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La Grande Bibliothèque Impériale ![]() Les rayonnages de la Grande Bibliothèque Impériale vous proposent les plus beaux récits. Vous êtes vous-même auteur à vos heures perdues ? N'hésitez pas à proposer vos oeuvres. Qui sait, vous aurez peut-être votre forum. |
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| | #26 |
| Squelette ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() | merci pour les compliments :blush: :happy: c'est vraiment sympa ! mais on est jamais ds la tête des éditeurs...
__________________ 15 mai - 1er juin : internet par très grande intermittence ... ! Les Trois erreurs de la Reine Les Sillages |
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| | #27 | |||
| Invités
Messages: n/a
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puis s'engouffrer dedans non? :lunette: c'est clair, je trouve que tu utilises un tant soit trop "phare"!! Mise à part ça, la même qualité de texte, est présente, et c'est vraiment toujours un plaisir de lire et de se plonger dans ton histoire!!! j'adore!!!*la suite, la suite* :happy: | |||
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| | #28 |
| Squelette ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() | j'ai modifié la répétition de "phare" c'est vrai que c'était un peu lourd mais j'ai mis "puis s'y engouffrer" en tt cas merci :happy: !! voilà le chapitre 6 !! c'ets mon chapitre préféré alors bonne lecture (j'espère ! )-------------- Chapitre 6 Gillem entendit un petit cliquetis le réveiller. Il ouvrit les yeux mais la lumière le força à les refermer. La porte qu’il avait remarquée la veille était grande ouverte, et une échelle reliait la prison à l’extérieur. Deux hommes défaisaient les menottes aux pieds de ses compagnons de cellule. Cabel se cacha aussitôt. - Allez ! debout ! Les anciens, vous montrez aux nouveaux le fonctionnement de la maison ! Gillem ne put s’empêcher de remarquer que certains étaient morts durant la nuit. Voyant que nul ne touchait au quignon de pain, il s’en approcha, mais le baraqué de la veille l’en détourna d’un coup dans les côtes. - Va revoir tes bonnes manières ! réagit Gillem, encouragé par Cabel. - Excuse-toi, répondit l’homme. Regarde plutôt. Celui que Gillem avait rencontré dans les cages de LastRoc venait de se comporter exactement comme lui, mais, faute d’obstacles, s’était saisi de la miche. Immédiatement, l’un des deux hommes sortit un fouet et commença à le battre à mort. Gillem se garda bien d’intervenir. S’il fallait organiser une révolution, ça serait plus tard. - Merci, fit-il à son protecteur. Je me nomme Gillem. Inutile d’ajouter mon nom complet. Il se méfierait de moi. Le peuple n’aime pas les seigneurs qui descendent à leur niveau, c’est connu. Ils en profitent pour se venger des affronts subis. - Et moi Kayeo de Marthe. Mets-toi dans le rang. Gillem obéit et s’installa dans la file organisée pour grimper à l’échelle et sortir de ce trou. Le gourmand se traînait devant lui, saignant de tout son corps. Le jeune homme l’aida à monter, voulant se faire pardonner sa lâcheté. Il pensa à Kany, qui le croyait coupable, qui était peut-être morte à cette heure. Il se jura de vite sortir de ce lieu, quel qu’il fut. Ne serait-ce que pour punir Saura. Ils débouchèrent dans une gigantesque pièce circulaire, éclairée par une lumière irréellement bleue. Il y avait des portes vers le fond, gardées par deux soldats, un trou rectangulaire sur le côté, un escalier montant qui se séparait en deux, et un descendant. Elle était occupée par des centaines d’hommes, d’âge jeune ou mûr, certains résignés, tel celui qui lui avait épargné le fouet, les autres, ébahis, comme lui. Le décor était dune sobriété impeccable. - Ici, c’est la salle de rassemblement, lui dit Kayeo, élevant la voix pour se faire entendre dans le bruit des conversations. On va bientôt assigner les tâches de la journée. Gillem sentit une inquiétude monter en lui contre sa volonté. Il réussit à entendre la voix de Cabel lui chuchoter « demande lui s’il a l’intention de se rebeller. » Il s’exécuta, mais Kayeo lui intima le silence. L’une des sentinelles montait quelques marches des escaliers ascendants. Il le va les mains et tous se turent. - Bien. Nous n’avons pas de temps à perdre. Geôle un, aux machines, geôle deux, - C’est nous, glissa Kayeo à son oreille. - … au nettoyage des magiciennes. Kayeo respira. - On va pouvoir discuter sérieusement, là-bas. C’est la salle la plus reposante du phare. - Le phare ? s’étonna Gillem. - Silence ! aboya le garde. Il continua de distribuer les activités dans le calme le plus total. Puis tous ces hommes montèrent les escaliers, prenant à gauche ou à droite selon la salle où ils avaient été assignés. Gillem et les autres prisonniers de la seconde geôle empruntèrent celui de gauche. Il sentait Cabel remuer et s’étouffer dans sa poche. Il savait qu’il devrait la faire sortir à l’air libre un moment où un autre. Malheureusement, il n’apercevait aucune fenêtre aucune fenêtre au fur et à mesure de son ascension. Il se demanda comment l’air circulait. Il se rendit vite compte qu’il était dans un bâtiment de forme circulaire, les escaliers en colimaçon le lui prouvaient. À chaque étage, un groupe d’hommes entrait dans un lieu inconnu par une petite porte en bois. Gillem tentait bien d’apercevoir ce qui se passait par l’entrebâillement à l’intérieur, mais il y avait bien trop de monde. Les seuls renseignements qu’il possédait étaient les bribes de phrase que Kayeo de Marthe concédait à lui lâcher. - Là c’est la salle des machines. - Retiens bien : second étage, la salle de la roue. Jusqu’au dernier, la dernière pièce avant le sommet interdit aux prisonniers et mêmes aux gardes, la salle des magiciennes. Un de leurs geôliers leur ouvrit la porte, puis la referma derrière eux, à clé. Gillem entra le premier dans une vaste salle circulaire, ressemblant étrangement à leurs cachots, avec d’avantage de confort. À la place de la trentaine d’hommes prisonniers, se trouvaient une quinzaine de femmes, elles aussi attachées aux murs, de marbre turquoise cette fois-ci, mais pas par des chaînes. Des tubes d’une matière inconnue étaient plantés dans leur dos, entre les omoplates, et s’enfonçait à l’autre bout dans le mur. Ils pompaient en permanence, car un mouvement de va-et-vient les parcourait sans cesse. Les femmes, ou plutôt jeunes filles car Gillem n’en donnait à aucune plus de vingt ans, étaient à moitié dévêtues. Cabel sortit soudain de sa poche, se deux paires d’ailes de libellules se frottant les unes contre les autres en un bruissement irritant. Gillem ne chercha plus à la cacher. Tous les hommes ici présent l’avaient vue la veille, et ils savaient bien qu’il ne leur serait d’aucune utilité de la capturer, et les femmes, dépourvues de pupilles, ne réagirent pas à son apparition. - Au travail ! déclara un des hommes les plus âgés du lot. - Pourquoi ? s’insurgea celui qui s’était fait fouetter. Il n’y a personne pour nous surveiller ! - Tu tiens à te faire frapper encore ? lui répliqua le premier à avoir pris la parole. - Pourquoi ne nous révoltons-nous pas ? s’exclama Gillem, sa voix plus forte que celle des deux autres. Les soldats de la Reine ne sont pas plus de vingt, facilement ! Il doit être simple de s’enfuir ! Pendant le rassemblement par exemple ! Il suffit de passer le mot aux autres prisonniers ! Un silence gêné suivit ces mots. - Ne me dites pas qu’aucun d’entre vous n’y a pensé ? poursuivit-il, encouragé par Cabel. - Tais-toi ! ordonna Kayeo d’un ton sans réplique. Tu ne sais pas de quoi tu parles. Observe-moi puis mets-toi au travail ! Imité par d’autres, puis par tous, le grand roux s’approcha d’une des femmes. Elle avait des reflets argentés sur la peau, et ses cheveux étaient blonds, ce qui était très rare dans le royaume de Roc. Gillem se souvint que Kany avait les cheveux blonds, et bouclés, qui se détachaient si bien sur sa peau foncée. Répétant les gestes de Kayeo, il commença par détacher le tube du dos de la femme, laissant place à un trou. Il pouvait voir la chair, les os, le sang, les reins. Mais elle n’émit pas un son. Elle était vivante, pourtant, il la voyait respirer. - Tu sais d’où elle viennent ? demanda-t-il au grand roux, qui venait d’en « délivrer » une seconde. - Aucune idée, fit celui-ci. Ça fait peut-être cinq ans que je suis ici. Seules deux ou trois ont été remplacées, mais personne ne sait de quelle façon. Celle-là est arrivée il y a peu, six, sept jours environ. Regarde : elle est encore un peu humaine, elle babille encore. Toutes les autres salles qu’on a passées, tout ce qu’il y a à l’intérieur, c’est fait pour les pomper, pour entretenir les tubes. Ici, tout ce qu’on a à faire c’est les nourrir. - Les nourrir ? avec quoi ? - Attends, il faut d’abord enlever tous les tuyaux. Il retourna s’en occuper. Gillem allait le suivre, quand il sentit Cabel le pincer. - Hé ! T’as intérêt à trouver un moyen de nous faire sortir d’ici ! Je ne tiens pas à rester esclave toute ma vie ! - Ce n’est pas toi qui travailles, que je sache ? répliqua-t-il agacé. Elle se renfrogna. - D’accord, je vais faire quelque chose. Je vais aller chercher la porte de sortie. La petite fée se métamorphosa aussitôt en moustique, et Gillem la vit se glisser facilement sous la porte qui donnait sur les escaliers en colimaçon. Rapidement, toutes les femmes argentées furent libres du mur. Alors, Gillem entendit un bruit de coulissement suivi d’un léger grincement. Il leva la tête et vit un grand panier, accroché à une corde elle-même certainement disposée dans une poulie, descendre d’une trappe dans le plafond. Il s’étonna que ce lieu, qui, selon Kayeo de Marthe, produisait de l’énergie magique, ne fonctionnât qu’avec des outils mécaniques. Le panier atteignit le centre de la pièce. Un homme enleva le crochet qui le retenait à la corde et celle-ci remonta dans la trappe qui se ferma avec un bruit sourd. Gillem jeta un coup d’œil à l’intérieur. Il était rempli de bouteilles en verre, qui contenaient une substance liquide d’une étrange couleur. Gillem fut déçu de voir que rien n’était prévu pour leur propre repas, la faim courait le long de ses jambes et remontait en boule dans son estomac vide. - Bien, fit Kayeo. Il y a une bouteille pour deux femmes. Les nouveaux, il faut y aller très délicatement pour leur ouvrir la bouche. Si on est trop brusque, elle crient et ça ramène les soldats. Travaillez par paires s’il le faut. Gillem se demanda comment un homme aussi carré et brutal pouvait prononcer le mot « délicatesse », mais il décida de l’observer afin de ne pas faire crier l’une des femmes. Les coups de fouet ne le tentaient pas. Se sentant examiné, Kayeo tourna la tête, aperçut Gillem, et lui fit signe de s’approcher. Gillem, du haut de ses vingt-deux ans, sentit sa fierté se rebeller, mais obéit. - Regarde, tu prends le bout des mâchoires d’une main, après avoir enlevé le bouchon de la bouteille. Tu veux essayer ? Il parlait d’une voix étrangement douce. Gillem n’avait jamais supporté les personnes avec un caractère changeant, comme celui de sa grand-mère, mais il en comprit ici la raison et se força à la tolérance. Il s’accroupit auprès de Kayeo, et lui posa une main sur l’épaule. - Réveille-toi ! Je ne suis pas ton fils. J’apprécie ton aide, mais ne me considère pas comme ton enfant ! L’autre baissa la tête. - J’ai raison, n’est-ce pas ? reprit Gillem. - Oui, j’ai laissé un fils derrière moi. J’ai atterri dans les prisons de VifRoc, parce que j’étais soûl. Je suis parti juste avant son initiation… Il doit avoir ton âge à présent. Il est peut-être marié… Gillem réfléchissait à quelques mots de consolation quand Cabel arriva en trombe sur son épaule en criant : - Gillem ! Gillem ! Devine qui j’ai vu ! Devine qui j’ai vu ! Ne lui laissant pas le temps de répondre, parlant et se transformant en même temps, elle continua : - J’ai vu Saura ! Saura ouvrit une porte, l’épée à la main, méfiante, et faillit basculer la tête la première dans l’un des cachots, mais elle se rattrapa à la poignée. Elle avait encore le temps de faire demi-tour, chercher ses amis de la guilde des assassins et prendre d’assaut le phare. Cependant, elle avait toujours su jouer en finesse. Mais ce qui la décida fut l’apparition de Cabel au détour d’une marche, dans l’escalier de droite. Saura lança son bras décharné pour l’attraper, mais la petite fée, à nouveau sous as forme de moustique, fut plus rapide. Elle n’eut pas besoin de réfléchir pour comprendre la raison de sa présence ici. Il était évident que les mages avaient livré Gillem aux soldats de la Reine, et que ceux-ci l’avaient amené ici. Et Cabel l’avait suivi. Saura ne cessa de grimper. Elle vit les portes menant aux différentes salles du phare, mais ne prit pas le temps de les ouvrir. Seul le sommet l’intéressait. Elle ne rencontra que trois gardes, en tua un et assomma les deux autres. Les escaliers débouchaient sur une petite porte bleue. Elle l’ouvrit avec difficulté, le temps ayant usé les gonds, le vent luttant contre le bois, à l’extérieur. Saura posa pied sur l’aire du phare. Au centre de celle-ci, parfaitement circulaire, trônait une gigantesque boule de verre, assise sur un piédestal haut de quatre pieds. Saura s’en approcha prudemment. Le vent soufflait fort, et malgré les remparts qui encerclaient l’aire, elle se sentait prête à s’envoler. Des éclairs semblaient prisonniers de la boule : des rayons d’énergie la traversaient de part en part et rebondissaient sur les parois. Saisissant son épée à deux mains, Saura l’abattit sur la boule de verre qui éclata. Les morceaux volèrent dans tous les sens, portés par l’énergie à présent libérée, et Saura dut se protéger de ses bras pour ne pas en recevoir un dans l’œil. Un sentiment de satisfaction et de victoire la ravit, elle imaginait sans peine le visage de la Reine. Mais quand elle releva la tête, des éclats de verre constellaient bien se vêtements et traînaient partout sur l’aire, mais l’immense boule était intacte, toujours parcourue d’éclairs. Elle posa un doigt dessus afin de vérifier si elle n’était pas victime d’une hallucination. Le verre était chaud, et quand sa peau fut en contact avec le verre, tous les rayons se dirigèrent vers la surface de contact, faisant, en se déplaçant, trembler les parois de la boule. À nouveau, elle abattit son arme sur la réserve d’énergie, et à nouveau le verre vola en éclats, pour se reconstituer encore, miraculeusement. Saura n’usa pas ses forces dans une nouvelle tentative. Il n’était pas difficile de comprendre que la sphère était protégée par un sortilège, et que tout effort serait vain pour tenter d’atteindre la Reine par cette voie. Elle s’étonna que le bruit n’ait ameuté personne, mais quand elle ouvrit la porte donnant sur l’intérieur, avec l’intention de redescendre les escaliers et de repartir sans se faire remarquer davantage, elle découvrit dix soldats de la Reine prêts à la démembrer et qui, une fois la porte ouverte, n’hésitèrent plus à pénétrer dans l’aire interdite. Le premier qui se lança sur elle était armée d’une épée courte et d’un bouclier de bois. Saura savait que si elle ne voulait pas se retrouver seule contre dix, elle devait l’obliger à se battre près de la porte, car les soldats ne pouvaient la franchir qu’un à un. Son épée longue la contraignait à des mouvements lents, mais renforçait sa force de frappe, qui était naturellement diminuée par sa condition de femme. Elle passa à l’assaut. Elle tenta plusieurs coups d’estoc, qui furent parés. Elle évita une tentative pour lui blesser la jambe. Elle était obligée de garder une certaine distance avec son adversaire, pour conserver les avantages de l’épée longue. Mais cela permit à un second, puis un troisième soldat d’entrer dans l’enceinte du sommet. Elle changea alors de stratégie. Elle recula, tout en parant les coups. Jusqu’à être dos aux remparts –dos au vide. Ils étaient quatre face à elle, et d’autres arrivaient. Son premier ennemi se rua sur elle, et Saura profita de cette précipitation. Plaquée contre le mur, elle esquiva rapidement. Tendant sa jambe là où elle se trouvait une demi-seconde plus tôt, elle fit trébucher le soldat. Qui se retrouva dans le vide, et s’écroula dans un sordide craquement d’os au pied de l’Idisk. Mais Saura n’eut pas le temps d’écouter ce sinistre bruit. Déjà, un autre l’attaquait. Saura enchaînait les gardes, parant un coup à gauche, en pendante, un autre à droite, en médiane. Elle savait que se défendre et ne pas contre-attaquer l’empêcherait de vaincre. Un soldat moustachu se lança avec son épée sur elle. Saura coinça l’arme ennemie vers le sol grâce à son épée. Passant sa jambe derrière celle de son adversaire, elle le força à trébucher en lui assenant un coup de poing dans la joue gauche. L’autre s’étala violemment à terre. Il entraîna dans sa chute une autre des sentinelles. Saura ne resta pas sur cette maigre victoire et para aussitôt une autre agression. Saisissant son courage avec elle, elle décida de passer une seconde fois à l’offensive. Elle se fraya un passage sur sa gauche, et réussit à décapiter les deux qu’elle avait mis au sol. Saura sentait la panique arriver. Elle commençait à ne plus réfléchir à ses gestes. Elle fit un effort pour se calmer et se contrôler. Elle porta deux coups d’estoc à l’un de ses opposants et réussit à le désarmer. Elle eut à peine le temps de lancer l’arme de l’autre côté des murs ; un garde l’assaillait sur sa droite. Usant de son agilité, elle fit plusieurs bonds en arrière. Elle s’éloigna ainsi de la zone de combat et fit ainsi face à tous ses adversaires. Un seul l’empêchait de s’enfuir, il était posé devant la petite porte. Alors qu’elle paraît avec difficulté une agression au poignard, elle jeta un coup d’œil aux parois du phare. Il lui était impossible de se laisser glisser le long des murs. Mais une idée lui vint pour échapper aux soldats de la Reine. Saura grimpa d’un coup sur le rebord des remparts. Elle évita une attaque portée à ses jambes. Puis se propulsa d’un coup de pied derrière ses adversaires, et se retrouva face à celui qui gardait la porte. Il était grand et robuste. Et il était protégé par une armure. Mais comme il refusait de bouger de sa place, il perdit aisément ; Saura porta un coup à l’unique endroit à découvert : ses aisselles. Elle eut le temps de s’engouffrer dans les escaliers avant que son corps ne tombe en travers de la porte. Ça ralentirait les six soldats restants. Elle était étonnée qu’ils ne fussent qu’une dizaine à garder un lieu si important. Saura voulut ouvrir la première porte qu’elle aperçut afin de se réfugier dans la pièce qu’elle gardait. Mais elle était fermée. Comme les soldats arrivaient, elle brisa la serrure à l’aide de son épée, et entra. Elle espérait vivement qu’il y avait une autre issue. Comptant sur la chance, elle claqua la porte, mais dès qu’elle se retourna, elle vit Gillem, Cabel, Kayeo et leurs compagnons, et surtout elle vit les filles d’argent et leurs tuyaux suspendus. Elle comprit alors immédiatement que la balle de verre n’était que le lieu de stockage de la magie et que ces jeunes filles en étaient la source. Si elle désirait affaiblir la Reine, il ne lui restait plus qu’une chose à faire. Avant que la trentaine d’hommes puissent réagir, portant son épée à bout de bras et en suivant la forme circulaire de la salle, elle les décapita toutes. La dernière tête tomba quand les gardes entrèrent et Gillem, désarmé, se jeta sur elle. - Tu es complètement folle ! cria-t-il. Kayeo de Marthe n’osa pas bouger tout de suite. Il avait la moitié du visage recouvert du sang glacé d’une des filles, et le liquide collait sa paupière sur son œil, l’empêchant de voir. Puis il se lança à l’attaque à son tour, mais pas sur Saura, sur les gardes. La plupart de ses compagnons l’imitèrent, les autres s’enfuirent, partirent délivrer ceux qui étaient dans les étages inférieurs, ou demeurèrent immobiles. Saura réussit à sortir de la mêlée, blessée au bras, mais toujours avec son épée. Elle décida de suivre le second groupe d’hommes et de fuir. Mais comme elle descendait les premières marches, Cabel s’écria : - Gillem ! Elle s’en va ! Le jeune homme, qui avait reçu plusieurs mauvais coups, réagit à l’instant et poursuivit la tueuse. Il faillit glisser dans le sang et s’étaler à terre, mais il se rattrapa. Ils sortirent côte à côte du phare d’Idisk, sous un ciel orageux. - Cette fois-ci, tu te battras contre moi ! rugit Gillem, sans même reprendre son souffle, tu as trop de sang sur les mains pour que personne ne venge tes victimes ! - Arrête de dire n’importe quoi ! répondit Saura avec indifférence. Je viens de te tirer de cette prison ! - C’est par ta faute que j’y étais ! lui rappela-t-il. - Tais-toi, ou je te tue. - Pourquoi as-tu assassiné la comtesse de Gorane ? - Cesse de poser la question : tu n’aimeras pas la réponse. - Réponds ! fit Cabel. Ils la regardèrent tous deux, Gillem appréciant malgré lui son intervention, Saura étonnée que cette libellule osât lui parler ainsi. Finalement, cédant sur le principe, elle consentit à leur fournir une indication. - C’était sur la commande des Rocs de Perrin. - Mais pourquoi ! glapit Gillem ébahi. Il ne se posait plus la question qu’à lui-même. Saura cessa de parler et continua à marcher, le jeune homme et la petite fée à ses côtés, en direction de VifRoc. Le cheval d’Arka –celui de la Reine- galopa à travers la forêt de Rocbourg à une vitesse étonnante. Arka l’ignorait, mais la Reine avait ensorcelé sa monture d’un sort, léger et utile, décuplant l’endurance et la force de l’animal. Cela aussi, Arka l’ignorait, mais autrefois –avant la Reine- il était fréquent de payer un mage afin qu’il multiplie les capacités d’un cheval de course, ou utilisé pour transporter des messages d’un bout à l’autre de Roc. Le contrôlant mal, elle avait réussi à se tromper de chemin, et avec sa rapidité, elle n’avait pas réussi à rattraper l’armée du chaos. Elle se doutait qu’elle l’avait dépassée, mais elle répugnait à faire demi-tour. Elle s’était perdue. Voilà la nuit qui arrive. Qu’est-ce que je vais faire ? Sa famille et ses amis lui manquaient injustement. Elle les avait quittés sans réfléchir, et Lur n’était pas là pour combler leur absence. C’était une des raisons pour lesquelles elle se devait de la rejoindre. Son sosie. Elle ralentit son cheval, à la fois pour se reposer elle, et lui, car elle sentait la fatigue les gagner. Les arbres tendaient leurs millions d’émeraudes au vent, en ce milieu de printemps, et empêchaient toute lumière céleste de l’atteindre. Cependant, au début de la nuit, une lueur vint l’éclairer, l’aveugler même. Elle était accompagnée d’une voix. - Qui es-tu, étrangère ? demanda une femme d’un ton empli de noblesse. - Je suis Arka la douce, répondit Arka avec peur. Et toi ? Qui es-tu ? Une forme faite de lumière s’approcha d’elle. C’était bien une femme, et Arka se rendit compte que c’était sa robe qui reflétait la lumière des étoiles. Aux yeux d’Arka, une chose seule ternissait la beauté de cette dame, les cercles grisâtres qui entouraient ses yeux, trahissant une fatigue cumulée. - Je suis la Reine du peuple elfe. Enfin… ce qu’il en subsiste après que Mug-Kla l’ait massacré. Mon nom est Moïra Henekhanon, ce qui signifie « noblesse de Roc » en ancien rocquois. - Combien d’entre vous reste-t-il ? s’enquit Arka, mettant pied à terre. - Un millier, à peine. Arka laissa échapper un petit cri d’effroi. Son père lui racontait qu’ils étaient autrefois plus d’un million, on pouvait en rencontrer dans toutes les campagnes de Roc. L’un d’entre eux avait même fait partie de la troupe, avant de s’être fait tuer… - Remonte sur ton cheval, dit Moïra en lui prenant le bras. Et continue ta roue vers le sud-est. Tu verras des hommes en train de se battre, près d’un lac à la sortie de la forêt. Vas-y. - Mais je dois rattraper quelqu’un… - Plonge ton visage dans le lac. Tu y trouveras des questions, des doutes… et des réponses. Mais fais attention de ne pas y rester trop longtemps, ça serait dangereux. - Nous nous reverrons ? demanda Arka. - Nous nous reverrons. Puis la jeune fille lança son cheval dans la direction indiquée par la Reine. Elle espéra ne pas se perdre, car elle voyait l’orée de la forêt s’approcher, mais aucun lac apparaître. Mais quelques minutes après avoir quitté la protection des arbres, elle aperçut ce lac. Elle se laissa glisser à terre, et dessella sa monture, posa ses affaires sous un buisson. L’animal resta sagement à cet endroit, pacageant l’herbe haute, pendant qu’Arka avançait doucement vers le lac. Comme le lui avait dit Moïra, des hommes étaient en train de se battre de l’autre côté du lagon. Et si elle m’avait envoyée pour les aider ? Mais elle ne savait pas à quel camp venir en aide : ils étaient apparemment six hommes en noir contre un vieil homme, un garçon et une créature magique. La peur l’empêcha d’intervenir. Elle se demandait ce qu’une jeune fille comme elle pouvait faire. Elle préféra se tapir sur la rive du lac, et plonger sa tête dans l’eau froide. Eudes, Merlin et Nnô couraient à présent. La menace des soldats noirs se faisait de plus en plus pressante. Eudes ignorait ce qu’il allait découvrir dans le Lac du Destin, mais il tremblait que les envoyés de la Reine ne le tuent avant. Pourtant, au fur et à mesure qu’il s’approchait de son but, il était persuadé que ces soldats n’étaient pas à leur poursuite pour l’assassiner. C’était Merlin qu’ils traquaient. Malheureusement, il ne savait pas pourquoi. Les soldats noirs furent les plus rapides. Dans les hautes herbes qui bordaient la rive, ils se mirent en travers du trio et du lac. - Rends-toi, Myrdinn ! cria le plus grand d’entre eux. Sa voix était douloureuse, dans le silence de la nuit. - Tu ne pourras jamais nous vaincre ! fit un autre. - J’ai cependant entendu dire que vous vous étiez rendus à six contre une !railla Nnô. Le grand soldat fondit sur lui, mais le gnome l’évita prestement, avec toujours ce sourire sur son visage. - Qu’est-ce qu’on fait ? demanda le troisième soldat qui pointait Eudes. On le tue aussi ? - Inutile. Concentrons-nous sur Myrdinn. Ils chargèrent. Merlin savait qu’il ne tiendrait pas longtemps. Les soldats noirs étaient hermétiques à toute attaque magique. Lui-même n’avait que son bâton d’énergie pour défense. Nnô possédait la magie des gnomes, tout aussi inefficace, et Eudes son gourdin. Il s’en servait bien, mais seul contre six… ! Sans aide, il ne survivrait pas. Déjà, quatre soldats étaient sur Merlin. Ils semblaient s’amuser et n’utilisaient pas tout leur pouvoir. Les deux restants étaient tenus en retrait par Eudes. Nnô, quant à lui scrutait les environs à la recherche désespérée d’une aide, quelle qu’elle fut. Sa vue lui permettait de percer l’obscurité. Il aperçut ainsi une jeune femme qui tentait de se cacher, avant qu’il ne soit projeté au sol par un violent coup de pied. Merlin avait encore des difficultés à se rendre compte que Mug-Kla avait envoyé ses meilleurs assassins pour le tuer. Il avait cru réussir à l’apprivoiser. Mais il n’avait jamais voulu lui offrir un enfant. À présent, il doutait si elle s’était servi de lui ou si elle l’avait aimé. Elle-même devait soupçonner ce comportement de son côté. L’épée d’un des soldats noirs avait tranché la massue d’Eudes, et il se retrouva désarmé face aux deux géants. Il jeta un œil aux eaux paisibles du lac. Le goût de l’échec se mêlait amèrement à celui de son sang. Il se demanda comment les étoiles pouvaient les témoins impassibles d’une telle injustice. Soudain, alors que le plus massif d’entre eux s’apprêtait à porter un coup fatal à Merlin, celui qui semblait les diriger aboya un ordre dans une langue étrange, qui força son acolyte à s’arrêter dans son élan. Leurs six visages, à la peau sombre comme celle des Rocquois, furent délaissés de toute expression, leurs traits se détendirent, et les pupilles fuirent leurs orbites laissant à leur place le blanc des yeux. Merlin se releva. Il ne voulut pas savoir ce qui leur arrivait, il savait qu’à cet instant ils étaient vulnérables à sa magie. Il tendit son bras qui portait son bâton, et son corps fut recouvert d’une aura de flammes. Elle se divisa en six branches distinctes qui allèrent envelopper chacun des soldats noirs, et les réduire au néant. Le mage abaissa son bras. Son visage était serein. Mais il soupçonnait que les soldats noirs avaient été rendus si fragiles parce que Steban était en position de faiblesse. Il ignorait encore pourquoi. Cependant, son cœur se contracta en pensant que le prince était en danger. Son regard se posa sur Eudes. Il se blâma car il n’arrivait pas en ce moment, à se trouver de l’affection pour le jeune homme inutile. Mais tout va bientôt changer, pensa le mage. - Que s’est il passé ? s’étonna Nnô. C’était la première fois qu’il s’exprimait sans son indifférence, feinte ou réelle, habituelle, et Merlin s’entendit lui répondre sans mystère que la Reine avait perdu le contrôle de ses soldats, ce qui lui avait permis de les éliminer. Le mage s’inquiétait de n’avoir eu aucun scrupule à les tuer. Où est-ce que je m’emmène ? Dans quel genre de guerre ? - Tu ne sais pas ce qui a pu causer ça ? l’interrompit à nouveau le gnome. Il secoua la tête, et regarda l’adolescent qui ne disait rien. Eudes ne prit pas la peine de poser des questions dont il savait fort bien qu’il n’obtiendrait aucune réponse. Il se dirigea simplement vers le lac, retira ses bottes, et s’accroupit sur la rive. Mais comme l’aube montrait ses premières rougeurs, il aperçut une jeune fille qui, contournant le lac, s’approchait d’eux.
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| | #29 | |||
| Invités
Messages: n/a
| wouahhhhhhhh deux chapitres en une journée, c'est la fête!!!! Citation:
Citation:
Citation:
"être"rahhhhhhhhhh je veux savoir la suite.... :snif: On arrive au point crucial de ton histoire, tout bascule, tout se transforme, toute genre d'alliance prend forme, tout le suspence est là!!!Prêt à exploser!!! :love: | |||
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| | #30 |
| Ettercap ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() Date d'inscription: juillet 2003 Localisation: Santes, Weppes du Nord
Messages: 819
| euh je vais tout relire parce que je lis trop d'histoire en même temps, me souviens plus du début erf ! [après avoir tout relu] yay yay la suite !!! |
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| | #31 |
| Invités
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| J'appelle sa de la balade c'est un chef d'oeuvre. La suite!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! :hein: |
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| | #32 |
| Squelette ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() | merci !!! :happy: suite dans la semaine j'attend de voir s'il y aura d'autres commentaires
__________________ 15 mai - 1er juin : internet par très grande intermittence ... ! Les Trois erreurs de la Reine Les Sillages |
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| | #33 |
| Invités
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| arfff on s'en fou des autres.... :notme2: *je deconnnnnnnneeeeuuuuuuuuuhhhhhhhhhh* :happy: *je sors... :notme: * |
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| | #34 |
| Ettercap ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() Date d'inscription: juillet 2003 Localisation: Santes, Weppes du Nord
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| oui oui oui on veut la suite !!!! :hein: |
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| | #35 |
| Squelette ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() | :rigoler: vous n'aurez pas à attendre longtemps, juste jusqu'à ce week-end ! :rigoler:
__________________ 15 mai - 1er juin : internet par très grande intermittence ... ! Les Trois erreurs de la Reine Les Sillages |
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| | #36 |
| Araignée Géante ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() | Par pitié la suite !!!! Sinon... :fouet: Arf non je peux pas je suis Lumenien :sad:
__________________ Lorsque l'humanité aura acquis tout le savoir dont elle peut disposer, elle se détruira d'elle même. Moi."Ce qui ne te tue pas te rends plus fort." Ouais mais avec un bon Clerc, la mort n'est plus qu'un détail. ma bio rp, actuellement (longue) pause rp... |
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| | #37 |
| Squelette ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() | :ninja: ok ok je me rends :rigoler: mais ya intérêt à ce qu'il y ait plein de commentaires :fouet: :notme2: :rigoler: ------------ Chapitre 7 Arka tenta d’ignorer la bataille, et plongea sa tête sous l’eau, tout en essayant de ne pas trop mouiller ses beaux cheveux noirs. Les yeux fermés, elle attendit que quelque chose se passe, mais rien ne vint déranger le silence. Elle dut remonter sa tête à la surface et respirer. La Reine elfe se serait-elle moquée ? Arka ne pouvait pas croire cela. Elle prit une grande bouffée d’air et s’immergea à nouveau. Elle essaya de formuler la question qui lui tenait le plus à cœur. - Qui est Lur ? Une voix lui répondit, une voix caverneuse et omniprésente, qui résonna d’avantage dans son esprit qu’à ses oreilles. - Qui es-tu ? Arka, naïve ou confiante, se présenta sans hésiter, même si elle n’apercevait pas son interlocuteur. - Je suis Arka la Douce, fille de… L’air lui manqua soudain. Elle se força à sortir aussitôt de l’eau. Elle se souvint que Moïra l’avait mise en garde contre les dangers du lac. Elle n’avait pas réalisé qu’elle ne respirait presque plus. La voix l’avait envoûtée. Elle savait qu’il n’était pas raisonnable de retourner l’interroger si elle ne se contrôlait pas d’avantage. Mais la curiosité était sa plus grande force. Elle plongea une troisième fois son visage. - Je suis Arka la Douce, dit-elle immédiatement. Qui est Lur ? - Arka, ne sois pas impatiente. Je vais tout te dire. Les premiers traits d’un visage se dessinèrent dans les eaux sombres. C’étaient ceux d’un homme, transparent tel un fantôme, qui ensorcelèrent Arka au premier coup d’œil. - Lur est la fille de Mug-Kla, continua-t-il avec un sourire qui apparaissait petit à petit. À sa naissance, Mug-Kla l’a consacrée au Roi des Enfers. - Pourquoi ? - Ils ont fait un marché, eux, les deux plus puissants de ce monde. Lur sera l’héritière du Roi des Enfers. - Et qu’y gagne la Reine ? - Quelque chose que lui seul peut lui donner, quelque chose qu’il ne faut pas qu’elle obtienne, c’est… - C’est… ? Elle retira sa tête de l’eau, à demi asphyxiée. Arka bénit ses derniers réflexes de survie. Cet homme, à la fois maléfique et enchanteur, la fascinait. Elle devait savoir. Etait-il possible de sauver Lur ? Arka voulait y croire. Mais si elle y retournait une fois encore, elle serait capable d’y mourir. Elle se dit que le risque en valait la peine. - Que peut-on faire pour sauver Lur ? demanda-t-elle une fois sous l’eau. - Mais Lur ne désire pas être « sauvée » ! Elle est parfaitement consentante dans sa mission ! Sans lui laisser le temps de se remettre du choc, l’homme transparent lui intima de rejoindre « l’Elu ». Arka avait bien sûr entendu parler de celui qui, selon la prophétie, serait le meilleur roi de Roc après avoir renversé le dernier tyran. - Où est-il ? murmura-t-elle. - De l’autre côté du lac. Quand elle se fut entièrement allongée dans l’herbe, elle se décida à réfléchir. Elle ne s’y résignait que rarement. Elle pensait que réfléchir empêche de profiter de l’instant présent. Arka ne savait si elle devait suivre une seconde fois un conseil qui l’éloignait de Lur. Mais Lur était une traîtresse, et aider l’Elu à renverser la Reine était important. Lur n’est pas une traîtresse ! Elle n’a jamais prêté de serments à qui que ce soit. La Reine est sa mère… Ces pensées étaient fausses, Arka en était consciente. Lur était assez grande pour décider de ses actes, sans suivre les ordres de sa mère. Si Lur obéissait, c’est qu’elle était d’accord. Elle sentit qu’il était inutile de retourner poser des questions à l’homme du lac. Il ne ferait que lui répéter de se joindre à l’élu. Cependant, elle brûlait, et appréhendait, de découvrir ce que la Reine ne devait obtenir. Probablement une arme puissante. Ou une nouvelle forme de magie. Elle se mit sur ses pieds et alla chercher son cheval qui l’attendait tranquillement, caché. Elle le saisit par la bride et s’avança vers le garçon, le vieil homme et le gnome, de l’autre côté du lac. Eudes se releva, impatient et légèrement agacé, pour l’accueillir. Cette fille désirait certainement leur parler. Il n’avait jamais vu qu’une femme, sa mère. Il ne pouvait dire si elle était belle, il ne s’en souvenait plus, et n’avait pas eu de repère pour se prononcer. Mais il voulait le croire. Il chercha dans son passé des scènes qui auraient pu le prévenir de son destin. Tout paraissait s’effacer au profit des quelques dernières semaines. La jeune fille le saisit par le bon bras. Elle retint une grimace en apercevant l’autre. - Tu es l’Elu ? Il se dégagea. - C’est ce qu’on m’a dit, à demi-mot certainement. Mais c’est ainsi que je l’ai compris. - Je… veux t’aider dans ta tâche. - J’ignore encore en quoi elle consiste, souffla-t-il. - Tu vas le savoir ! intervint brutalement Nnô. Dès que tu auras plongé ton visage dans le Lac ! - Ne fais pas ça ! cria Arka sur un ton hystérique. C’est dangereux ! J’ai risqué de m’y noyer. Et la seule réponse que j’aie trouvée à mes inquiétudes fut de venir te voir. » Je suis Arka la Douce. Selon l’esprit du Lac, tu es celui qui tuera la Reine. Mais il faut le faire avant qu’elle n’obtienne sa part du pacte qu’elle a passé avec le Roi des Enfers. Si elle n’a pas ce qu’elle désire, elle ne livrera pas Lur, qui sera sauvée, malgré elle, pensa-t-elle. - Nous savons déjà tout ça, grommela le gnome. - Très bien, fit Eudes. Mais je ne risque pas de me noyer, en restant la tête sous l’eau ? Je ne suis plus très motivé… ! - Si tu es l’ange-roc, il ne t’arrivera rien, déclara Merlin, puis il ajouta, voyant Eudes réagir : Si tu ne l’es pas, tu seras conscient que tu es en train de t’asphyxier, ne t’inquiète pas. - Alors, ne perdons pas plus de temps, dit le gnome, qui poussa le jeune homme dans l’eau. Ce dernier enleva sa chemise et s’agenouilla. L’eau l’aidait à porter son bras endommagé, lui procurant des sensations reposantes. Il immergea ensuite sa tête. - Asseyons-nous, dit calmement Merlin. Ça va prendre un peu de temps. Tout ce qui environnait Eudes de Rosine disparut de son champ de vision, pour laisser place au néant. Il tomba dans un puits noir, chutant interminablement dans ce qui lui parut sans fond, avec un sentiment d’appréhension, mais aussi de joie pure. Eudes ne se demandait pas ce qui l’attendait au bout, il ne doutait que ce serait un étrange bonheur. Soudain, il vit de la lumière briller au bout de l’abysse. Une lumière qui vint illuminer son cœur et son âme. Il battit des bras et des jambes afin de l’atteindre plus vite. Enfin, il pénétra dans la lumière, communia avec elle, et elle lui chanta un mystérieux poème d’amour, qui résonna en lui comme une prophétie : Ma source et mon droit Mon vœu et mon malheur Mon silence et ma raison Ma peur, ma différence Mon inconnu et ma tyrannie Mon désespoir et mon envol Mon calme et mon dégoût Mon abri, ma défaite Mon audace et ma genèse Mon égal et mon chemin Mon indigne et mes ténèbres ce que je sais, ce que je suis ce que je perds, ce que j’écris Marin et chasseur, Au-delà du cristal Accomplis, assassine, Pour l’empire qui s’installe. Il lui sembla reconnaître la voix. Elle était encore lointaine. D’ailleurs, elle semblait remonter à très loin dans ses souvenirs. C’était le premier son qu’il avait jamais entendu. Sa mère baignait au centre de cette merveilleuse lumière. Eudes, bien que flottant dans un état d’inconscience, se révolta à l’idée qu’il écoutait un mort, mais ressentit la joie qu’il éprouvait se décupler. - Eudes, dit-elle en écartant les bras pour l’accueillir, viens, nous n’avons pas beaucoup de temps. - Du temps ? Pourquoi faire ? J’aimerais rester avec toi ! Il n’osait pas prononcer son nom, qu’il n’avait plus chuchoté depuis des années, si longues lui paraissait-il, remplies de son absence. Mais il ne pensait pas à ces amers souvenirs de mort, il n’était plus lié à sa conscience. Son âme était transpercée d’un amour ineffable. - Tu aurais déjà oublié ton devoir ? lui demanda sa mère d’un ton à la fois amusé et plein de reproche. - Quel devoir ? Tout m’est caché. - Ne t’en fais pas. Dès que tu te réveilleras, tu sauras tout. Mais je veux t’avertir personnellement : sache que Merlin, au moment de tuer la Reine, hésitera. Méfie-toi de sa réaction face à la Reine. - Oui… - Donne-moi la main, Eudes. Puis tu t’en iras. Il obéit. Quand elle lui saisit son poignet, tout la lumière qui les entourait pénétra dans le corps du jeune homme. Aussitôt, son sang parut exploser en ses veines pour laisser la place à une nouvelle force, surnaturelle. Il vit ensuite qu’il remontait vers la surface du lac. Autour de lui, des visages inconnus lui souriaient. Il savait que c’étaient ses ancêtres. Tout d’un coup, il en aperçut un qu’il pouvait identifier. - Fetzig ! Que faites-vous… ici ! - À ton avis ? Je suis mort, je fais partie de ta famille, donc je suis là ! - De ma famille ? Qu’est-ce que… - Je suis ton père, abruti ! Et ta mère était servante au palais knar ! Puis il se réveilla sur ces amères révélations. Arka la Douce, Merlin et Nnô étaient avec lui. Il savait tout. Il savait que celui qui dormait en lui était à présent réveillé, et lui dictait ses pensées, ses actes et ses paroles. Il savait qu’Arka était le sosie de Lur, la fille de la Reine. Il explora tous les moyens d’utiliser cette ressemblance. Contre la Reine. Car c’était désormais le seul but qu’il poursuivrait : vaincre la Reine. « Assassine », lui avait dit la prophétie. Il savait que Merlin aimait Mug-Kla, qu’ils avaient eu un fils, et que c’était sans grande volonté qu’il l’aidait, le mage n’espérait que revoir la Reine. Eudes savait que Nnô était justement envoyé par son peuple pour surveiller Merlin. Les gnomes avaient le pouvoir de déchiffrer les prophéties. Il voyait aussi où se tenait l’armée knare, après LastRoc, celle des morts-vivants, qui avançait plus vite, dans le domaine des Hauts-Rocs. Une idée lui vint aussitôt. La Reine était en était de faiblesse. Eudes devait en profiter tant que ça durait. Mug-Kla ressentit la mort de chacune des filles d’argent résonner en elle-même. La magie qui coulait en elle s’évapora au fur et à mesure qu’elles mouraient. Ce qui allait plutôt vite. Elle était, par chance, dans sa salle de magie, où elle put puiser de l’énergie et se ressaisir rapidement. Le coup qui venait de lui être porté ne l’avait pas atteinte aussi bien que l’espéraient ses adversaires. Son adversaire en l’occurrence. Saura est assez intelligente pour avoir fait tomber le phare seule. Si seulement je l’avais tuée pendant qu’elle était encore petite. Les chocs que je lui ai infligés n’étaient pas suffisants ! À présent, elle devrait retrouver Steban sur-le-champ. Lui aussi était lié aux filles d’argent. Mais son jeune corps n’allais pas supporter leur mort aussi bien que le sien. Elle se précipita dans les couloirs du château, à la recherche de son fils. Elle rencontra le chef des gardes. - Faites fouiller le château, lui ordonna-t-elle. Dès que vous verrez quelqu’un, dites-lui de chercher Steban ! Il faut le trouver. IMMEDIATEMENT ! Dites-lui de surtout ne toucher personne ! Et amenez-le moi dans mes appartements. Il obéit aussitôt. Mug-Kla, certaine que ses ordres seraient exécutés, marcha tranquillement jusqu’à sa chambre, préparer sa revanche sur Saura. * * * Steban errait dans les couloirs. Il réfléchissait à ce que sa mère lui avait révélé le matin même, une armée invincible allait massacrer les Knars. Une pointe de jalousie s’éveilla en lui, en pensant que ce n’était pas lui qui dirigeait l’armée du chaos. Sa mère savait pourtant que tuer lui faisait plaisir. Du haut de ses trois ans, il pensait souvent à assassiner la Reine et à prendre sa place. Mais il se savait trop faible encore. Pour se distraire, il se concentra sur ses soldats noirs. Il réalisa avec joie qu’ils étaient en train de se battre contre Merlin. Steban leur ordonna de faire durer la bataille. Le jeune prince s’assit dans un couloir, et observa la lente défaite de son père. Soudain, la vision se brouilla. Il perdit contact avec les six soldats. Il eut l’impression de recevoir une quinzaine de coups, qui l’atteignirent au cœur et le forcèrent à se mettre à genoux. À chaque atteinte, il lui sembla qu’une partie de son corps disparaissait. Quand il ouvrit les yeux à nouveau, son corps était une forme instable, sans contour précis. Ses doigts s’épaississaient ou rétrécissaient à un rythme irrégulier, ses pieds le supportaient à peine. Steban voulut s’appuyer contre le mur, mais son bras s’y engouffra. Il le retira prestement. Ignorant ce qui causait ce phénomène, il ne savait donc pas comment s’en protéger. Il courut vers la chambre de la Reine, chercher l’aide de sa mère. Au détour d’un couloir, il bouscula Donostian, qui le cherchait à la demande du chef des gardes. Le corps de Steban se dilua dans celui de l’espion. Ce dernier poussa un cri de douleur et d’incompréhension, pour sombrer dans l’inconscience. Le jeune prince résista un peu plus longtemps, assez pour sentir son esprit et sa mémoire se mélanger à ceux de Donostian. Ce fut le chef des gardes qui retrouva le nouvel être issu de la fusion, évanoui, et le transporta jusque chez la Reine. Mug-Kla se rendit aussitôt compte de ce qui s’était passé. Elle n’avait pas agi assez rapidement pour l’éviter. Elle ne s’était pas sentie aussi en colère depuis longtemps. Steban ne lui était plus d’aucune utilité à présent, elle ne pouvait faire de cette créature son héritier potentiel. La Reine allait ordonner au chef des gardes de le faire tuer pendant qu’il dormait encore, quand elle sut enfin de quelle manière profiter de la puissance de la créature. - Stebastian, murmura-t-elle à son oreille. Réveille-toi ! Il ouvrit les yeux. Elle congédia le chef des gardes d’un signe de la tête. - Où suis-je ? demanda Stebastian, se relevant à demi. - Au palais. Tu te souviens de ce qui s’est passé ? - Un peu… hésita-t-il. - Tu te rappelles alors que je suis ta maîtresse et que je te commande. Tu feras tout ce que je te dirais, et tu n’accompliras rien d’autre que ce que je t’ordonnerais, déclara Mug-Kla, récitant une formule d’hypnose, puisant la magie dans ses dernières ressources. - Oui. Je suis prêt. - Va, trouve Saura, et tue-la. Elle se dirige en ce moment vers VifRoc. Tue aussi tout ce qui tenterait de la protéger. Stebastian s’en alla, et laissa la Reine seule. Mug-Kla savait que l’heure de son avènement approchait. Après la bataille entre l’armée du Chaos et les Knars, elle n’aurait plus qu’à conduire Aestania à la Faille, le reste ne serait plus que formalités. Quand Stebastian aura tué Saura, si celle-ci ne s’en sort pas de justesse une fois encore, je l’enverrai tuer le sosie d’Aestania que j’ai rencontré. Au cas où elle poserait problème. Il ne restera plus que Merlin. Mais il ne sera plus d’aucune importance après le couronnement de Lur. Il ne pourra plus rien faire. Mug-Kla se leva, et partit à la recherche de jeunes filles susceptibles de lui fournir de l’énergie. Ce genre de pestes dynamiques et curieuses grouillaient parmi les servantes du palais. La Reine descendit aux cuisines. Elle choisit trois gamines d’environ douze ans, et une autre, un peu plus âgée. Elle leur fit signe de la suivre, ce qu’elle firent, terrorisées. Mug-Kla rit en pensant qu’en ce moment même, elle ne pouvait pas tuer l’une de ces filles. La Reine, accompagnée des trois enfants, marcha dans les couloirs glacials de son palais, jusqu’à des escaliers en colimaçon qui montaient à travers l’unique tour. Elle gravit les marches, et entra dans une grande pièce, sous le toit, la salle de magie. Elle passa devant une immense table en bois de chêne, et se dirigea vers une petite bibliothèque, sur la gauche de la salle. Elle en sortit un grimoire, âgé mais bien entretenu, et le posa sur la table. Elle chercha une page dont elle connaissait visiblement déjà l’emplacement. Récitant une formule elle réussit à transformer la première fille en source d’énergie. Mug-Kla la brancha aussitôt, à l’endroit prévu, au fond de la pièce. Elle ne comptait pas les envoyer au phare d’Idisk, celui-ci étant à présent découvert. Dès que la première commença à donner son énergie, Mug-Kla se sentit mieux. Elle métamorphosa les deux suivantes sans difficulté. Puis elle s’assit, soulagée d’avoir surmonté cette épreuve, bien qu’elle sut que ce n’était qu’un petit obstacle. Elle éprouva quelque déception à la pensée qu’elle ne reverrait plus Steban. Elle s’était attachée à lui. Son fils avait fait partie des rares personnes qu’elle avait aimées, car, autrefois, durant la course au trône à la mort de son oncle, elle tua ses parents et réussit à faire passer son crime pour un accident. Elle évinça ses autres concurrents dans l’ombre, excepté Fetzig, qu’elle humilia publiquement. Cela suffit pour enlever toute la crédibilité de son cousin, qui n’en avait déjà que peu. Comme elle fut la dernière prétendante qui subsistait dans la course, elle fut élue Reine de Roc à l’unanimité par le Conseil des rocquois. Or, plus la majorité à avoir voté « pour » était importante, plus le trône magique donnait de pouvoir. Dès qu’elle s’y installa, elle supprima ce Conseil ridicule qui limitait sa domination sur Roc. Puis elle fit assassiner les derniers membres de la famille qui pourraient vouloir prendre sa place un jour, dont son frère de cinq ans. Cependant, elle épargna sa sœur, qui était plus jeune qu’elle d’une dizaine d’années, à cause d’une certaine pitié que Mug-Kla ne s’expliquait toujours pas. Puis, elle lui infligea un violent traumatisme qui, elle avait espéré, la dissuaderait du trône à jamais. Mug-Kla serra les poings. Elle s’en rendait compte à présent, mais trop tard, elle aurait dû la tuer dès le premier jour. Sa sœur vivait désormais avec une vengeance inassouvie dans le cœur, et la Reine savait bien que c’était une menace. Cependant, ce n’avait été qu’une petite menace, jusqu’à aujourd’hui. La Reine ne désirait pas attendre la fin de cette guerre passivement, sans agir. Elle imagina attirer Merlin dans un duel, qui les opposerait seuls face à face. C’était risqué, car le mage possédait la puissance nécessaire pour ôter la magie qui coulait dans les veines de Mug-Kla. Elle frémit en pensant que le mage en avait eu l’occasion, une occasion exceptionnelle, et qu’il l’avait manquée. C’est valable pour moi aussi. Elle sourit à ces souvenirs. L’idée du danger l’avait toujours excitée. Tant qu’elle était assurée de sortir vainqueur. Elle se leva, puis se rassit brusquement, les yeux fermés. La magie l’avertissait d’un danger, c’était un sixième sens qui venait de la prévenir d’une menace autrement plus inquiétante que Merlin, ou même perdre cette guerre. Quelqu’un qui l’agresserait directement. La Reine passa en revue toutes les informations dont elle disposait dans son esprit encore brumeux de la chute d’énergie. Rien ne lui parut comparable à son pressentiment. Elle jeta un œil du côté des soldats noirs. Elle ne s’attendait pas à grand-chose ; comme prévu, Merlin avait sauté sur l’opportunité de les supprimer lors de la fusion de Steban et Donostian. Elle abandonna l’idée de défier Merlin. Ce nouveau danger méritait qu’elle s’organise pour l’accueillir. Car il bougeait, Mug-Kla le savait ! Et elle savait aussi où est-ce qu’elle le recevrait : ici même, dans la salle de magie. Elle réajusta sa couronne, où était gravé un loup, symbole des Hauts-Rocs. Sa vie était son bien le plus précieux. Une fois ce trésor en sécurité, plus rien ne pourrait arrêter la Reine. Gillem, Cabel et Saura arrivèrent à VifRoc, dans une ville en pleine effervescence. Tout indiquait que la bataille entre les Knars et l’armée du Chaos allait se dérouler dans la plaine de l’Entre-deux, à l’Ouest de la ville, le long du fleuve rouge. Les habitants fuyaient la cité, pour se réfugier derrière la frontière de Falaise, à moins d’une journée de marche. Les grands seigneurs de l’est du pays, mais aussi ceux de LastRoc, envahis par les Knars, arrivaient tous à VifRoc qui était la seconde ville du royaume. Gillem craignait d’être reconnu, mais il doutait que quelqu’un ait le temps d’ouvrir un nouveau procès afin de le juger. À moins qu’ils n’aient besoin de passer leur désespoir et leur peur sur quelqu’un… Les plus riches posaient leurs caravanes au milieu de larges rues, et y dormaient faute de trouver des chambres libres dans les auberges. Gillem reconnut le blason des Rocs de Gorane sur l’une d’entre elles. Il n’osa pas se montrer, cependant il réussit à apercevoir sa mère. Son cœur fit un bond à sa vue, puis sursauta une seconde fois quand il réalisa que Carlek était absent. Gillem s’en inquiéta, un peu. Mais s’il était mort |