immédiatement, il essayait de faire un tri dans son esprit entre ce qui pouvait être un détail ou non, n’étant pas même certain de la signification du mot. Enfin, il reprit. - Il est passé devant ma maison. Il n’y a pas tant de monde qui passe devant chez moi, alors je l’ai suivi. Je croyais qu’il ne m’avait pas repéré. Il est allé au cœur de la forêt. Il avait l’air de très bien la connaître, alors que je ne l’avais jamais vu auparavant. Il est entré dans le plus grand chêne de la forêt… - Entré ! s’écria Fetzig, tu veux dire… à l’intérieur ? - Oui… une porte s’est ouverte. Je l’ai suivi à l’intérieur de l’arbre. Il a fini par me distancer. J’ai erré, après avoir descendu une échelle, dans des tunnels, puis j’ai fini par déboucher dans une immense salle où il y avait tant d’or que j’en ai été aveuglé. Fetzig ouvrit la bouche et oublia de la refermer, mais le garçon ne sembla le remarquer, tant il était plongé dans ses souvenirs. Il racontait l’aventure d’une voix monocorde. - Quand j’ai recouvré la vue, j’ai aperçu le vieil homme en train de parler avec six gnomes. Je savais à quoi ça ressemble un gnome, parce que dans les livres que ma mère m’a laissés quand elle est morte, il y avait des images. « Ils étaient assis sur le flanc d’une montagne d’or. Ils m’ont vite repéré. Les six gnomes se sont précipités vers moi, ils ont commencé à m’attaquer. Bien sûr, je me suis défendu, j’avais un bâton sur moi. Mais dès que j’en ai tué un, ils ont été pires encore, il y a eu un grand éclair, et je me suis évanoui . Il s’arrêta un instant pour reprendre sa respiration. Il se demanda pourquoi il racontait tout ça, car l’homme en face de lui ne paraissait plus l’écouter. En effet, Fetzig était déjà en train d’élaborer un plan pour récupérer cet or. Il demanderait à un mage de l’accompagner pour combattre les gnomes et… - Monsieur ? vous voulez connaître la suite ? Fetzig le dévisagea. Il devait être bien mal éduqué ce jeune homme pour lui poser une telle question. Peut-être était-il seulement stupide ? Puis Fetzig se dit qu’il aurait ainsi d’autres informations sur les pouvoirs des gnomes qui défendaient un tel trésor. - Vas-y, continue. Eudes lui rendit son regard. Il se sentait une antipathie grandissante pour cet homme, bien qu’il n’eût pas su expliquer pourquoi. - Je me suis réveillé. J’ai aussitôt tenté de m’enfuir, mais le vieil homme m’a retenu. Il m’a dit quelque chose comme : - Calme-toi Eudes, dit le mage d’une voix rassurante. Il ne put s’empêcher de sourire en voyant l’expression de terreur dans les yeux du garçon. Pourtant, la situation n’avait rien d’amusant. Eudes était bien endommagé. Eudes tenta aussitôt d’attraper son arme, mais elle était hors de portée. Le jeune homme se dressa d’un bond sur ses pieds. - Attends ! lui dit le vieil homme. Ecoute-moi avant de t’enfuir. Le jeune homme resta au même endroit, bien que prêt à courir au moindre geste brusque de la part du mage. Quelque chose dans sa voix, quelque chose d’un peu suppliant, le retenait encore. - J’aurais dû te prévenir. Par ma faute, les gnomes t’ont jeté un sort… regarde ton bras. Eudes souleva sa manche. Son avant-bras était recouvert d’une épaisse croûte noire, qui s’enfonçait dans sa chair. Il sentit un courant d’air froid pénétrer son cœur. - C’est un poison que les gnomes utilisent pour se défendre. Tu as devant toi un délai d’un an avant de mourir. Eudes vit des larmes dans les yeux du vieil homme en face de lui. Etait-ce bien un vieil homme? Il n’en était pas sûr. Peu lui importait. Il hurla, de rage et de chagrin. Il sortit de l’arbre, puis se mit à courir, courir sans s’arrêter. Il traversa sa forêt, passa la frontière sans s’en rendre compte, et courut à travers le pays Knar jusqu’à ce qu’il trouve la foule devant le palais du conseil, et tombe, épuisé, entre les mains de Fetzig. Fetzig se retint pour ne pas pousser un cri d’horreur quand le garçon lui montra la tache empoisonnée, mais il ne put empêcher une grimace de dégoût de venir se coller sur son visage. - C’est pas beau, hein ? fit Eudes. - Et… il y a un moyen de guérir ça ? s’enquit Fetzig. - Je ne sais pas. Je suis parti avant qu’on me donne plus d’informations. Fetzig sortit de la petite chambre, pour aller donner un ordre bien précis. - Qu’on rassemble tous les hommes restants du château ! Je les emmène en mission secrète ! Et parmi ces hommes se trouvait Donostian. Saura entra par la porte de derrière, chez un bijoutier de sa connaissance dans LastRoc, qui menait une vie honnête d’un côté, et… beaucoup moins honnête de l’autre. Cela faisait plusieurs mois qu’elle venait vendre ses butins chez lui. Elle entra sans frapper, puis attendit un instant dans l’arrière-boutique avant de passer la tête du côté des ventes officielles. Jehan Le bijoutier l’aperçut aussitôt. Il soupira intérieurement, en pensant qu’il y aurait pu y avoir un client, un vrai. Il ne répondit pas. - C’est que je ne te ferais pas une visite de courtoisie, poursuivit-elle. Elle lui tendit la bague de la comtesse de Roc de Gorane. Il finit par sourire. Puis il se souvint de quelle façon elle avait sans doute obtenu ce petit objet si brillant, et son sourire s’effaça. C’était dur, parfois, de fréquenter tous ces voleurs, ces assassins. Ils proliféraient depuis l’ascension de la Reine au pouvoir. Qui était totalement honnête de nos jours ? Il examina la bague, tout en espérant que sa femme n’allait pas descendre à l’instant. Le bijoutier lui rendit la bague. - Qu’y a-t-il ? fit Saura sans la prendre et levant un sourcil. Pourquoi ne la gardes-tu pas ? - Il y a un nom gravé dedans ! Comment veux-tu que je la revende ! reprocha-t-il. - Ne me dis pas que tu ne peux pas l’effacer ? susurra-t-elle. - Sans éveiller les soupçons ? se défendit-il, Impossible ! Il a lui fourra dans les mains. - Trouve un autre gland pour le faire, puis reviens me la vendre ensuite ! Elle n’avait pas envie de le tuer, elle avait encore besoin de cet homme encore, et puis, ce n’était pas tous les jours qu’elle trouvait un orfèvre véreux avec de l’humour. - D’accord, Le bijoutier. Fais semblant d’être honnête encore un peu, je reviens bientôt. Elle partit. Il détestait sa façon de lui rappeler que lui aussi avait des confessions à faire, mais il devait bien avouer que, malgré sa laideur, il n’était pas insensible à certains charmes de Saura. Il la regarda s’éloigner dans les rues de LastRoc, il ignorait où précisément. Il se retourna enfin pour aller travailler. Au moment où Le bijoutier passa devant ses escaliers, une énorme caisse, pleine de ses œuvres, lui arracha la tête. La femme de Jehan fut jugée coupable de meurtre, mais ne fut pas condamnée, car on lui accorda l’excuse de l’adultère. Gillem arriva au château des Rocs de Perrin, où vivait sa fiancée, Kany. Il rencontra peu de monde sur le domaine ; tous étaient partis regarder la chasse du seigneur. Il se demanda comment les gens pouvaient être aussi insouciants si une guerre se préparait, puis il se dit que c’était tant mieux pour lui, au cas où l’histoire du meurtre de la comtesse avait déjà fait le tour du coin. Il espérait seulement que Kany n’était ni à la chasse ni au courant. Il connaissait les entrées secrètes du château, car Kany les lui avait montrées, mais les utiliser serait agir en coupable. Il agita la main afin de chasser un moustique qui l’ennuyait. - Hé ! s’écria l’insecte, c’est ainsi que tu me remercies de t’avoir aidé ? Gillem vit l'insecte grossir devant ses yeux et se métamorphoser en petite fée. - Qui es-tu ? demanda le jeune homme. - Cabel, des petites fées de Ghrem. Je suis, en quelque sorte, ton ange gardien. - Je ne crois pas aux anges. - Ça tombe bien, moi non plus. Il haussa les épaules et décida de prendre le passage qui menait directement à la chambre de Kany. Il ne dit rien quand il vit Cabel le suivre. La créature magique avait un corps de femme, mais réduit à trois pouces tout au plus. Les petites fées possédaient une paire d’ailes de libellule. Elles n’étaient pas connues pour leur intelligence, mais elles se faisaient autrefois apprécier par leur don, limité, de voyance. Gillem arriva sans être aperçu dans la pièce réservée à sa fiancée. La belle Kany était en train de dire au revoir à quelqu’un, appuyée sur la porte. Il attendit qu’elle la referme pour la saluer. Elle sursauta en l’apercevant, et le sourire rêveur qu’elle avait aux lèvres s’effaça d’un coup pour laisser place à un air étrangement coupable. - Gillem ? Qu’est-ce que tu fais ici ? Il vérifia que Cabel s’était cachée avant de répondre. - Tu sais, pour le procès ? dit-il, et, voyant qu’elle hochait la tête, ajouta : Je ne suis pas coupable ! Il s’approcha d’elle. Kany eut un mouvement de recul avant de se lover, hésitante, dans les bras de Gillem. - Je le sais bien. Mais tu étais le mieux placé pour tuer. Il faut que je te dise… Mon père a déjà rompu nos fiançailles… Il la serra plus fort encore, et caressa son front, épilé très haut. Il tenta de l’embrasser mais elle se dégagea de lui. - Qu’est-ce qui t’arrive ? s’inquiéta-t-il. - Pars. Il ne faut pas que l’on te voie ici. Il acquiesça. - Tu as raison. Je voulais d’abord te certifier de mon innocence. Gillem se dirigea vers l’entrée du passage. Il y engouffra sa tête. Cabel l’attendait. Le jeune homme changea d’avis soudain et retourna voir Kany qui s’apprêtait à sortir de sa chambre. - Tu m’aimes ? lui demanda-t-il. - … Oui. Il n’essaya pas de l’embrasser. Il partit. La jeune fille retourna finalement à sa broderie laissée sur son lit avec un soupir. Puis un sourire satisfait modela ses lèvres. Gillem, toujours suivi de la petite fée, se dirigeait d’un bon pas vers les terres de Roc de Gorane. À nouveau, il prit soin de ne pas se faire remarquer. Il traversa le hameau qui était en contrebas de la colline, sur laquelle trônait le château. Il entra chez le gardien des clés, un homme de toute confiance, qu’il connaissait depuis son arrivée dans le cercle familial du comte. Cabel bien cachée dans une des grandes poches de son long manteau, il s’éclaircit la gorge afin d’attirer l’attention de l’homme qui était assis devant sa cheminée, en train de réfléchir. Le gardien des clés tourna vivement la tête. Ses yeux s’agrandirent de surprise et de joie. - Gillem ! Mon petit ! - Bonjour, Jehan le Loyal. - J’étais là, à ton accusation. Je n’y ai pas cru une seconde ! Que fais-tu là, après avoir réussi à t’enfuir ? As-tu besoin de moi ? - Oui, s’il vous plaît. Je voudrais savoir si on est entré dans la chambre de ma grand-mère de puis le meurtre. Et qui possédait les clés de la pièce, si vous savez comment qui aurait pu entrer... - Calme-toi. Tu veux découvrir le meurtrier, c’est ça ? Suis-moi, je vais t’y conduire. Ton père adoptif est en réunion avec ses chevaliers, et une grande partie de ses serfs est à ta recherche. Ils ne se douteront pas que tu es dans l’antre du loup. Allons-y. Ils s’exécutèrent. Peu de temps après, Le loyal et Gillem franchissaient le seuil des appartements privés de la défunte comtesse de Roc de Gorane. Le gardien des clés, en silence, observa le jeune homme fouiller la pièce. Gillem retint soudain une exclamation, et se releva avec un objet dans la main. C’était un médaillon. Sans utilité apparente, juste un simple pendentif. - Peux-tu me répéter qui avait accès à cette chambre ? Les traces de sang n’avaient même pas été enlevées. - Si je me souviens bien, dit Jehan en s’asseyant sur le lit poussiéreux, seule ta grand-mère et sa suivante, et moi bien sûr, pouvaient entrer sans problème ici. Mais la suivante était chez sa mère le jour du meurtre. Elle m’avait rendu la clé. Et personne n’a pu entrer ici sans me demander d’ouvrir la porte. La comtesse fermait toujours de l’intérieur. - Il ne reste plus donc que l’hypothèse d’un agresseur étranger aux Rocs de Gorane. Il a dû passer par la fenêtre, avança Gillem. - Alors il ne nous reste que deux hypothèses : c’était un oiseau ou un serpent ! grimper le long des murs… de nuit ! - De nuit ? - J’ai découvert le corps au petit matin. Mais si c’est un inc |