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Cinéma et Télévision
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Vieux 14/07/2007, 18h56   #1
abellio
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Swift: “Quand un vrai génie apparaît en ce bas monde, on peut le reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui.” »

!!!!!!!!!!SPOILERS !!!!!!!!!

Qu’est-ce qui a pu motiver les commentaires haineux que les journaleux ont craché sur le dernier film de Darren Aronofsky ? Il apparaît que pour la plupart, ça se cristallise autour de trois grandes interprétations : Pour un mélo, assez joli par ailleurs, les thèmes pseudo-philosophiques et la temporalité déstructurée ne font que compliquer inutilement. Inversement, certains ont pensé que les thèmes philosophiques et mystiques avaient un intérêt, mais que l’histoire d’amour, empesée de clichés, était naïve, tout juste bonne pour un « Harlequin » . Enfin, beaucoup ont pensé que « The Fountain » manquait « d’humour », et se montrait « prétentieux ». Les mêmes avaient cependant apprécié « Pi » et « Requiem For a dream ». Le premier avait le bon goût d’être tourné en noir et blanc et avec peu de moyens, ça fait quand même plus « film d’auteur ». Le second montrait une bonne maîtrise technique, en couleur mais sans trop de pensée abstraite, et au moins, était délicieusement « trash », suffisamment misérabiliste pour plaire aux critiques. Voyons, Monsieur Aronofsky, vous ne saviez pas que l’on ne peut mettre de la pensée dans un film (qui plus est américain !) que si l’on en saupoudre les misères sexuelles de cadres trentenaires, avec si possible des histoires bien glauques. « Prétentieux » , adjectif montrant avec force la haine que les nains ont de l’ambition, oui, il faut bien défendre les forts contre les faibles…
Impossible de faire donc une critique ou un compte-rendu de ce film sans en faire au minimum une exégèse. Commençons avec le « pitch » : Tommy Creo ( je crée/je crois), scientifique, tente de mettre au point un remède à la tumeur qui affecte sa propre femme, Izzy. Alors que celle-ci s’achemine progressivement vers une acceptation de sa mort prochaine, Tommy refuse de l’envisager, d’en parler, et se bat avec l’énergie du désespoir. Izzy s’occupe aussi à un roman, situé vers l’an 1500, l’Espagne, en proie au cancer de l’Inquisition, s’apprête à sacrifier sa propre reine, Elisabeth. Celle-ci envoie son plus fidèle conquistador, Thomas, chercher l’arbre de Vie ( celui du jardin d’Eden) qu’un franciscain pourrait avoir découvert en Nouvelle Espagne, chez les Mayas. Parallèlement, tous ces épisodes sont remémorés par Tom, avatar de Tommy, qui traverse l’espace avec un arbre qu’il traite comme une amante.
Les premières phrases du film donnent déjà des clés à celui qui sait les lire : après l’extrait de la genèse parlant de la Chute, et du fait que Dieu a caché l’Arbre de Vie, Thomas se signe devant une croix-soleil : « Let us finish it ». « Finish it », c’est ce que lui demandera Izzy, parlant de son livre. Le sujet de « The Fountain », c’est la narration même, pas une mise en abîme stérile, mais un surpli créant des ponts, des connexions (ou des retours ?) entre shamanisme, christianisme, bouddhisme, ou plutôt entre les racines extatiques de toute religion. Et c’est aussi pour ça qu’il a déchaîné les passions : le film d’Aronofsky est profondément anti-moderniste. C’est l’une des branches du parcours initiatique de Thomas : prendre à rebours des siècles de civilisation, et retrouver les vérités anhistoriques ( la version « future » de Thomas : pas de technologie, pas de signes sociétal comme une coiffure ou des vêtements). Passer de « Death is a disease » à « Death is the road to Awe ». C’est que Thomas apprendra, dans la douleur, la différence entre être immortel et Etre éternel. Si Dieu est éternel, c’est sous le régime de la création continue de soi, en Lui, les époques ne se succèdent pas, il les contient toutes, ensemble miraculeux des incompossibles, de toutes les virtualités. Buvant la sève de l’Arbre de Vie, Thomas ne peut plus mourir, puisqu’il n’est plus un principe individué ( qui porte la mort comme principe d’individuation), il ne fait plus qu’Un avec la Nature, il a abandonné la ligne pour le cercle. Et ce parce qu’il a su accepter la mort comme moment critique, comme le dernier jet créateur qui donnera son unité de sens à une vie ( une vie ne devient véritablement Une qu’une fois terminée). C’est le climax du film, le moment ou Tom, acceptant la mort comme vie éternelle, contemple le Tsimtsoum narratif, la contraction-explosion qui condense la narration. Le moment ou l’anneau remplace le tatouage que Tom en avait fait, où l’Etre se substitue au Verbe, où enfin, il peut mourir à lui-même, réconcilié avec la narration, sans avoir à s’écrier « Père, pourquoi m’as-tu abandonné ?». Et quel autre moteur pourrait opérer la transcendance des différentes strates narratives que l’Amour ? Comment représenter un Amour capable de faire transcender la mort sans verser dans quelques clichés ? Pourquoi vouloir éviter de paraître « kitsch » à certains esprits obtus, en refusant de montrer Tom en position yogique, alors qu’il est précisément en chemin vers l’Eternel ?
Si vous abordez le film avec un regard vierge, vous serez en mesure d’en accepter la puissance, l’émotion, et l’intelligence, une intelligence qui, au lieu de régurgiter des références, les digère, et effectivement, s’en nourrit. Un film qui mérite bien une tartine aussi indigeste que celle-ci. Pour toute réclamation, voyez avec Ben-jxx, seul vrai responsable de tout ça… J
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Vieux 14/07/2007, 20h39   #2
Ben-jXX de Melandis
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J'ai tout lu :rigoler: Ton explication est aussi alambiqué que le film lui même, qui, je le rappelle, a été écrit sous LSD :notme2: (non je déconne, au moins sous cocaïne).

Mon expérience après avoir vu ce film et entendu des témoignages de gens qui l'avaient vu aussi: les spectateurs dans la salle ne se lèvent pas au moment du générique mais restent scotchés à leur siège du genre "mais qu'est ce que c'est que ce truc?".
Avec mes potes on s'est regardé et on a explosé de rire. L'un de mes plus beau fou rire au cinéma :rigoler: .

Bon franchement, j'ai trouvé ça complètement pompeux. Et la beauté des images ne cache que difficilement le manque de cohérence du scénario.
Ce film est un peu du genre "faites vous-même votre propre intérprétation", ce que je trouve scénaristiquement un peu facile.

Ton analyse du film Abellio me fait penser à ces p'tits jeunes (ou moins jeunes) qui trouvent des interprétations phylosophico-mystiques à la série des Matrix (cf les forums d'Allociné) là où la plupart des gens ne voit qu'une (piètre) aventure de science fiction.

Bref, regardez The fountain, faites-vous votre propre idée, en ce qui me concerne, c'est tout vu.
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Téléchargez donc ce superbe perso pour BG2.
Mon vrai moi...
... et mon moi RP
Pour faire parler Ben-j en RP: salmon (comme le poisson)
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Vieux 14/07/2007, 21h50   #3
abellio
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Pour Matrix, je n'ai pas lu les commentaires dont tu parles, mais bon, une fois qu'on a dit "on a qu'une perception médiate de la réalité", on a fait le tour. Qu'on parle de la caverne de Platon, du noumène kantien ou qu'on s'alambique joyeusement avec le monologue vaseux de l'architecte ( dans le 2), ça n'aura jamais la force de The Fountain, qui a le mérite de laisser parler les images. Au risque de créer pas mal d'incompréhension...Pour un effet équivalent ( les spectateurs dans la salle ne se lèvent pas au moment du générique mais restent scotchés à leur siège du genre "mais qu'est ce que c'est que ce truc?". ), je trouve quand même ça plus à creuser qu'un David Lynch (malgrè le respect que j'ai pour lui).
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