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Vieux 23/11/2005, 10h24   #1
Egrevyn
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Titre du film : Incassable

Réalisateur et scénariste : M. Night Shyamalan

Genre : Fantastique/Dramatique

Année et pays : 2000, Etats-Unis

Distribution : Samuel L Jackson (Elijah Price) ; Bruce Willis (David Dunn) ; Robin Wright Penn (Mme Dunn)

Synopsis: Si la scène inaugurale nous plonge à la naissance du personnage qui sera joué par Samuel L Jackson, et dont nous apprenons déjà l’infirmité, le film s’amorce véritablement avec David Dunn (Bruce Willis) mari et père sans histoire mais manifestement malheureux dans cette existence médiocre. De retour de New York pour Philadelphie pour une offre d’emploi destinée à l’éloigner de sa famille, on le voit dans un train tenter tant bien que mal de draguer une jolie jeune femme (mariée hélas pour lui) puis, las, se reposer pour la fin du voyage, voyage qui est bien vite interrompu par le déraillement du train.

Unique et miraculeux rescapé de cette tragédie, David se voit transformé en énigme vivante car il n’aurait pas du survivre. Contacté par un étranger amateur de BD tenant une gallerie de comics, il est confronté aux théories en apparence farfelues de ce dernier qui aurait la réponse au fait qu’il ait échappé à l’impensable….

Un scénario bluffant comme à l’accoutumée

La marque de fabrique du réalisateur indo-américain, qui dès son premier film, le Sixième sens, a connu un succès fulgurant, est, sous les dehors d’une histoire se déroulant dans la réalité la plus quotidienne d’insuffler un fantastique subtil, par petites touches et surtout de lancer le spectateur dans une histoire dont le véritable schéma se révèle au fur et à mesure, contredisant souvent les premières impressions jusqu’au rebondissement final qui laisse le spectateur béat d’avoir été ainsi berné pendant 1 h 40 et de n’avoir pas anticipé le retournement de situation.

Quelques films, comme The Usual Suspect ou Sixième Sens, fonctionnent selon ce système de chute finale à surprise obligeant presque un revisionnage du film pour saisir les détails troublants. Et Incassable n’échappe pas à ce schéma, quitte à ce que cela devienne chez le réalisateur un cliché. Le final, que l’on pensait pressentir par un scénario jouant moins sur les effets de surprise et laissant la part belle à la construction de la psychologie ambiguë de chaque personnage, réserve, en effet, une surprise presque choquante, confinant à la roublardise et approchant le film du thriller fantastique.

Du jeu des clichés….

La grande qualité de M. Night Shyamalan est de s’amuser à jouer des clichés quitte à en abuser ce qui fait à la fois la faiblesse mais aussi la force et la profondeur d’Incassable. En effet, de par ses origines indiennes, le réalisateur aime toujours mêler la spiritualité au manichéisme typiquement américain bien vs mal. Et cela se retrouve dans Incassable : le symbolisme y est omniprésent parfois avec beaucoup de lourdeur ou plutôt (puisque cette critique se veut une critique positive) avec un manque apparent de subtilité qui se montre finalement trompeur grâce au talent de Shyamalan à retravailler ces mêmes stéréotypes en leur conférant ambiguïté, mystère et sensibilité.

La thématique de l’héroïsme et de l’anti-héroïsme est l’un des point phare d’Incassable mais le fond du problème réside moins dans la mise en place d’une opposition qui de toute façon n’est pas traitée par shyamalan comme on pourrait l’attendre que dans la découverte de chaque personnage de leur rôle (au sens métaphysique) dans ce monde et surtout de leur limite. Du reste, une très belle réflexion (à travers le personnage joué par Samuel L. Jackson) sur la BD (les Comics en fait) comme mythologie fabriqué par les Américains pour pallier à ce vide culturel est apportée dans le film. Enfin, le film est bourré de références multiples qu’il est toujours agréable de reconnâitre.

Des acteurs au jeu profond et tout en nuance…

Autre point fort de Shyamalan et d’Incassable, c’est de tirer la quintessence (une fois encore) des talents d’acteur de Bruce Willis, qui, contrairement à Sixième Sens, se montre bien plus complexe et nuancé dans son jeu. Véritable anti-héros torturé, il ne cède pas au cabotinnage et se montre parfaitement à l’unisson avec son rôle, jouant sur des variations infimes de sa sensibilité. Samuel L. Jackson n’est pas en reste. Il tient un de ses meilleurs rôle (il y en a tant ) : il a su parfaitement assimiler le rôle de cet handicapé atteint de la maladie des os qui se cassent au moindre petit choc sans céder une seule fois au larmoyant facile. Bien au contraire, il se montre très ambigu, parfois inquiétant, toujours fascinant et les meilleures scènes du film sont celles où il donne la réplique à Bruce Willis, de véritables petits bijoux intimistes.

Une réalisation qui prend son temps :

Pour être au niveau de l’interprétation tout en profondeur des acteurs (même des seconds couteaux comme Robin Wright, sublime dans son rôle de femme souffrant en silence), le réalisateur a choisi, comme dans son premier opus, une mise en scène sobre, sans effets de caméra étourdissant, et s’attardant volontiers sur les personnages, souvent en plans serrés, ce qui ne l’empêche pas d’avoir recours à quelques angles originaux… sans excès aucun. Car si Incassable possède une touche qui le situe à part des production purement américaines (et souligne la nature multi-culturelle de son réalisateur) c’est bien la lenteur parfaitement maîtrisée de l’ensemble. L’histoire prend son temps, et se dévoile en même temps qu’elle se déguste, petit bout par petit, révélations par révélations successives, et en cela Incassable montre plus de maturité que Sixième Sens. Le film n’existe pas que par son retournement final : il y a un entre-deux qui garde sa valeur propre.

Des scènes fortes…

Incassable est rempli de scènes vibrantes (et sobres) qui touchent la sensibilité de chacun. Une a particulièrement retenu mon attention et constitue un élément fondateur de la psychologie du personnage incarné par Samuel L. Jackson. Elijah enfant reste cloitré devant la télé (éteinte) du petit appartement modeste qu’il partage avec sa mère. Celle-ci cherche à tout prix à le convaincre de sortir, mais le jeune garçon, le bras dans le plâtre suite à un choc subit à l’école, a décidé de ne plus risquer de se faire mal. Alors elle l’emmène à la fenêtre en lui disant qu’elle a un cadeau pour lui mais que ce dernier est posé sur le banc à de l’autre côté de la rue, là où jouent des enfants à la balançoire. Elle finit par le convaincre, et lorsque elijah ouvre le cadeau, il découvre un exemplaire de Comics, les yeux émerveillés. Sa mère lui déclare donc que chaque semaine un paquet contenant un BD sera posé sur ce banc et que le seul moyen pour lui de tout récupérer sera de sortir dans la rue et de traverser la route.

Raconté comme ça la scène perd de son impact émotionnel, mais croyez moi, après l’avoir visionné ainsi que le film, on reste encore très marqué émotionnellement parlant.

Clin d’œil….

M. Night Shymalan est comme Hitchcock, il aime apparaître dans ses films dans des petits rôles. Dans Sixième Sens, il était le jeune interne en médecine que consultait le jeune garçon avec sa mère (en hommage à ses parents médecins). Là, il apparaît 5 minutes le temps d’une scène au stade (le personnage de Bruce Willis étant chargé de la sécurité du dit stade de foot) où il est harponné par David Dunn pour possession de substance illicites.

En bref…

Si on peut repprocher (les mauvaises langues donc) à Incassable un côté simpliste (mais tout apparent en fait, il ne faut pas s’arrêter là), ce film est à voir et à revoir, par son scénario accrocheur et rempli de surprise, qui met le spectateur dans une position sans cesse mouvante, par une émotion profonde présente à chaque scène et des acteurs sachant jouer à l’unisson des uns des autres. Enfin, ça demeure un très bon divertissement fantastique pour qui aime les films qui prennent leur temps, sans déluge d’effets spéciaux.
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"Arghhhhh, j'ai drow mal", hurla le sorcier Shuy Imbhoulaï ------> extrait exclusif du "Blagonomicon de Gygy les bons tuyaux"
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